Des histoires qui s'écrivent et se transmettent

« Mon tour de France à moi... »

A l'occasion du départ du Tour de France, le Centre National des Arts de la Rue, le Fourneau, et la compagnie Générik Vapeur vous invitent à partager vos écrits. Racontez « votre Tour de France à vous » : quelques mots, un souvenir, une anecdote, un rêve,...

Les 6000 contributions ainsi collectées seront affranchies avec des timbres originaux créés par Générik Vapeur, et mises sous enveloppes. Des écoliers finistériens participent également en réalisant des textes et des dessins. Ces lettres seront distribuées le 3 juillet 2008, lors du spectacle de présentation des équipes.

 

Pour nous envoyer vos textes manuscrits ou numériques :

Centre National des Arts de la Rue, le Fourneau
11 quai de la Douane - 29200 Brest

ou en ligne par le formulaire ci dessous.

 

Monique Lecomte

 

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le 15/07/2008 à 09:55

Les cent tours

Mon vélo était vert , je l'aimais bien, il était juste à ma taille, léger et solide, car il fallait qu'il soit solide pour supporter tous les supplices qu'on lui faisait endurer avec mon frère.
la course consistait à faire cent fois le tour de la maison familiale.
On passait par le chemin qui mène au jardin, on tournait à gauche, légère courbe rapide, puis, le passage crucial autour du vieux four a pain tout en rond et en pierres.... ce qui faisait que de temps en temps emporté par la vitesse et pour couper au plus court de la trajectoire, les mains touchaient parfois contre les fameuses pierres qui faisaient le même effet qu'une râpe à fromage sur nos phalanges tendres.
Ensuite, nous débouchions juste entre l'angle de la maison et la cabane que certains nomment la cabane du fond du jardin celle où l'on se sent bien, en effet nous, nous la "sentions" bien à chaque passage....
Puis nous abordions la montée ombragée par un magnifique tilleul planté là bien des années auparavant en longeant la barge de fagots de bois et le dépôt de verres à même le sol et c'était le haut de la côte et le virage a gauche juste devant le poulailler, il fallait prévenir les poules avant surtout de ne pas traverser le circuit car rien ne nous aurait arrêtés surtout pas une petite poulette... même celle du creux de la main (à force de serrer le guidon) ne nous arrêtait pas.
De là le trajet était plus facile, en légère descente formant une grande courbe ou les pédales pouvaient tourner, tourner, sans obstacle potentiel nous prenions de la vitesse.... et passions comme des éclairs devant la porte de la maison où quelques spectateurs et spectatrices assidus applaudissaient et encourageaient les sportifs en herbe si habiles que nous étions.
Nous étions si jeunes et plein d'entrain, nous avions déjà inventé le feu stop sur nos vélos pour prévenir celui qui suivait que nous étions en train de ralentir......
 
le 08/07/2008 à 02:54

graet site,
 
le 04/07/2008 à 20:21

c'était en 1983 , cette année-là j'ai vu l'arrivée du tour de France à l'Alpe d'Huez , un 13 ou un 14 juillet je ne me souviens plus . Le lendemain le tour faisait relâche à l'Alpe et ce qui m' a étonné, c'était de voir les coureurs redescendre à Bourg-d'Oisant, et remonter les lacets qu'ils avaient eu tant de mal à monter la veille!
 
le 30/06/2008 à 21:48

La maîtresse nous a fait sortir de l'école pour assister au passage du tour qui est parti de Brest. Le cannibale, bien entouré de ses fidèles lieutenants, vêtu d'or, traverse le bourg de Guipavas, c'est la seule image qu'il me reste et les trente secondes de mélodies de roues qui vous enivrent, ainsi que le bal effréné de voitures suiveuses hurlantes. Ce sera le dernier succès du grand Eddy Merckx sur la grande boucle. Quel champion jamais inégalé.
 
le 29/06/2008 à 18:33

Suite à la question posée par Jesus dans un message précédent, réponse trouvée dans Wikipédia :

"La 13e étape du Tour de France 1950 était rendue terrible par une chaleur caniculaire , ce qui rendait le parcours très difficile. Abdel-Kader Zaaf et Marcel Molinès, tous les 2 de la même équipe: AFRIQUE DU NORD avaient attaqué et avaient pris suffisamment d'avance (jusqu'à 16 minutes) pour aller jusqu'à la victoire qui devait se disputer au sprint. Ayant parvenu à lacher Molinès, Abdel-Kader Zaaf, assoiffé, prit un bidon que lui présenta un spectateur sur le bord de la route. Malheureusement pour lui, ce bidon contenait du vin. Le résultat ne se fit pas attendre, ce fut l'assommoir pour le coureur qui, après s'être désaltéré, et légèrement titubant, reprit son vélo et repartit dans le sens inverse de la course. Marcel Molinès désormais seul poursuivait sa route et atteignit la ligne d'arrivée avec quatre minutes trente avant le peloton de poursuivants comprenant Stan Ockers et Ferdi Kübler. Sa réputation fut faite, ainsi que sa popularité."

