Le Fourneau, Du Bruit dans la Cuisine http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/ Du bruit dans la cuisine, le site internet du Fourneau offre un nouvel espace de publication qui privilégie les mots et l'écriture. Il s'y mijote des portraits d'artistes, des paroles brûlantes... fr SPIP - www.spip.net Sérénade sous les pommiers http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Serenade-sous-les-pommiers.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Serenade-sous-les-pommiers.html 2009-06-25T19:45:14Z text/html fr Lucie Corouge Les deux apprenties ornithologues d'aïe aïe aïe terminent leur escapade champêtre à Plourin-Lès-Morlaix, où elles ont passé une semaine de création. Après deux représentations publiques de Pavanes, pour le Mai des Arts, elles acceptent de se prêter au jeu de l'entretien et de nous livrer leurs premières (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L82xH98/arton67-fa6a3.gif" alt="" align="right" width='82' height='98' class='spip_logos' style='height:98px;width:82px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Les deux apprenties ornithologues d'<strong>aïe aïe aïe</strong> terminent leur escapade champêtre à Plourin-Lès-Morlaix, où elles ont passé une semaine de création. Après deux représentations publiques de <i>Pavanes</i>, pour le <a href='http://www.artsdanslarue.com/lemai/2009/plourinlesmorlaix.htm' class='spip_out'>Mai des Arts</a>, elles acceptent de se prêter au jeu de l'entretien et de nous livrer leurs premières impressions. Un entretien "à chaud", avec beaucoup de réflexion et d'auto-critique sur ce spectacle encore frais et qui <i>comme un bon fromage, reste à affiner</i> (dixit justine)</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_379 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L350xH263/DSC08805-975e3.jpg' width='350' height='263' alt="" style='height:263px;width:350px;' /></span></p> <p><strong>Votre présentation était risquée, il vous fallait du silence et du calme. Vous avez passé une semaine à répéter sous les pommiers, il y avait pas mal d'oiseaux et je sais que vous appréhendiez un peu le fait qu'ils s'enfuient à cause du public et du bruit. Au final tout c'est bien passé...</strong></p> <p><span class='spip_document_368 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH151/Sans_titre-10-2-703e1.jpg' width='100' height='151' alt="" style='height:151px;width:100px;' /></span><strong>Charlotte :</strong> C'est vrai que l'on n'a pas eu trop d'interférence avec les autres spectacles, et puis il y a eu des oiseaux. Sur la deuxième séance il y en a eu beaucoup, et c'est quand même quelque chose de chouette. Mais <strong>même s'il y en a peu, c'est intéressant d'arriver à amener les gens à ouvrir les oreilles</strong>. C'est plutôt là dessus qu'on travaille.</p> <p><span class='spip_document_369 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH122/Sans_titre-9-2-d3d8d.jpg' width='100' height='122' alt="" style='height:122px;width:100px;' /></span><strong>Justine</strong> : Et de toute façon, dans la direction dans laquelle on veut aller et qui est assez décalée, <strong>on peut se servir de tous les sons « parasites »</strong>. Enfin que l'on peut appeler parasite, mais les intégrer aussi. Par exemple des cloches, un avion... Moi même <strong>j'aime particulièrement quand un avion passe !!!</strong> Mais tout à l'heure les 5 martinets (espèce d'oiseaux) qui sont passés juste au dessus de nous, c'était quand même assez magique...</p> <p><strong>C'est assez risqué du coup comme proposition, si vous devez jouer en salle c'est beaucoup plus difficile...</strong></p> <p><strong>Charlotte :</strong> <strong>L'univers sonore, les oiseaux c'est en fait un prétexte pour ouvrir les oreilles</strong>. Évidemment <strong>c'est beaucoup plus simple, beaucoup plus poétique et bucolique quand il y a des oiseaux</strong> mais je pense que même une pluie battante dans un hangar ça peut être intéressant.</p> <p><strong>Justine</strong> : Parce qu'<strong>on est pas dans quelque chose de véridique par rapport à l'ornithologie</strong>. On n'est pas ornithologues. <strong>C'est vraiment que de la fantaisie</strong>. Donc ce fameux oiseau qu'on cherche ça pourrait très bien être le bruit du percolateur de la cafétéria...</p> <p><strong>Charlotte :</strong> il faut <strong>amener les gens à cet état là, d'écouter.</strong> Et je pense qu'il y a encore des choses à trouver pour ça, mais en même temps <strong>on a eu des moments d'écoute assez uniques.</strong></p> <p><strong>C'est un travail sur l'écoute mais aussi sur le langage...</strong></p> <p><strong>Charlotte :</strong> oui c'est une envie qu'on avait. Là maintenant avec le recul, on se dit que c'est peut être un petit peu copieux...</p> <p><strong>Justine</strong> : mais <strong>c'est en testant comme ça qu'on se rend compte de ce qui doit être un petit peu allégé,</strong> ou au contraire affirmé.</p> <p><span class='spip_document_370 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH142/Sans_titre-8-2-f2573.jpg' width='100' height='142' alt="" style='height:142px;width:100px;' /></span><strong>Charlotte :</strong> mais en même temps oui, <strong>ça fait partie de cette écoute qu'on a, non plus pour le sens des mots, mais pour la sonorité des mots</strong>. Ca je ne sais pas si ça c'est vraiment ressenti ...</p> <p><strong>Votre compagnie aime beaucoup travailler sur des projets à taille réduite, assez intimistes et pour des petites jauges, qu'est ce qui vous pousse à ce type de rencontre ?</strong></p> <p><strong>Charlotte :</strong> tu disais que c'est une mise en danger, oui c'est vrai et en même temps, <strong>c'est un confort formidable parce que c'est toujours adaptable.</strong> Après <strong>ça prend du temps d'adapter chaque représentation aux circonstances mais c'est un enjeu important</strong>. Ça oblige à faire avec les moyens du bord et c'est ça que j'aime assez. <strong>C'est une forme d'économie par rapport à la création qui peut être intéressante</strong>. Plutôt que d'avoir un gros spectacle, avec plein de moyens, avec une grosse sono, plein de gens, <strong>on essaie de faire avec ce que l'on a et de faire en sorte qu'il y ai un instant précieux à ce moment là.</strong></p> <p><strong>C'est votre première expérience en rue ?</strong></p> <p><span class='spip_document_371 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH131/Sans_titre-7-2-f6099.jpg' width='100' height='131' alt="" style='height:131px;width:100px;' /></span><strong>Justine</strong> : pas vraiment, on a eu des approches mais pas de ce qu'on peut appeler du travail en rue. Moi j'avais fait un spectacle au balcon, <i>les Balconnades</i>. C'est en extérieur mais ça reste particulier.</p> <p><strong>Charlotte :</strong> cette approche du public à l'extérieur, moi je ne l'avais pas encore éprouvée. Ça change vraiment beaucoup de la salle mais je trouve qu'il y a une proximité avec le public qui est super.</p> <p><strong>Charlotte :</strong> oui, on est avec eux, on les voit. On n'est pas devant un écran noir. Même si on sent toujours une salle,<strong> il y a quelque chose qui se passe. Et ce n'est pas du tout la même sensation</strong>.</p> <p><strong>Justine</strong> : Cette idée de partager, là elle est hyper tangible. Elle est écrit en grand, au dessus de nous. <strong>Ça se sent, c'est là, ici et maintenant...</strong></p> <p><strong>Pouvez vous me parler de votre compagnie, elle est basée sur un collectif d'artistes ?</strong></p> <p><span class='spip_document_372 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH136/Sans_titre-6-2-343ab.jpg' width='100' height='136' alt="" style='height:136px;width:100px;' /></span><strong>Charlotte :</strong> <i>Aïe aïe aïe</i> a été créée par Julien Mellano en même temps qu'il a créé son premier spectacle, <i>Mon Œil</i>. Avec l'envie depuis le début d'en faire <strong>un espace qui est ouvert à des propositions artistiques différentes</strong>, avec des esthétiques diverses aussi. Et depuis deux ans la compagnie s'est élargie avec 4 directeurs de projets artistiques qui peuvent intervenir les uns ou les autres dans chaque projet mais aussi des gens complètement extérieurs.