Avec "Du bruit dans la cuisine", le site internet du Fourneau offre un nouvel espace de publication qui privilégie les mots et l'écriture.


 

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     (19 juillet 2000)

[Imprimer le document]Un homme parmi les hommes [V Martin - Acte Théâtral]
Entretien avec Vincent Martin, auteur-acteur, directeur artistique de la compagnie l’Acte théâtral.

Mise en ligne : mardi 24 mai 2005 , par Aurélien Marteaux

(JPEG)

Une fois n’est pas coutume, c’est autour de « l’écriture pour la rue » que s’est orientée une grande partie de ma discussion avec Vincent Martin (cf entretien avec Dominique Lemaire).

Côté nouveauté, le bruit d’ambiance ne sera exceptionnellement pas celui de la cuisine du Fourneau mais celui de la cuisine de l’Hôtel de France de Plougasnou. Interview décentralisée donc, à l’occasion de la double résidence de la compagnie (2 spectacles en création à Brest et à Plougasnou) du 11 au 16 mai.

Pour leur nouvelle création Les têtes de lecture , ces chercheurs d’humanité travaillent avec les habitants qui deviennent le temps d’un spectacle les têtes parlantes d’une étrange machine. Tête un jour, tête toujours ? Réponse en tête à tête avec Vincent.

Pour commencer, je vais te poser ma question récurrente : quel est ton métier Vincent ?

(JPEG) C’est vaste comme question... Déjà pour moi, ce que je fais n’est pas un métier. En tout cas j’ai pas fait ça comme « choix de carrière », ni pour gagner ma vie, mais pour survivre à moi-même... puis par passion. J’aime pas trop le mot métier. Dans mon cas, c’est plus un choix de vie.

J’aime dire que je suis artisan-artiste. J’aime l’idée de travailler la matière plutôt que de réfléchir. Que tu travailles le bois ou les mots, la matière te renvoie directement ce qu’elle peut t’offrir. Les humains c’est pareil. Pour moi, l’humain est la matière première de l’artiste.

J’aime également le mot « acte », d’où le nom de la compagnie : L’Acte théâtral.

Et qu’est-ce qui t’a amené où tu es aujourd’hui ?

La survie, le besoin urgent de reconnaissance. J’étais très mal dans mes études, un vrai cancre. J’ai fini par tout plaquer et chercher une autre direction de vie. Et alors que j’en avais jamais fait, j’ai eu l’idée d’ouvrir un atelier de théâtre !

(JPEG) Et cette passion pour l’écrit, tu l’as depuis toujours ?

Je suis un très mauvais lecteur. C’est pas que je n’aime pas lire, mais quand je lis le soir ça m’endort... Ce qui fait que je ne lis pas beaucoup. Par contre, j’ai toujours été fasciné par l’écriture. J’écris des poèmes depuis longtemps. Ca m’a souvent sauvé.

Tu me parlais tout à l’heure de ta volonté « d’écrire pour la rue », qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

Cela veut dire que mon écriture puise dans toutes les rencontres que je fais. Mes projets artistiques sont habités par les gens qui m’ont marqué dans leur façon d’être, leur façon de lutter. « Ecrire pour la rue », c’est écrire à partir de ce que l’on construit avec les gens. C’est l’aspect le plus intéressant des arts de la rue, celui de créer les spectacles au cœur même des villes et de les réalimentés sans cesse au contact des gens.

(JPEG) Peux-tu nous parler un peu de la compagnie ?

La compagnie est née de plein de rencontres. C’est pas une histoire de famille, mais presque. Au fil du temps on a fidélisé beaucoup de belles histoires d’amitié et de travail.

Au niveau de l’orientation artistique, ça a toujours été la rue et le besoin d’aller jouer partout, dans les endroits les plus insolites possibles.

Pour mes créations, je n’ai jamais été attiré par les salles de théâtre, la séparation scène-public... J’ai besoin que le public soit directement dans mon spectacle. Certains artistes se prétendent au dessus du lot comme les hommes politiques. Si ces gens se positionnaient à hauteur des gens, je pense qu’il y aurait beaucoup moins de problèmes. On n’a aucune leçon a donner à qui que ce soit.

(JPEG) Comment s’est passé la rencontre avec les têtes de lecture finistériennes ?

Avec les têtes de lecture, la rencontre est différente à chaque fois. Les têtes finistériennes sont toutes de très belles personnalités, venues d’horizons très différents. Dans chaque ville, on redécouvre l’impact du spectacle sur les gens, c’est passionnant.

L’impact que suscite le spectacle a parfois tendance à vous dépasser, non ?

C’est vrai. Par exemple, les têtes de Vieux Condé, où on a joué récemment, veulent rencontrer celles du Finistère, etc... Certaines têtes vont voir les spectacles des autres. La famille « têtes de lecture » s’agrandit de plus en plus. On pense d’ailleurs organiser une grande réunion de toutes les têtes de lecture de France. Grâce au Fourneau et au site internet www.lefourneau.com/tetesdelecture elles peuvent maintenant communiquer entre elles. Cela prend une ampleur qui dépasse le spectacle.

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Les têtes de lecture perchées dans le sonomographe

Entretien réalisé le 13 mai 2005 dans les cuisines de l’Hôtel de France à Plougasnou.

Merci à Martine et Gilles de nous avoir ouvert les portes de leur cuisine.


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