Que révèlent les paysages sonores? - Décor Sonore sur France Culture
Suite à la Semaine du son (voir précédente actualité), Michel Alberganti invite Michel de Lannoy, ethnomusicologue, Michel Risse, compositeur et directeur artistique de Décor Sonore et Christian Hugonnet, président de La Semaine du Son, à répondre à la question "Que révèlent les paysages sonore?" dans son émission Science Publique du 12 février 2010.
> Ecouter l'émission
Notre société est celle de l’image. Après la photographie, le cinéma et la télévision, c’est la vidéo qui envahit Internet. Un tel constat, s’il est largement partagé, néglige un composant pourtant intimement associé à l’image, qui n’est autre que le son.
Pourtant, on n’imagine plus aujourd’hui de réaliser un film muet, fût-il en noir et blanc. Depuis l’arrivée du walkman dans les années 1980, la musique personnelle est venue concurrencer l’ambiance sonore naturelle. A la maison, la hifi, puis le home cinéma, ont fait faire au son des progrès spectaculaire en matière de réalisme que l’image peine à suivre. L’expérience contestable, malgré le succès commercial, du film Avatar de James Cameron, le démontre encore. Le son conserve souvent une longueur d’avance sur l’image. Et la résistance de la radio, dans cette société de l’image, confirme notre sensibilité particulière à la communication sonore.
Pourtant, il existe un son particulièrement négligé. Et c’est pourtant celui auquel nous sommes le plus exposé. Il s’agit de notre environnement sonore. Tumulte de la rue, rumeur de la ville, cacophonie des conversations, vacarme des aéroports ou des autoroutes, tintamarre des fêtes populaires, piaillement des cours d’école, murmure des cours d’eau… Malgré leur exploitation par la musique concrète, ces sons quotidiens sont facilement taxés de bruit. C'est-à-dire ni son, ni musique, avec une connotation négative. On lutte ainsi contre le bruit, fléau des temps modernes. On s’en protège comme d’une agression qui peut aller jusqu’à rendre fou. Pourtant, en 1977, un compositeur canadien, Murray Schafer, a révolutionné notre relation avec cet environnement sonore en publiant un ouvrage intitulé The soundscape, The tuning of the world , traduit en français par Le paysage sonore . Murray Schafer était le parrain de la 7e semaine du Son qui s’est déroulée fin janvier 2010.
L’écoute attentive des sons qui nous entourent révèle-t-elle certaines caractéristiques de notre société ?
L’enregistrement de tels sons peut-il constituer un témoignage particulier d’une époque ?
Comment se distingue-t-il des archives visuelles ?
Est-il possible de maîtriser notre environnement sonore comme nous tentons de le faire avec les paysages ?
Image: Michel Alberganti. Semaine du Son - "Un accord des Cordeliers", pièce musicale de Michel Risse pour le réfectoire des Cordeliers et trois instrumentistes, en hommage à Murray Schafer, par la compagnie Décor Sonore.
vendredi 12 février 2010



La compagnie Décor Sonore continue de développer les activités de La Fabrique Sonore, structure de transmission et de mutualisation des outils et des savoirs des arts sonores, en Ile de France et au-delà :
La Tribu




Destiné à se décliner en plusieurs années sur de nombreux points du globe, le programme Instrument|Monument se déplace cet été en Méditerranée.
Art sonore spectaculaire en espace libre, ce programme de création s’inscrit dans un travail fondamental sur le contexte : chaque Instrument|Monument est une création à part entière dont la source d’inspiration essentielle est le site lui-même, ses sonorités, ses qualités scénographiques, sa mémoire.
Tout Opéra a son fantôme ; celui du Caire, forme blanche et neuve au centre de la ville la plus bruyante du monde, est comme habité par un autre Opéra, celui qui disparut dans les flammes en 1976, et où rôde encore le fantôme d’Aïda.
Mais le spectre d’un son, c’est aussi la représentation de son contenu fréquentiel, du plus grave au plus aigu :
Décor Sonore explore, révèle et met en scène les résonances et le paysage sonore, pour nous donner une nouvelle représentation – non pas à l’Opéra, mais de l’Opéra.