</p> <p><strong>Justine</strong> : ce n'est pas un vase clos</p> <p><strong>Charlotte :</strong> et c'est l'intérêt pour nous de ce fonctionnement. <strong>Ça permet d'avoir des échanges, un retour.</strong> Par exemple Julien est venu hier jeter un œil juste avant notre première et c'est important aussi d'avoir ces échanges. En tout on est donc 4, il y a Julien, Justine, moi... Justine qui a aussi ses propres projets.</p> <p><strong>Justine</strong> : dont un qui tourne en ce moment, <i>La berceuse</i> qui est aussi très intimiste</p> <p><strong>Charlotte :</strong> et puis Benoit Hattet qui a monté l'année dernière une adaptation de l'histoire d'Eléphant man au théâtre dans une forme très réduite pour une petite centaine de personne. Les gens sont invités à entrer dans la chambre d'hôpital de Joseph Carey Merrick, juste pour le rencontrer et le voir de visu.</p> <p><span class='spip_document_375 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH119/Sans_titre-4-2-9938f.jpg' width='100' height='119' alt="" style='height:119px;width:100px;' /></span><strong>Justine</strong> : mais après ce n'est pas réduit. C'est vrai qu'<strong>au départ il y a un intérêt pour cette rencontre très précieuse</strong> mais <i>Beastie Queen</i>, une création de 2007, est un spectacle pour plus de monde que ça et le spectacle que prépare Julien actuellement, c'est la même chose.</p> <p><strong>Charlotte :</strong> Je ne sais pas à quoi c ‘est dû. <strong>C'est l'envie d'être dans une relation intimiste avec les gens,</strong> d'imaginer une proposition qui est plutôt dans ce timbre là. Je crois que si on essaie d'imaginer une forme de spectacle vivant pour une jauge qui est beaucoup plus importante, on n'est plus du tout dans la même question. Mais c'est important aussi, on a envie que ce soit possible de l'agrandir, et on y réfléchit.</p> <p><strong>Justine</strong> : mais on a envie de passer par cette étape d'abord. Il n'y a pas de hiérarchie. On ne s'exprime pas pareil devant 500 ou 30 personnes.</p> <p><strong>Charlotte :</strong> le rapport à la foule, le fait d'être rassemblés n'a pas le même sens si on est 30 ou si l'on est 1000. C'est comment on amène et comment on donne du sens à ce rassemblement qui est important. Nous on est toujours dans ces questions là. <strong>On essaie déjà que ça ait du sens à 100 ou 200 et c'est déjà pas mal.</strong></p> <p><strong>Il y a beaucoup de chant dans <i>Pavanes</i>. Justine, tu as une formation en chant lyrique, comment ça c'est passé pour toi Charlotte cette approche au chant ?</strong></p> <p><span class='spip_document_376 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH135/Sans_titre-3-2-b1397.jpg' width='100' height='135' alt="" style='height:135px;width:100px;' /></span><strong>Charlotte :</strong> oui et bien ça se passe laborieusement il faut le dire. <strong>Je ne suis pas chanteuse et je n'ai aucune prétention à l'être.</strong> <i>Pavanes</i> c'est surtout un jeu sur la langue et les capacités « phonatoires » de l'être humain. Et le chant ça en est une. Ce qui est intéressant c'est de voir les deux, ça s'éclaire l'un l'autre. <strong>Après, moi j'aime les choses un peu barrées de poésie sonore,</strong> des expériences dadaistes, des choses bruitistes, <strong>c'est un travail de la voix que je trouve assez fascinant.</strong> On essaie plutôt de travailler tous ces matériaux, que ce soit des roucoulades lyriques ou que ce soit un son qui peut paraitre très brutal et très rauque mais qui a aussi une qualité sonore particulière.</p> <p><strong>Et la prochaine étape de <i>Pavanes</i> c'est quoi ?</strong></p> <p><strong>Charlotte :</strong> c'est dans 15 jours avec Damien Bouvet, lui-même comédien et qui dirige une compagnie qui s'appelle <i>Voix-Off</i> et qui fait beaucoup de spectacle solo. Donc ça va être une expérience aussi pour lui de nous faire travailler ensemble. Mais ça va être une pratique, <strong>un travail physique sur la présence du corps qui je pense peu nous apporter beaucoup de choses par rapport à <i>Pavanes</i>.</strong> Parce que <strong>c'est aussi très visuel et pas seulement sonore comme spectacle.</strong> Et puis en juin on a un autre temps de travail plutôt sur la voix et le son. Et on joue ce qui au départ devait être une première représentation dans le cadre du festival des <i>Tombées de la Nuit</i> au Tabor à Rennes.</p> <p><strong>Dans un cadre complètement différent de Plourin...</strong></p> <p><strong>Justine</strong> : oui mais c'est ça qui est super. Et puis <strong>le but c'est à chaque fois d'arriver à recréer quelque chose avec un nouveau décor et une nouvelle variation sonore qu'on ne peut pas maitriser.</strong></p> <p><strong>Charlotte :</strong> et puis là on est au mois de mai, dans un cadre on va dire bucolique et champêtre avec les pommiers, mais de jouer en juillet au Tabor, comme de jouer en octobre, ça n'a rien à voir et c'est ça aussi que j'aime dehors.</p> <p><span class='spip_document_373 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH122/Sans_titre-5-2-ad9d3.jpg' width='100' height='122' alt="" style='height:122px;width:100px;' /></span><strong>Justine</strong> : et puis on est obligé de faire sur place avec les éléments, parce qu'on peut arriver sur un site trois mois avant, pour arriver à se figurer comment il sera trois mois plus tard... On peut se dire oui il n'y aura plus de feuille etc... mais ça n'est pas pareil, ça ne donne pas d'idée du volume, du son de ce qui sera fourni.</p> <p><strong>Un souhait pour la suite ?</strong></p> <p><strong>Justine</strong> : que l'on trouve le « syrinx », cette espèce si particulière que nous recherchons. <span class='spip_document_388 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L300xH233/Sans_titre-4-3-b3dca.jpg' width='300' height='233' alt="" style='height:233px;width:300px;' /></span></p> <p><i>Merci à Charlotte et Justine pour cet entretien parsemé de petites explorations des sonorités</i>.</p> <p>Pour en savoir plus : <br /><a href='http://www.aieaieaie.fr/' class='spip_out'>Le site de la compagnie</a> <br /><a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/aieaieaie' class='spip_out'>La page résidence du Fourneau</a></p></div> Quand le Dada entre dans la danse http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Quand-le-Dada-entre-dans-la-danse.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Quand-le-Dada-entre-dans-la-danse.html 2009-06-23T12:37:32Z text/html fr Lucie Corouge Pendant une semaine, Pied en Sol a établi son cabaret à Plouégat-Guérrand. Deux rencontres avec les écoles, trois représentations publiques, la semaine de création a été chargée. C'est peut être le moment de faire le point avec eux sur cette création qui va chercher ses inspirations un peu partout, surtout (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L69xH100/arton66-3c75a.gif" alt="" align="right" width='69' height='100' class='spip_logos' style='height:100px;width:69px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Pendant une semaine, <i>Pied en Sol</i> a établi son cabaret à <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/piedensol/index.htm' class='spip_out'>Plouégat-Guérrand</a>. Deux rencontres avec les écoles, trois représentations publiques, la semaine de création a été chargée. C'est peut être le moment de faire le point avec eux sur cette création qui va chercher ses inspirations un peu partout, surtout partout. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, c'est sous le soleil que les trois Pied en solistes m'accueillent pour l'entretien.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Tout d'abord pouvez vous vous présenter...