Mais en faisant appel au sens civique des participants qui ont joint leurs maigres pouvoirs au sien, l’hôtel de ville de Brest a bel et bien bougé. ![]() De trois centimètres exactement, comme le confirme, en lisant l’instrument de mesure, une jeune vierge dont il est impossible de mettre la parole en doute. Breizh Soulèv’mentMais ce n’étaient pas les seuls événements inscrits à son agenda pour ce jour-là. En effet, il avait promis de soulever la Bretagne entière pour la faire émerger et trouver au niveau national la place qui lui revient vraiment. L’objectif était simple : à 17 H 33, en plusieurs points d’Armorique, des pousseurs-souleveurs bénévoles devaient unir leurs foirces (mot valise issu de foi et de force) pour accomplir ce prodige. ![]() Soulever c’est bien, mais ensuite, il faut caler pour éviter une rechute brutale. Le génial Fischer prise les huîtres ! Et c’est tout naturellement, en plein Grenelle de l’écologie, qu’il a choisi les coquilles de ce délicieux bivalve marin pour servir d’étais. ![]() De nombreux volontaires ont donné un coup de main (et de palais) pour préparer les coquilles. ![]() Pour Jean-Claude Fischer, le grand moment, celui de la réflexion était arrivé. Il fallait éviter de faire du dégât. Casser la pointe du Raz aurait des conséquences touristiques très fâcheuses. Tout avait été prévu et préparé. Avec une bonne coordination, à l’heure dite, les multiples poussées s’équilibreront foircément. ![]() Mais comment ne pas faire confiance à un homme qui sait mettre sa cravate à l’équerre rien que par le fluide magnétique qu’il dégage ?
![]() Car c’est bien ce qu’ont dû faire les valeureux souleveurs bénévoles qui sont entrés dans l’eau, coquille d’huître aux lèvres. Ah ! fantassins de l’impossible, que vous étiez fiers et confiants pour cette opération ! Chapeau ! ![]() Il a d’abord fallu se préparer au choc thermique en trempant quelques minutes les mimines dans la mer. Précaution indispensable pour limiter les risques de casse.
![]() Ils ont agi dans un bel ensemble et ont placé judicieusement les coquilles. ![]() ![]() Bahasmati a pu très rapidement faire part à Jean-Claude Fischer de l’évolution des choses en indiquant la différence de niveau qu’il relevait sur l’horizon. Il était manifestement temps de s’arrêter. Trop d’enthousiasme peut nuire. ![]() Les bénévoles ont pu sortir de l’eau, mission accomplie, ![]() Ce que confirmait le chef des opérations à travers son porte-voix.
![]() Sur mon lévitographe pendulo-globulaire à fuseaux hydrauliques compensés, j’ai relevé la preuve de cette remise à niveau. Un oeil averti distingue facilement la poussée, la mise en place des cales, le retour au calme.
Opération parfaitement réussie, donc.
Bien sûr quelques grignous reprocheront une ou deux fissures par-ci par là. Mais peut-on prétendre soulever la Bretagne sans casser quelques oeufs ? C’était le prix à payer. ![]() Et c’est sous les applaudissements que les participants à cette cérémonie palpitante se sont séparés pour rentrer à la maison prende un bain et un vin chauds l’un comme l’autre. On constate bien, dans leur dos, les effets du soulèvement. ![]() Bien sûr, mon ami et toujours farceur Prosper Youp Labutte, amateur de fouilles curieuses et de fouilles-enquêtes, n’a pas pu s’empêcher de tourner ce moment historique en dérision.
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