Alors, une rumeur ?
 
le 29/06/2008 à 18:27

Transpiration, que de suées
Obstination, vouloir gagner
Usure des corps, du matériel
Route infinie, qui monte au ciel

Donner ce qu'on a dans le coeur
Espérer être le vainqueur

Franchir la ligne les bras levés
Ravitaillement, pas oublier
Avec la montre il faut lutter
Ne jamais se décourager
Cols de montagne à avaler
Elysées, les champs, le premier !
 
le 28/06/2008 à 19:37

Une histoire de vélo toute bête :
Un enfant, dans la cour, fait des tours en rond, on vient de lui enlever les "petites roues" et il est fier de ses progrès.
Tout en tournant, il attire l'attention de sa mère qui étend du linge à la fenêtre :
- regarde Maman, sans les pieds !
- c'est bien, mon chéri
- regarde Maman, sans les mains !
- C'est bien, mon chéri
- regarde Maman, sans les pieds et sans les mains !
Bing. Une chute à l'arrière ! Pas démonté l'enfant se relève et continue.
-vegade Maman, fans les dents !
 
le 27/06/2008 à 10:09

Voici un joli texte d'Alain Rémond, chroniqueur au magazine "Marianne". Il l'a écrit en décembre 2005:

Charly Gaul, Robic, Bahamontes... toute ma jeunesse!

Charly Gaul est mort ! Je ne savais même pas qu'il était encore vivant. Il y a des gens, comme ça, qui ont beaucoup compté. Puis qui ont complètement disparu. Mais alors complètement. Jusqu'à ce qu'on apprenne leur mort. Charly Gaul ! Personnellement, j'étais plutôt Bahamontes. L'Aigle de Tolède ! Il s'échappait dans les cols, lâchant tout le monde dans les lacets. Puis, une fois arrivé au sommet, posait le pied à terre et attendait les autres. Parce qu'il avait la frousse de descendre tout seul. C'est du moins ce qu'on se racontait dans la cour de récré. Ça ne l'a pas empêché de gagner le Tour de France. Une fois. Comme Charly Gaul. Un coureur luxembourgeois ! Ça nous paraissait bizarre, un coureur luxembourgeois. Un Français, un Italien, un Espagnol, un Belge, d'accord. Mais un Luxembourgeois ! On ne savait même pas où c'était, le Luxembourg. Ni même si ça existait vraiment.

J'avais 11 ans quand il est parti à l'assaut du massif de la Chartreuse,le 16 juillet 1958. En compagnie de Bahamontes. C'est l'année où il a gagné le Tour. Bahamontes, je ne sais plus en quelle année. Mais j'aurais bien aimé qu'il batte Charly Gaul en 1958. Pourquoi préfère-t-on un coureur à un autre ? Mystère. On est un peu bête, à cet âge-là. Il avait l'air trop renfermé, Charly Gaul. Trop silencieux. Solitaire. Pas sympa. Alors que Bahamontes, c'était le panache! L'orgueil! La bravoure ! Qu'est-ce que j'en savais, au fond ? On n'avait même pas la télé, chez moi. Pour voir l'arrivée de l'étape, il fallait aller chez Mme Médard, une voisine qui vivait seule. Elle nous faisait de la place dans sa cuisine. On serrait les chaises. Et on regardait, fascinés, hypnotisés. On pédalait comme des malades dans nos têtes, on suait, on soufflait, on souffrait. Et on gagnait, bien sûr. En sortant de chez Mme Médard, on n'avait qu'une envie : faire le Tour de France. Au début, on n'avait pas de vélos. Alors on poussait des roues sans pneu avec un bout de bois, tout autour du bourg. On appelait ça jouer à la roulette. Quand j'ai appris, bien plus tard, qu'on jouait à la roulette dans les casinos, ça m'a fait tout drôle. Nous, la roulette, c'était une vraie course, chacun poussant sa roue avec son bâton. Dans les descentes, la roue prenait de l'élan, elle nous échappait, on courait derrière, elle finissait sa course toute seule, dans la vitrine de l'épicerie-buvette. Ou sous les roues d'une voiture qui, par hasard, passait par là.