</strong></p> <p><span class='spip_document_366 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH125/Sans_titre-15-96924.jpg' width='100' height='125' alt="" style='height:125px;width:100px;' /></span><strong>Denis :</strong> <strong>je suis danseur depuis l'âge de 15 ans</strong> et je n'ai fait que ça de ma vie. J'ai fait beaucoup de choses au niveau de la danse contemporaine un peu en autodidacte. Dans un premier temps <strong>j'ai eu une formation en danse traditionnelle,</strong> parce que je suis de Bretagne, donc je me suis intéressé au territoire et à la culture bretonne. Et puis après vers 16 ans j'ai découvert la danse contemporaine qui m'a beaucoup plu, mais sans renier la culture bretonne. Ma première compagnie, était justement inspirée des traditions celtiques, avec toute une recherche entre la modernisation et la danse traditionnelle. On essayait de remettre un petit peu les pendules à l'heure par rapport au monde d'aujourd'hui vis à vis de la tradition. Et après ça a été <i>Pied en Sol</i> que l'on a monté avec Brigitte en 94. Et on est allé carrément sur un autre univers, on a lâché le celtique et on est parti à la recherche d'autres façons de penser. Dans les premiers temps de la compagnie, on était chorégraphes tous les deux et en 98 on s'est intéressé à la rue avec un duo qui s'appelle <i>Chemin faisant</i>. Maintenant ça fait une dizaine d'années qu'on est dans des projets de rue, avec en tout 8 créations de différentes formations : solo, duos, quatuor... Et puis ça continue.</p> <p><span class='spip_document_364 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH156/Sans_titre-17-43415.jpg' width='100' height='156' alt="" style='height:156px;width:100px;' /></span><strong>Christophe :</strong> <strong>je suis professeur de musiques actuelles</strong> au conservatoire de Redon, et je partage ce temps avec les spectacles, les groupes et notamment la compagnie <i>Pied en Sol</i> dont je fais partie depuis maintenant trois ans. On a crée ensemble <i>Rue Taquin</i> dont la première a eut lieu il y a trois ans à Morlaix. Et là avec Brigitte et Denis on en est à notre deuxième création ensemble.</p> <p><strong>Brigitte :</strong> moi je suis compagne de vie de Denis, avec qui je danse depuis 25 ans. <strong>J'ai à l'origine un parcours en danse contemporaine.</strong> On s'est rencontré avec Denis dans cette première compagnie, j'ai fait ce travail autour de la tradition celtique pendant une dizaine d'années. Et puis à un moment on a eu envie de changer, d'aller sur notre propre travail, de voir ce que nous deux on avait envie d'écrire. Et on a lancé <i>Pied en Sol</i>. <strong>Et très rapidement on est arrivé dans la rue, et c'est là pour nous un vrai écho à notre travail chorégraphique.</strong></p> <p><strong>Et pourquoi justement ? Qu'est ce qui vous plait dans la rue ?</strong></p> <p><span class='spip_document_363 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH138/Sans_titre-18-f0604.jpg' width='100' height='138' alt="" style='height:138px;width:100px;' /></span><strong>Brigitte :</strong> c'est <strong>la rencontre au public</strong>. C'est à la fois toute la difficulté et ce paradoxe là, c'est-à-dire qu'un regard, car ce n'est pas mille regards, c'est <strong>un regard de spectateur qui peut te traverser</strong>, te transporter. C'est le fait de <strong>danser entre ciel et terre</strong>, tu as cette dimension de verticalité qui est assez extraordinaire et tout le travail de proximité avec le public.</p> <p><strong>Denis :</strong> ce qui est intéressant aussi c'est d'être dans différentes rues, villes, communes, pour différents volumes, différents publics. Des publics très différents les uns des autres, des publics qui connaissent bien le spectacle d'art de rue, d'autres pas du tout et c'est ça qui est intéressant, <strong>à chaque fois pour nous il y a différentes façons de rentrer en communication avec le public</strong> et les habitants. Là par exemple à Plouégat-Guérrand c'est une découverte, on a rencontré l'équipe municipale, des habitants, comme ça dans la rue. C'est convivial et c'est ça qui est intéressant, cette espèce d'approche qu'on ne voyait jamais quand on a commencé la danse, parce qu'on était toujours dans nos salles, enfermés dans une boite noire. Entre une salle de répétition et une scène ouverte c'est un monde vraiment différent. Ce qui est attrayant c'est ça, même s'il n'y a pas que ça qui nous attire, mais ça fait parti du jeu.</p> <p><strong>Comment vous est venue l'idée de travailler sur le dadaïsme, c'est le fait que ce soit ouvert à tout les possibles ?</strong></p> <p><strong>Christophe :</strong> la première chose, c'est qu'on a fait une création <i>Rue Taquin</i> ensemble. Et quand on a eu envie de refaire un travail à trois, il fallait de toute façon que ce soit différent. Alors <strong>on a commencé par se dire ce qu'on ne voulait pas refaire</strong> et ce qu'on n'avait pas fait jusqu'ici et qui vu nos âges avancés, il était grand temps de faire. Donc entre autre dans les critères de départ, il y a le fait que Brigitte et Denis doivent participent à la création de l'environnement sonore et éventuellement de la musique, que de mon côté aussi j'intervienne corporellement dans l'histoire. On voulait aussi que ça ne soit pas une histoire d'un couple de danseur avec un musicien qui accompagne. Du coup ça faisait déjà du ménage dans les propositions.</p> <p><strong>Brigitte :</strong> au départ on voulait travailler sur le thème du bal en partant du film d'Ettore Scola <i>Le bal</i>. Mais on avait peur que ça nous ramène encore à une histoire qu'on avait déjà traversée, une histoire de couple de danseur. Donc on a commencé à chercher sur internet, on a tapé « bistro », « bastringue » et là on est tombé sur le <i>Cabaret Voltaire</i>. Et là quand on a lu ce qu'était le <i>Cabaret Voltaire</i> on s'est dit c'est ça ! Et on voulait aussi retravailler une écriture contemporaine, donc on a trouvé que c'était idéal, c'était très ouvert. Et au niveau de la création ça a été vraiment passionnant. Tout ce qu'on a pu développer ou aller chercher, fouiller, c'était vraiment super.</p> <p><strong>Christophe :</strong> ça nous a donné plus qu'un cadre artistique, ça nous a surtout donné une façon de travailler, une façon d'entamer cette création, notamment au moment de la danse.</p> <p><strong>Denis :</strong> moi ce qui m'a plu dans le dadaïsme, c'est que <strong>les peintres de l'époque se sont mis à créer une autre façon de mettre en tension leurs peintures ou leur expression.</strong> C'est de la matière. Ce n'est pas que de la peinture ça pouvait être des objets, des choses qui tout d'un coup devenaient surprenantes sur un tableau. Donc on s'est dit, <strong>à travers la danse on va peut être pouvoir chercher de la matière.</strong> On est partis d'une chanson, d'un texte, d'une image, et avec ça on a obtenu des thèmes, des partitions chorégraphiques,. Tout ça grâce à des matières différentes. On a eu du coup un tas de mouvements qu'on a mis en banque et puis on a essayé de voir comment on pouvait faire pour les mélanger.<strong> C'était vraiment intéressant parce qu'il y a eu une multitude de choses possibles.</strong> Donc il y a eu ces deux fonctionnements, d'abord aller rechercher des mots, aller rechercher des images, des chansons de la musique, et ensuite commencer à faire un tableau, brouiller des pistes. <strong>On ne voulait pas tomber dans quelque chose qui soit un récit avec un début, un milieu, une fin.</strong> Même si il y en a, mais ce n'est pas une histoire construite. Et du coup ces matières là elles se sont mélangées.