![]() "Pedal Synthi" 1998 |
Ses oeuvres sont faites de pièces hétéroclites, la plupart du temps faites à partir de pièces de récupération dont il fait des ensembles complexes, souvent des robots sophistiqués.
Peter Keene vit et travaille à Paris. Il est né près de Birmingham en 1953, là où il y a un bon siècle et demi la révolution industrielle a vu le jour. “ J’adore l’histoire de la révolution industrielle. Au début, tout s’est fait à partir du charbon, du fer et du calcaire. Je suis né à côté de la première usine d’Abraham Darby (l’inventeur du coke utilisé pour la première fois dans un haut fourneau en 1735). J’ai grandi dans un paysage d’aciéries en ruines et d’usines de verre et de produits chimiques. Enfant je jouais avec des fûts de cyanure et d’oxyde de plomb. Un miracle que je sois encore vivant ! L’électronique me fascine aussi. Edison, Tesler ! J’ai une faiblesse pour les formes en fonte, celles des rouages. Par contre l’ordinateur ne m’inspire absolument pas. ”
Les robots de Peter Keene
![]() "Mono ped" 1998 |
Peter Keene poursuit son chemin qui le conduit aux objets ludiques et poétiques
comme les “ boîtes à orage ” ou utilitaires comme ses
lampes “ design ”, ses chaînes stéréo... Ses
orchestres robots (jusqu’à quinze joueurs) commencent alors à
être connus et tournent dans les musées et les centres culturels.
Et paradoxe, lorsque Peter Keene travaille sur les robots, il n’est ni
question de technique ni de robots mais seulement de relation à l’espace,
de mise en scène, de sons et globalement de découverte d’une
sensation. L’oeuvre est réalisée à partir d’un
dessin-esquisse, par tatonnement et improvisation. Les transformateurs, moteurs,
lampes, dictent par leurs couleurs, leurs structures et leurs fonctionnements
des emplacements, une composition générale, qui, à partir
du premier dessin très schématique prend sa forme définitive
pendant la fabrication de l’oeuvre elle-même.
Peter Keene choisit ses thèmes avec un éclectisme outrecuidant
: du sarcophage égyptien au robot rêveur, du magicien au Ballogophone,
du Thérémin façon URSS au plus échevelé des
robots-orchestres, les thèmes se répondent et s’entremêlent
dans un mouvement de balancier. Les oeuvres nouvelles croisent des oeuvres plus
anciennes. La technique permet une cannibalisation facile des oeuvres les unes
par les autres et quelques oeuvres ont disparu pour réapparaître
sous de nouveaux titres, de nouvelles sculptures.
Le monde de Peter Keene n’est pas peuplé de concepts difficiles
ou ésotériques. Il est directement compréhensible. Et cette
efficacité de la démonstration n’est ni le fruit d’une
laborieuse élaboration technico-logique ni de références
à une histoire de l’art. Elle est issue d’une créativité,
d’une inventivité, d’une imagination obsessionnelle.