Puis j'ai appris à faire du vélo.J'ai emprunté celui de mon père, il fallait passer la jambe par-dessous le cadre, ce qui déportait complètement le vélo d'un côté, tu parles d'un sport. Je me suis ramassé un paquet de gamelles, mes genoux s'en souviennent encore. Et puis bon, comme tout le monde (même Bush), j'y suis arrivé. J'étais fier, mon vieux, le Bahamontes du bourg ! Un jour, je me suis dit que je pouvais lâcher les mains du guidon, comme les grands. J'ai choisi une route bien droite en pleine campagne, personne en vue. Et hop, après trois coups de pédale, bien lancé, j'ai lâché les mains. Ah, quelle ivresse ! Pas pour longtemps, hélas. Dix secondes plus tard, je perdais l'équilibre et je fonçais tête la première dans un buisson d'orties. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais ça pique, les orties. Sacrement. J'étais piqué de partout, les jambes, les bras, la figure. Le Bahamontes du bourg est rentré piteusement chez lui, rasant les murs comme un voleur. J'ai passé la soirée à me badigeonner au vinaigre. Pour le Tourmalet, je n'étais pas encore tout à fait au point.

Sinon, dans mon coin, en Bretagne, il y avait Robic.Ah, ce n'était pas Charly Gaul, Robic. Ni Bahamontes. C'était le régional du Tour. A l'époque, il y avait une équipe de l'Ouest, qui courait sous son propre maillot. La vedette de cette équipe, au début des années 50, c'était Robic. A la surprise générale (et à la sienne en particulier), il avait gagné le Tour. En 1948, si je me souviens bien. Il s'était échappé à la toute dernière étape. Comme il était loin au classement général, les autres l'avaient laissé partir. Total : il avait gagné l'étape et le Tour. C'était un petit teigneux, Robic. Hargneux. Tête de mule. Il ne faisait pas rêver, certes non. Il n'avait rien d'une légende. Mais tout le monde l'aimait bien, avec son casque à lanières de cuir, sa chambre à air croisée en travers du dos. Et son air buté. C'était Robic, quoi. L'autre Breton, bien sûr, c'était Bobet. Né à Saint-Méen-le-Grand, pas très loin de chez moi. Louison Bobet. Et son frère Jean. L'artiste, le champion, c'était Louison. Je l'ai vu, de mesyeux vu ! Le Tour de France passait à quelques kilomètres, on y est allés en famille. Après la caravane, qui nous distribuait des chapeaux en papier et des casquettes en carton avec un élastique, le peloton est arrivé. Et Bobet s'est arrêté, là, sous mes yeux, pour cause de crevaison. Ou bien parce qu'il était malade ? J'ai oublié. Je l'admirais, Bobet, le grand Bobet. Mais j'aimais mieux le petit Robic.

Et Charly Gaul ? J'étais tout de même parti pour VOUS parler de lui.J'ai lu dans les journaux qu'on l'appelait l'Ange de la montagne. C'est curieux, je ne m'en souviens absolument pas. Alors que l'Aigle de Tolède, si. Charly Gaul-Bahamontes, ça avait tout de même de la gueule. Autre chose que la machine Armstrong. Au fait, j'ai appris par mon médecin que j'étais drogué naturellement à l'EPO. Vous imaginez ça ? Mon sang fabrique de l'EPO ! J'aurais pu être coureur cycliste, si ça se trouve. Sauf que je me serais fait prendre aux contrôles antidopage. J'ai vu à la télé des images de Charly Gaul à la fin de sa vie. Un gros monsieur barbu. J'ai lu qu'après avoir décroché du cyclisme il avait vécu en ermite, en sauvage, dans une cabane au fond des bois. Un solitaire, c'est bien ce que je me disais. Ce vieux monsieur avait été une légende. Et moi j'avais 11 ans.

C'était quand, déjà ?
 
le 26/06/2008 à 09:29

Un caillou a crevé mon boyau. Je me suis arrêté pour le réparer.
Il n'y avait plus de rustine dans ma sacoche à outils. Un gosse
m'a souri et m'a offert un confetti. Une fois en selle j'ai pédalé
et gagné l'étape. Son visage m'est réapparu puis je me suis
réveillé.
   
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