</p> <p><span class='spip_document_365 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH140/Sans_titre-16-a27b7.jpg' width='100' height='140' alt="" style='height:140px;width:100px;' /></span><strong>Christophe :</strong> quand on a décidé d'aborder cet environnement dada, <strong>on n'avait pas la prétention de faire du dada, mais plutôt d'utiliser les techniques de travail du dadaïsme</strong>, à savoir le découpage, le collage, le tirage au sort. Le fait de juxtaposer des choses qui à priori n'ont rien à voir plutôt que de partir d'une esthétique, comme ce qu'on a pu faire dans des spectacles précédents, partir d'un type de danse, d'une narration. Là c'était vraiment la méthode assez ludique et du coup nouvelle pour nous, de réinvestir ça dans notre travail, <strong>pour nous provoquer nous même.</strong> <strong>C'est ça aussi l'intérêt pour nous d'être dans la rue, c'est de toujours ce remettre en question.</strong> Dans la création d'un spectacle, et même dans un spectacle dont on a l'impression qu'il est crée, il continu à vivre et il continu à être questionné par le rapport au public.</p> <p><strong>Cette manière d'aborder la création, c'est nouveau pour vous ?</strong></p> <p><strong>Brigitte :</strong> on avait un peu abordé ça dans <i>Filigrane fanfare</i>, à partir de partitions. Mais là ce qui était vraiment super c'était toutes les sources d'inspiration que l'on a eu pour créer et on pourrait encore continuer.</p> <p><strong>Christophe :</strong> il y a des choses qu'on n'a pas évoqué, qu'on a mis de coté parce qu'on ne pouvait faire toutes les propositions en 50 minutes. Mais c'est vrai qu'<strong>on a pris beaucoup de plaisir dans la première phase de création</strong> et du coup la grande question ensuite ça a été comment on va mettre tout ça en forme.</p> <p><strong>Brigitte :</strong> et puis à quoi ça va ressembler ? Donc du coup on a fait appel à un metteur en scène qui nous aide un peu à mettre un espèce d'ordre là dedans parce que <strong>c'était très complexe de savoir ce qu'allait donner vraiment le spectacle.</strong></p> <p><strong>Christophe :</strong> et c'est pour ça que <strong>c'est important des rencontres avec le public.</strong> Comme il n'y a pas de narration à proprement parler dans l'histoire, ça nous permet si on le souhaite d'inverser les ordres, d'enlever un numéro et de le remplacer par un autre. Là dessus on n'a aucun souci, et <strong>on a besoin maintenant de ce retour avec le public pour voir quelles sont les pistes à conserver, à retravailler, à changer...</strong></p> <p><span class='spip_document_387 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L200xH150/DSC06722-ab535.jpg' width='200' height='150' alt="" style='height:150px;width:200px;' /></span></p> <p><strong>Et pour toi Christophe, comment ça s'est passé ce passage à la danse, Brigitte me disait en plus que tu as été interdit de guitare électrique, ça fait beaucoup de changements...</strong></p> <p><strong>Christophe :</strong> ça faisait partie effectivement des critères imposés. Interdiction de faire ce qu'on avait déjà fait, donc sur <i>Rue Taquin</i> j'étais à la guitare électrique et au chant. Et comme on m'a interdit d'utiliser ça et bien j'ai vidé ma chambre et j'ai ramené tout ce que j'avais d'autre. <strong>J'avais envie d'utiliser des machines</strong>. Là j'utilise une <i>groove box</i>, aussi pour donner un côté un peu plus musclé, plus électro dans la création. Sachant que dans le dernier spectacle <i>Rue Taquin</i>, l'ambiance était plus rock, <i>Chemin faisant</i> c'était plus guinguette avec l'accordéon, là moi<strong> j'avais envie à mon tour de provoquer un peu Brigitte et Denis en amenant cette machine et ces petites touches de musique électronique</strong>. J'utilise encore la <i>pédale de boucle</i> mais elle nous sert d'une autre manière. Elle nous sert un peu de jukebox. Et puis j'ai récupéré également le saxophone et les petites percussions. <strong>L'autre aspect qui est assez important dans l'histoire c'est la bande son sur laquelle on a travaillé</strong> avec Fred Rénno notre metteur en scène pour vraiment plonger le spectacle dans une ambiance et que se ne soit pas seulement un musicien qui fasse une partition musicale, mais <strong>qu'on ait vraiment toute une ambiance sonore.</strong></p> <p><strong>Vous travaillez beaucoup avec les scolaires, j'ai vu que vous travailliez avec une classe de la cité de Beaumont à Redon...</strong></p> <p><strong>Brigitte :</strong> oui en fait au départ on avait joué à Beaumont <i>Rue Taquin</i> et <i>Ramoneur</i>. Et puis<strong> il y a eu quelque chose qui s'est passé en particulier avec cette classe</strong> et donc on leur a proposé de <strong>venir nous voir à deux étapes de travail</strong>. La première où on n'avait que des bouts de pleins de trucs, on leur à expliqué ce que c'était le dadaïsme. Une première rencontre qui nous a d'ailleurs beaucoup apporté dans notre travail à nous. Et une deuxième séance, après la présence de Fred Rénno, où on a fait des bouts de filage en expliquant comment on avait rassemblé les choses. Et la semaine prochaine, ils nous accueillent dans la cour de l'établissement pour qu'on puisse présenter là où on en est dans le <i>Cabaret dada</i>.</p> <p><strong>Vous avez eu deux rencontres avec des classes de Plouégat-Guérrand pendant cette semaine de résidence, ça vous plait de pouvoir travailler avec des scolaires, qu'ils puissent s'impliquer comme ça dans une création ?</strong></p> <p><span class='spip_document_366 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH125/Sans_titre-15-96924.jpg' width='100' height='125' alt="" style='height:125px;width:100px;' /></span><strong>Denis :</strong> il y a <strong>un retour qui est vraiment direct</strong>. <strong>Les enfants disent les choses sans arrière pensée,</strong> ils peuvent avoir des mots qui vont nous mettre en réflexion, et à tout âge. Pendant cette résidence, il y a des enfants qui ont dit des choses soit sur les costumes, soit sur les morceaux de musique ou la façon de bouger, et d'autres, des plus grands, comme à Beaumont, sur la durée de tel ou tel tableau. Et qui nous disent c'est étrange, c'est bizarre et donc on essaie de discuter avec eux, de savoir pourquoi c'est bizarre, voir ce qu'il y a derrière ces mots, et c'est très intéressant. Là on va revoir les élèves de Beaumont, on va voir si leurs questionnements sont toujours là ou pas.</p> <p><strong>C'est intéressant ce genre de rencontres comme ça sur la durée d'une création...</strong></p> <p><strong>Brigitte :</strong> oui et qui sont étalées. Pour nous <strong>c'était la première fois qu'on accueillait comme ça une classe sur un réel processus de création,</strong> c'est-à-dire par où on passe nous, quelles sont nos étapes, et où on en est aujourd'hui et où ça va aller sans doute demain. J'ai trouvé ça génial. Et pour en revenir avec la rencontre avec les enfants de Plouégat-Guérrand, moi j'ai quand même été sacrément étonnée. Parce qu'à la base on peut se dire que le dadaïsme et ce qu'on propose ce n'est pas du tout du tout fait pour les enfants. Et je trouve qu'il y a eu une écoute, une réception... Après quand on répétait les enfants venaient spontanément nous dire bonjour, nous embrasser...<strong> Moi j'ai été très heureuse de cette rencontre là et de cette qualité de rencontre</strong>.</p> <p><strong>Christophe :</strong> <strong>les enfants c'est un public très pertinent parce qu'ils n'ont pas encore de codes liés au spectacle, ils ne sont pas formatés</strong>. Et là en plus il y avait le fait qu'on les accueillait à venir nous voir travailler avant qu'ils ne voient le spectacle. Et plutôt qu'une rencontre « frontale » où ils viennent voir le spectacle et ils repartent, <strong>là ils sont venus voir des personnes avant de voir un spectacle.</strong> on l'a bien ressenti dans les échanges qu'on a eu par la suite. Et puis aussi Brigitte et moi on a fait beaucoup d'interventions dans le milieux scolaire. C'est quelque chose qui nourrit aussi notre pratique artistique et c'est vraiment une relation dans laquelle on se retrouve.</p> <p><strong>Vous avez participé la semaine dernière au Printemps des Jeunes Talents à Redon, c'est important pour vous de jouer chez vous ?