Une fiction qui révèle le territoire

Dernier ajout : 18 janvier 2009.

La FAIAR - Formation Avancée et Itinérante des Arts de la Rue - est la première formation supérieure itinérante en France et en Europe dédiée à la création en espace public. Du 3 au 14 avril 2006, Le Fourneau en accueille la première promotion pour un fondamental baptisé "Territoire et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication".

Après 2 jours au Lieu de fabrique brestois, les 15 apprentis se répartissent en 3 lieux : le Port de commerce de Brest, la commune de Plourin et l’Ile Molène. En complicité avec le Cercle de La Litote, ils y travaillent "une fiction qui révèle le territoire" et livrent "chaque soir au monde entier" une page de leur journal de bord... Retour prévu au port le jeudi 13 avril, à 19h12 ! Commencez par lire le projet...

[Plourin] Fin de partie ou nouveau départ...

Jeudi 13 avril 2006 // Une fiction qui révèle le territoire

Fin de partie à Plourin

Une fin de partie comme un nouveau départ... Voilà les artistes au travail. On a beaucoup reçu des habitants croisés : des mots, jusqu’aux confidences, des images frôlant les souvenirs et des sons pleins de terre.

Comment faire avec tout ça sans blesser ..., sans cacher ?
Et puis artiste, ça veut dire inventer, mais jusqu’où,
pour rester audible, accepté, défricheur ?
Plourin, qu’as-tu eu à nous dire et que peux-tu en entendre ?

Alors, « une fiction pour révéler le territoire », concrète, volontairement réaliste presque réalisable, s’appuyant sur le Cyberi@, porte de contact avec les vieux et les jeunes du village déjà accrochés au fil du Net.
Plus « facile » de profiter de ce qui existe déjà plutôt que de tout réinventer, la roue et la poudre et les liens avec la population. Cela remet l’acte artistique où il se doit, c’est-à-dire tisser avec les autres, tous les autres. Malins comme des singes !

Donc, une invention qui pourrait circuler sur Internet, téléchargeable à volonté, gratuite et pour tous les gens. Plourin, un village sage comme une image ou deux, trois images, jusqu’à cinq pour commencer. Et en grattant un peu, pas plus profond que nos six jours de résidence, pas si sage que ça. Toujours, du touchant, de l’étrange se cache aux creux des quotidiens.
Voilà, cinq cartes postales électroniques, consultables sur le site de la mairie de Plourin, cinq visions d’artistes en écho de la rue du Tumulus, de la place de la gare ou du Rubrat uhella, la ferme en haut.
Dedans, parce que ça c’est la magie informatique, on a glissé des morceaux de vidéo de nains en vadrouille, des éclats de voix d’habitants confiants, des histoires de pierres qui parlent de saumon ou d’exil, des photos qui remontent Seznec à la surface d’aujourd’hui, toutes ces histoires auxquelles on ne fait plus attention quand on est là depuis longtemps.

Et puis, à 18h 17 comme il est toujours dit par le Fourneau sur le fuseau horaire brestois, au Cyberi@, « bon baiser de Plourin », notre projet s’est lancé dans la salle aux yeux des vingt qui ont répondu à l’invitation des artistes, des ados curieux et des vieux complices, une journaliste et l’employé de la commune, le père du maire et le champion de « Call of Duty », du beau monde.
Les cartes défilent et la parole sort de sa réserve. Autour des verres, parmi les cacahuètes, les cinq de la FAIAR sont happés adoptés. Ca y est, « on » a vu ce que vous vouliez faire. Maintenant, c’est maintenant que le travail commence.
On est à l’étal, à l’équilibre.
On peut mieux donner puisqu’on a déjà reçu.

Fin de partie à Plourin, on s’en va.
Mais comme on se l’est dit ce matin au débriefing , un acte artistique comme une possibilité de bouger les relations entre les gens.
Pas mal pour lutter contre l’oubli de l’habitude.

Luc ex-plouc de Plourin (paroissien un peu en retard)