</strong></p> <p><span class='spip_document_362 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH123/Sans_titre-19-4d81d.jpg' width='100' height='123' alt="" style='height:123px;width:100px;' /></span><strong>Brigitte :</strong> on arrive à jouer assez souvent à Redon, donc c'est assez chouette parce qu'on est quand même chez nous. On fait souvent des répétitions publiques en rue, il y a une rencontre avec les habitants qui se fait plusieurs fois dans l'année et dans des cadres différents.</p> <p><strong>Christophe :</strong> et dans la relation qu'on a eu avec les habitants de Plouégat-Guérrand, pendant cette résidence. Je pense que <strong>c'est important aussi que les artistes montrent leur travail, leur façon de travailler</strong>. Il y a des gens qui étaient étonnés de voir qu'on passait autant de temps à répéter. Il faut que les artistes et notamment les artistes de rue, parce que là c'est la réalité du boulot, montrent vraiment comment ça se passe. Pour que le public n'ai pas seulement cette vision de l'artiste un petit peu dilettante qui vient faire son petit show et qui repart. <strong>C'est vraiment un boulot, nous c'est comme ça qu'on le vit, comme ça qu'on veut le défendre.</strong> Comme expliquait Brigitte aux enfants, leurs parents sont agriculteurs, boulangers... nous on est danseurs et c'est notre métier.</p> <p><strong>Un souhait pour la suite ?</strong></p> <p><strong>Brigitte :</strong> que le cabaret rencontre son public. Nous on est très heureux de ce travail là, après quel accueil ça va avoir au niveau du public... En tout cas<strong> ce qu'on défend, c'est d'amener ce côté contemporain dans les arts de la rue.</strong></p> <p>Une escapade dadaïste sous le soleil de Plouégat-Guérrand, un grand merci à tous les trois. Vous retrouverez la Compagnie Pied en Sol au Far de Morlaix, accompagnée par <i>LeTatoum</i>, pour une autre création 2009, <i>... Mènent la danse</i></p> <p><strong>Plus d'infos, c'est par ici : </strong> <br /><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> <a href='http://www.piedensol.com/' class='spip_out'>Le site de la compagnie</a> <br /><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/piedensol/index.htm' class='spip_out'>Le résidence sur le site du Fourneau</a></p></div> Spectacle nomade http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Spectacle-nomade.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Spectacle-nomade.html 2009-06-15T10:12:27Z text/html fr Lucie Corouge En résidence à Henvic, La compagnie La Calma, a donné plusieurs représentations de sa dernière création, Tamat. Un spectacle nomade qui puise ses inspirations à chacune de ses étapes. Après leur dernière à Plourin-Lès-Morlaix, avant de repartir sur les routes, c'est l'occasion de leur demander ce qu'ils (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L68xH100/arton64-a1ab1.jpg" alt="" align="right" width='68' height='100' class='spip_logos' style='height:100px;width:68px;' /> <div class='rss_chapo'><p>En <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/lacalma/index.htm' class='spip_out'>résidence à Henvic</a>, <i>La compagnie La Calma</i>, a donné plusieurs représentations de sa dernière création, <i>Tamat</i>. Un spectacle nomade qui puise ses inspirations à chacune de ses étapes. Après leur dernière à <a href='http://www.artsdanslarue.com/lemai/2009/plourinlesmorlaix.htm' class='spip_out'>Plourin-Lès-Morlaix</a>, avant de repartir sur les routes, c'est l'occasion de leur demander ce qu'ils ont pu découvrir et emprunter à leurs séjours en Bretagne.</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_380 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L300xH225/DSC08766-05c2b.jpg' width='300' height='225' alt="" style='height:225px;width:300px;' /></span></p> <p><strong>Pouvez vous vous présenter au sein de la Compagnie ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> je suis comédienne, directrice de la compagnie La Calma et interprète de Tamat</p> <p><strong>Khadija :</strong> j'agis en tant que metteur en scène et je travaille aussi sur la direction du jeu au niveau du masque.</p> <p><span class='spip_document_353 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH132/Sans_titre-11-7de32.jpg' width='100' height='132' alt="" style='height:132px;width:100px;' /></span><strong>David :</strong> musicien, je joue de la guitare et je mets en musique le spectacle de Tamat.</p> <p><strong>Eric :</strong> je suis comédien dans l'équipe de La Calma en général, et sur ce spectacle là je suis comme Khadija, je suis sur la mise en scène, la direction de la création. Et c'est également moi qui ai réalisé le masque.</p> <p><strong>Votre compagnie travaille beaucoup autours du masque, qu'est ce qui vous inspire dans le masque ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> on travaille avec le masque depuis 2000, suite à la rencontre d'<strong>Étienne Champion, sculpteur de masque</strong>, et qui nous a donné envie d'explorer cette forme qui est aussi<strong> un moyen de faire un travail sur le personnage</strong>. Quelque part, quand on travaille avec le masque, le masque impose ou propose fortement, une approche extrêmement humaine. <strong>La mise en lumière de l'humain,</strong> et je dirais que personnellement c'est ce qui m'intéresse.</p> <p><span class='spip_document_356 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH126/Sans_titre-8-1b33f.jpg' width='100' height='126' alt="" style='height:126px;width:100px;' /></span><strong>Eric :</strong> Moi je suis arrivé dans cette compagnie fin 2001, et on a commencé à faire ce trio (<i>On est peu de choses</i>) qu'on a joué en Bretagne et un petit peu ailleurs aussi, avec une forme qu'on appelle « nez-lèvre ». Cette forme n'a rien à voir avec ce que l'on fait actuellement qui est un demi masque, ce sont deux langages différents mais qui effectivement impliquent le corps. Donc c'est vrai que depuis qu'on travaille ensemble, <strong>on explore les formes différentes de masques</strong>. <strong>Il existe les masques en Té, il existe les demi- masques, les masques nez-lèvre, les masques pleins...</strong> On les a abordé mais on a pas vraiment abouti sur ce travail de masque plein. <strong>C'est une sorte d'exploration</strong>, on crée des personnages, ensuite on se demande quelle histoire il va raconter. Et là, l'écriture arrive puis l'improvisation, donc création de la part de l'acteur. De temps en temps interviennent des auteurs, là du coup ça devient plus écrit. Et ensuite on montre au public et puis on voit ce qui marche ce qui ne marche pas, on se pose des questions, on se repositionne, et on avance un petit peu comme ça.</p> <p><strong>Mélissa tu es seule interprète dans<i> Tamat</i>, comment se passe la création du personnage, l'appropriation du masque, quand on est seule ?</strong></p> <p><span class='spip_document_357 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH125/Sans_titre-7-98bec.jpg' width='100' height='125' alt="" style='height:125px;width:100px;' /></span><strong>Mélissa :</strong> et bien très rapidement on s'est rendu compte que <strong>le partenaire de jeu était le public.</strong> Donc dans la création même, il a fallut que le personnage de <i>Tamat</i> se confronte à un public pour pouvoir continuer à grandir, à évoluer. Ça c'est la difficulté de jouer seul. Mais de manière générale, je ne pense pas que tout le monde fonctionne comme ça avec des masques, mais nous, <strong>nos personnages sont en lien direct avec le public.</strong> Alors quand on est plusieurs sur scène évidemment, il y a des relations qui se tissent entre les personnages mais quand on est seul comme dans le cas de <i>Tamat</i>, ma relation se tisse avec le public. Et <strong>il a fallu dans la création et les répétitions se mettre en situation d'avoir du public pour tester des choses.</strong></p> <p><strong>Eric :</strong> ou de l'imaginer quand on en avait pas.</p> <p><strong>Vous avez eu 3 rencontres pendant votre résidence à Henvic, avec 2 écoles et une rencontre avec des personnes âgées, ça vous a aidé dans votre travail ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> oui énormément,<strong> ça a été très très riche</strong> d'ailleurs. C'était des questionnements qu'on avait au début. Qu'est ce que <i>Tamat</i> a à raconter à des enfants, est ce qu'elle va leur faire peur... Et en fin de compte les retours ont été assez étonnant. J'ai du m'adapter à ce public là, par rapport à l'histoire qu'elle raconte qui est destiné plus à un public d'adultes, et à notre grande surprise les enfants étaient extrêmement à l'écoute.</p> <p><span class='spip_document_348 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH136/Sans_titre-1-2-7e35f.jpg' width='100' height='136' alt="" style='height:136px;width:100px;' /></span><strong>Khadija :</strong> très présents, très à l'écoute. On s'est rendu compte que d'une certaine manière<strong> <i>Tamat</i> appartenait à leur imaginaire</strong>. Et leur imaginaire dépassait le cadre de la sorcière. Ils ont même dépassé leur peur première parce que le masque est assez impressionnant. Mais il est tellement porté avec générosité que ça dépasse le masque d'une simple vieille femme... A un moment il y a une question qui a été posée aux enfants : « quel est le pouvoir de <i>Tamat</i> », et il y a eu deux réponses : elle a le pouvoir de la générosité et elle a le pouvoir de l'amour. Donc quand on a des réponses comme celles là on se dit qu'il y a eu rencontre. Autant avec les enfants qu'avec les personnes âgées. Çà a été un passage entre des êtres qui commencent leur vie et puis tout d'un coup, on a rencontré des êtres qui sont plutôt en fin de vie. <strong>Les rencontres ont été tout aussi étonnantes</strong>. Certains même parmi les personnes âgées se sont mis à inventer des personnages, on a eu droit à la naissance d'Albert le roi des Gangster qui est tombé quasiment raide dingue amoureux de <i>Tamat</i>, ce qui a déclenché des jalousies parmi les dames. Çà a été très riche. <strong>En fait le personnage s'éclaire par le public.</strong></p> <p><strong> <i>Tamat</i> s'inspire d'un voyage au Mali, pouvez vous revenir sur cette expérience ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> En 2005, <strong>la compagnie <i>La Calma</i> est partie au Mali pour faire un travail pédagogique auprès de jeunes maliens</strong>. On a formé 65/70 jeunes aux arts vivants : théâtre, jeu masqué, construction de masques et de marionnettes, musique. Et <strong>de là est né un spectacle, joué par ces jeunes.</strong> Nous on est venu avec notre savoir-faire et la forme, et eux ont apporté les thèmes et ont crée leur propre spectacle. Depuis, j'y suis retournée 4 fois, ça a été une rencontre assez exceptionnelle avec ces jeunes. Et puis j'ai voulu rencontrer leur famille, plus particulièrement les mamans, et les grands mères. Et là j'ai commencé à entendre<strong> des histoires, des témoignages de leur vie et peu à peu est arrivée cette histoire</strong>. Et avec la complicité de Luc Kienzel qui travaille à La Calma depuis plusieurs années et qui était aussi avec nous en 2005, on a écrit les textes de <i>Tamat</i>. <span class='spip_document_350 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH151/Sans_titre-3-6b5bb.jpg' width='100' height='151' alt="" style='height:151px;width:100px;' /></span></p> <p><strong>Un projet de retour au Mali ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> Oui, maintenant je suis un petit peu attendue donc c'est difficile de ne pas y retourner... Je continue de travailler avec un jeune groupe de comédiens qui s'est formé, qui ont décidé eux même de faire un travail sur le jeu masqué. Ils ont construit eux même leurs masques et continuent à créer des scénettes. Je pense y retourner l'année prochaine.</p> <p><strong>Vous terminez votre résidence à Henvic, quel a été l'objectif de cette résidence ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> un des <strong>objectifs était de provoquer des rencontres</strong>. Donc il y a eu deux rencontres avec les écoles, une rencontre avec les personnes âgées de la maison de retraite. un autre objectif était <strong>d'essayer des choses, on a testé le cercle ici.</strong></p> <p><span class='spip_document_349 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH157/Sans_titre-2-2-b31d6.jpg' width='100' height='157' alt="" style='height:157px;width:100px;' /></span><strong>Khadija :</strong> on dit tester parce que la première forme était une forme frontale. Le public était face au masque, face à la représentation et là d'un coup la comédienne se retrouve au centre. Alors comment gérer ce rapport au public, l'invention, la découverte et en même temps le récit de l'existence de ce personnage...</p> <p><strong>Mélissa :</strong> je dirais que petit à petit<strong> on s'est éloigné du conte et que de plus en plus on est dans la rencontre avec le public.</strong> Et ce cercle permet ça, c'est à dire que quelque part <strong>le public est acteur dans l'histoire de <i>Tamat</i> </strong>. Ce sont ses enfants, ses petits enfants, c'est comme ça que je le ressens. Le cercle permet ça. Je pense que ça ça a été la découverte de cette résidence ici à Henvic.</p> <p><strong>La prochaine étape pour Tamat ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> Continuer à jouer, il y a quelques représentation de prévues à Amiens en juin, et puis cet été, continuer à la faire vivre dans des lieux publics.</p> <p><strong>Que peut on vous souhaiter à tous ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> : De belles rencontres, des retours comme on en a eu parce que <strong>c'est très très fort quand on sent que ça fait vibrer une corde.</strong></p> <p><strong>Si je vous dit Molène, qu'est ce que ça vous raconte ?</strong></p> <p><strong>Khadija :</strong> beaucoup de bonheur</p> <p><span class='spip_document_354 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH130/Sans_titre-10-f0d4f.jpg' width='100' height='130' alt="" style='height:130px;width:100px;' /></span><strong>Eric :</strong> une grosse première étape de travail. Avant d'arriver à Molène on nous a dit vous allez voir<strong> c'est un lieu pour l'écriture.</strong> Et ça tombait très bien parce qu'en fait on venait juste de recevoir le texte sur lequel on allait travailler dans un premier temps, et le personnage et l'histoire de cette femme. Et c'est vrai que le cadre nous l'a non seulement proposé mais nous y a obligé. <strong>On était tellement calmes tellement sereins, qu'on a travaillé de manière vraiment efficace.</strong></p> <p><strong>Khadija :</strong> <strong>c'était un cadeau aussi de jouer sur une île,</strong> parce qu'on a quitté le continent, et <i>Tamat</i> c'est un personnage nomade, un personnage qui voyage.<strong> Donc on était déjà en voyage, nous, ce qui nous amenait à être plus proche du personnage.</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> oui et puis un accueil assez fabuleux aussi de la part des Molénais.</p> <p><strong>Il y a quelque chose de Molène dans Tamat ?</strong></p> <p><strong>Mélissa :</strong> je dirais qu'il y a quelque chose de très sauvage, de libre.</p> <p><strong>Eric :</strong> <strong>De toute façon il y aura dans ce personnage là, quelque chose de tous les endroits dans lesquels elle passera.</strong> C'est le principe aussi.</p> <p><span class='spip_document_352 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH150/Sans_titre-12-87ff4.jpg' width='100' height='150' alt="" style='height:150px;width:100px;' /></span><strong>David :</strong> un peu d'Henvic et un peu de Plourin</p> <p><strong>Eric :</strong> et beaucoup de Mali. Et la prochaine fois ce sera un peu d'Amiens...</p> <p><strong>Khadija :</strong> Moi je me souviens d'une chose, c'est les premières courses de <i>Tamat</i> au milieu des champs. C'est à dire que ce personnage que l'on travaille dans des salles, tout d'un coup on le voit se mettre à courir, dévaler une colline, rentrer dans l'eau, prendre des algues... Et il prend une dimension d'infini, <strong>je crois que l'infini de <i>Tamat</i>, cette vision d'immensité, de liberté, elles appartiennent à Molène.</strong></p> <p>Merci à tous les quatre de m'avoir fait rencontrer Tamat.</p> <p>Plus d'info par ici : <br /><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> <a href='http://www.lacalma.fr/compagnie/compagnie.htm' class='spip_out'>le site de La Calma</a> <br /><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/lacalma/index.htm' class='spip_out'>la page résidence du Fourneau</a> <br /><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> <a href='http://www.lefourneau.com/carnetsdevoyage/-La-Calma-au-Mali-du-5-decembre-.html' class='spip_out'>le carnet de voyage au Mali en 2006</a></p></div> Théâtre de l'invisible http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Theatre-de-l-invisible.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Theatre-de-l-invisible.html 2009-06-15T09:53:29Z text/html fr Lucie Corouge Entre théâtre et réalité, La Compagnie N°8 vient de réaliser une prestation mémorable à Henvic de Donnez-nous votre argent, où ils dénoncent avec humour un monde d'argent et d'hypocrisie. Entre deux costards cravate, rencontre avec ces phénomènes, en espérant qu'ils ne viennent pas me demander de (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L68xH100/arton63-e8629.gif" alt="" align="right" width='68' height='100' class='spip_logos' style='height:100px;width:68px;' /> <div class='rss_chapo'><p><span class='spip_document_381 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/IMG/jpg/Sans_titre-5-3.jpg' width="300" height="253" alt="" /></span>Entre théâtre et réalité, <strong>La Compagnie N°8</strong> vient de réaliser une prestation mémorable à <a href='http://www.artsdanslarue.com/lemai/2009/henvic.htm' class='spip_out'>Henvic</a> de <i>Donnez-nous votre argent</i>, où ils dénoncent avec humour un monde d'argent et d'hypocrisie. Entre deux costards cravate, rencontre avec ces phénomènes, en espérant qu'ils ne viennent pas me demander de l'argent...</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Pouvez vous revenir sur votre parcours ?</strong></p> <p><span class='spip_document_341 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH141/Sans_titre-1-a2fc9.jpg' width='100' height='141' alt="" style='height:141px;width:100px;' /></span><strong>Benoit :</strong> J'ai commencé à faire du théâtre quand j'avais 12 ans, j'ai travaillé dans une école à Bordeaux et vers 14-15 ans j'ai commencé à faire des rôles professionnels en théâtre. Et puis je suis monté à Paris pour faire l'école Jacques Lecoq, pendant 2 ans, en sortant j'ai commencé à faire un peu de théâtre dans une compagnie. Ensuite je suis rentré au Rire Médecin en tant que clown dans les hôpitaux, ce que je fais depuis 7 ans et où j'ai rencontré Alex. Et puis je continue à peu près tous les ans à faire une pièce. J'ai rencontré en parallèle une bande de réalisateurs-scénaristes-amateurs avec qui je fais des projets audiovisuels à peu près tous les ans et notamment il y a un an et demi j'ai crée une émission internet qui s'appelle <i>Ça sent le fromage</i>, une fausse émission culturelle et on a fait 65 épisodes. J'essaie de défendre ça, aujourd'hui on a un producteur et on cherche une chaine. Et puis il y a 4 ans, avec Alex on s'est dit qu'on aimerait bien bosser ensemble. Donc on est parti sur cette idée de <i>Donnez nous votre argent</i> et puis assez vite on a vu qu'on s'entendait bien qu'on se comprenais et que ça marchait bien. On a crée un petit spectacle en impro dans la rue, on l'a répété beaucoup dans la rue, plutôt qu'en salle, on a testé pas mal de trucs et le spectacle a évolué et on en est arrivé là.</p> <p><strong>Alex :</strong> je suis parisien issu du cirque, mes parents étaient dans le cirque <span class='spip_document_343 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH152/Sans_titre-4-00ddd.jpg' width='100' height='152' alt="" style='height:152px;width:100px;' /></span>depuis plusieurs générations. J'ai eu une vie un peu dans le cirque et un peu dans la vie on va dire normale, scolaire. A 18 ans j'ai raté lamentablement mon bac donc j'ai décidé de m'engager dans la voie du cirque et du spectacle. J'ai rejoint mon père aux États Unis, j'ai fait 3 ans de cirque où je touchais à tout. J'ai rencontré des clowns, des artistes de rue et c'est un peu comme ça que j'ai découvert les arts de la rue. Ça m'a bien plus et du coup je suis revenu en Europe, car c'est quand même beaucoup plus vivant qu'aux États Unis. Et là j'ai commencé à me lancer dans la rue, d'abord en solo, je suis allé de gauche à droite, j'ai fait beaucoup d'impro pendant pas mal d'années. Je suis parti à 25 ans en Italie où j'ai retrouvé Stéphie dans une compagnie de danse contemporaine. On a travaillé pendant trois ans, entre temps je me suis fait engagé au Rire Médecin, j'y suis depuis quasi 10 ans. Et il y a 4 ans avec Benoit, on discutait théâtre et on sentait un bon feeling artistique et puis on s'est dit on fait un essai, on se lance. On a fait les premières présentations de travail à Aurillac, on s'est dit on va voir si ça marche et si ça marche pas on passe à autre chose. Et ça a bien pris, on avait que 20min de spectacle très impro, très fulgurant et ça nous a donné envie de continuer.</p> <p><strong>Vous vous êtes formés en participant à « Rue Libre », vous participez à nouveau à l'évènement cette année ?</strong></p> <p><strong>Alex :</strong> oui on recommence cette année. Ce qui s'est passé cette première année de « Rue Libre », on a rassemblé 22 copains et copines toujours autours de cette thématique du business, cravate, tailleur et qui nous plait tellement. Et on a proposé pour « Rue Libre » de faire une grande déambulation sur des thèmes assez précis, on s'est bien marrés et il y a eu un bel impact. C'est là qu'on a eu une proposition de Jean-Raymond Jacob de la compagnie Oposito, de créer un vrai spectacle autour de cette déambulation. On s'est lancé là dedans et Sotteville (Sotteville-Lès-Rouen) nous a rejoint en tant que coproducteur et le Fourneau également. Là on est en pleine création depuis 3 semaines, on doit finir dans 2 semaines et on fait notre première le 16 mai à Noisy Le Sec.</p> <p><strong>Ce nouveau spectacle, <i>Homo Burocraticus</i>, reprend le même thème que <i>Donnez nous votre argent</i>, celui des hommes d'affaires, du business, d'où vous vient cette envie d'explorer ce sujet ?</strong></p> <p><span class='spip_document_342 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH150/Sans_titre-2-c74a1.jpg' width='100' height='150' alt="" style='height:150px;width:100px;' /></span><strong>Benoit :</strong> parce que c'est quelque chose qui nous choque, qui nous parle. Maintenant avec la crise, les informations, tout le monde en parle partout tout le temps. Nous depuis que l'on a commencé à travailler ensemble c'est le premier thème qui est venu. <strong>Cette absurdité de l'argent, du pouvoir, cette hypocrisie du business man</strong>, du politique et du commercial qui se ressemblaient.<strong> Cet uniforme du costard dans le monde entier, c'est tout ce monde là qu'il nous paraissait justement drôle</strong>. Sur notre site on peut voir une phrase de Léo Bassi qui dit qu'il joue en costume cravate car comme ça <strong>quand un enfant verra dans la rue un homme en cravate il dira « oh regarde maman un clown »</strong>... Donc voilà pour nous c'est un peu ça... C'est tellement absurde, qu'on a eu envie de le dénoncer.</p> <p><strong>Alex :</strong> C'est vraiment ce thème là qui nous a inspiré. On a voulu parler de ça, dénoncer certaines choses. <strong>En parler mais toujours avec de la distance, que ce soit quand même toujours du spectacle sans devenir revendicatif</strong>. Et puis on s'est dit comme Léo Bassi le dit, que <strong>plus on montrerait ces gens dans une absurdité totale</strong>, plus ça nous parlerait à nous artistiquement et <strong>plus je pense ça parlerait aussi aux gens</strong> qui nous voient. Et aussi je pense que ça doit être un grand plaisir de voir ces trois personnages qui représentent bien ces banquiers et ce monde financier en train de se fouttre des coups de mallette. Souvent des gens reviennent en nous disant « qu'est ce que je ferais bien ça à mon banquier... »</p> <p><strong>Benoit :</strong> <strong>c'est une forme d'exutoire</strong> et puis <strong>une volonté justement de casser cette image</strong> des mecs bien habillés, propres sur eux et puis en fait qui délirent, qui ne tiennent pas la route et qui sont incompétents. <span class='spip_document_382 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L300xH225/DSC08226-044c3.jpg' width='300' height='225' alt="" style='height:225px;width:300px;' /></span></p> <p><strong>Vous avez toujours travaillé dans la rue ?</strong></p> <p><strong>Benoit :</strong> non moi je n'avais jamais fait de rue avant, sauf quand j'étais adolescent j'avais participé à un gros festival international à Bordeaux, et je faisais des petits boulots pour plein de grandes compagnies de rues qui étaient bien gentilles avec le petit adolescent qui essayait. Et puis après j'ai joué deux fois avec une grande compagnie japonaise qui s'appelle <i>OM2</i> mais c'était très furtif, j'ai du faire 5 interventions dans des spectacles de rue en tout... C'est Alex qui m'a fouttu dehors !</p> <p><strong>Qu'est ce qui vous plait dans la rue ?</strong></p> <p><strong>Alex :</strong> moi ce que j'aime <strong>dans la rue c'est que c'est immédiat</strong>, même si là on est dans le cadre d'un festival, où c'est plus organisé. Mais moi j'ai commencé et avec le trio aussi on a commencé le théâtre de rue comme ça se fait encore, mais de moins en moins où on allait dans la rue et où on constituait un cercle de gens qui se disaient « c'est quoi ça ». On avait composé des petites scénettes, des jeux, beaucoup d'improvisation. C'est ça qui me plait beaucoup, c'est immédiat, c'est frais et puis surtout <strong>c'est accessible à tout le monde</strong>. On a vraiment un panel de gens qui sont le plus ouvert possible, on a des riches, des pauvres, des touristes, des enfants. <strong>Et puis j'aime bien le fait qu'on est à l'air libre.</strong></p> <p><strong>Benoit :</strong> et puis il y a <strong>une espèce de vérité dans le lieu</strong> qui fait que nous on peut partir. <strong>Du fait aussi du costard cravate, ça crée un ensemble qui fait vie normale</strong>, surtout à Paris. Quand on est sorti comme ça en costard cravate, les gens ne se disaient pas « tiens qu'est ce que c'est ». Et il y a aussi ce truc qui nous plait beaucoup c'est le théâtre de l'invisible. C'est-à-dire d'amener tout d'un coup quelque chose qui pourrait paraître normal et puis petit à petit on se dit « mais c'est quand même bizarre » et puis petit à petit on se dit « non mais attends c'est quoi se délire » et enfin « ah oui d'accord c'est un spectacle ». Et <strong>de jouer sur cette ambiguïté nous plait beaucoup</strong>. Quand on va s'asseoir, qu'on a payé sa place, qu'on a choisi d'aller au spectacle, c'est pas du tout pareil. Il y a tous les possibles qui peuvent être fait dans la rue. Les gens viennent, ils sont hyper ouverts et généreux, à se dire « qu'est ce que c'est, on laisse la chance au spectacle on verra bien ce que ça donne », et c'est ça qui est bien.</p> <p><span class='spip_document_344 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH147/Sans_titre-5-28d5f.jpg' width='100' height='147' alt="" style='height:147px;width:100px;' /></span><strong>Alex :</strong> <strong>en rue les gens sont plus à l'aise</strong> dans le sens où <strong>il y a plus d'interactivité</strong>, c'est vrai que nous on cherche ça aussi dans notre travail. On est beaucoup “sur” les gens. Il y a vraiment un échange et c'est ça que j'aime bien. C'est-à-dire qu'<strong>il y a toujours une espèce de danger mais aussi de surprise qui arrive</strong>, aujourd'hui c'est un gamin qui passe sur la piste, et bien on en joue, et c'est ça qui me plait, c'est pas “oh mon dieu y a un gamin”, au contraire, le petit « accident » qui peut arriver pour nous c'est un bonheur.</p> <p><strong>Benoit :</strong> surtout que le spectacle il n'est fait que de ça, d'accidents, de délires. La rue pour ça ça fait parti des choses qui nous plait. C'est le fait qu<strong>'il y a toujours un pourcentage d'impro, d'imprévu et puis une vraie confrontation avec le public</strong>. Même si nous on a pas envie de les mettre en jeux volontairement. Mais on a envie quand même qu'il y ai une vrai rencontre, couramment on leur parle, on déconne sur ce qu'ils sont, sur ce que l'on est. Et c'est pour ça que le thème de l'argent nous a vraiment plu. Le fait de demander réellement aux gens qu'ils nous donnent leur argent et d'attendre et d'attendre vraiment, ça ça nous plait énormément. <strong>Ça crée un espèce de faux malaise</strong>. On le joue des fois en salle, c'est intéressant mais c'est pas pareil, en rue c'est quand même génial. Il y a un vrai rapport avec tous les spectateurs. Parce que là quand on est à un festival, on est payé donc c'est différent, mais quand on joue dans la rue, à la sauvage il y a un vrai malaise “ils veulent vraiment de l'argent ? C'est la fin du spectacle ? C'est pas la fin du spectacle...” Même pour les gens je pense que c'est un moment qui est vraiment drôle. C'est ça qui est bien en rue et qu'on n'aura pas du tout de la même façon en salle.</p> <p><strong>Vous aimez cette idée du Théâtre de l'invisible, vous pouvez revenir sur ce principe ?</strong></p> <p><strong>Alex :</strong> C'est un<strong> théâtre qui était à la base revendicatif et social</strong> des années 70, expérimenté par Augusto Boal, qui était brésilien. Son idée à lui c'était de créer des scènes, plus <strong>pour mettre en confrontation des gens dans la rue, face à une situation donnée</strong>, et d'observer leur réactions. Par exemple, il a créé une scène où une femme se faisait embêter assez lourdement par deux hommes, et l'idée c'était de voir comment les gens allaient réagir et s'ils réagissaient ou pas. Ensuite il y avait toute une tournure suivant ces réactions. Nous c'est ce qui nous intéresse dans ce même mouvement. Moi quand j'ai commencé en rue j'avais le nez rouge, un costume ridicule et tout ça donc c'était clair, évident, je faisais de la rue. Les gens savaient que je venais pour faire quelque chose apparemment comique. Quand nous on est arrivés en costume cravate, le rapport était complètement différent. <strong>Si nous, on ne fait rien, les gens passent devant nous et pas une seule seconde ils ne se doutent qu'on est des artistes.</strong> Et c'est ça qui nous intéresse, c'est de savoir <strong>jusqu'à quel moment on est dans le « normal », et à quel moment on bascule dans le spectacle.</strong></p> <p><strong>Benoit :</strong> on joue sur le rapport fiction-réalité. on peut se permettre de friser avec la réalité. Ce spectacle emblématique en costume cravate, plait beaucoup aux gens, parce que jusqu'au dernier moment ils ne savent pas ce que c'est. C'est le mouvement qui fait que là, ils comprennent que c'est du théâtre.</p> <p><strong>Un souhait pour la suite ?</strong></p> <p><strong>Benoit :</strong> plein de fric, des dates.</p> <p><strong>Alex :</strong> et surtout que l'ensemble de la profession puisse continuer. Il y a beaucoup de festivals qui sautent car ils ont de en moins de soutien financier. On en a peur, on espère pouvoir continuer. <strong>Les Arts de la Rue en France c'est une exception culturelle.</strong> C'est vraiment une chance dans ce pays que cet art existe. Et c'est dommage que ça se disloque par des choix politiques. Les Arts de la Rue, c'est une exception culturelle à défendre.</p> <p>Merci à Alex et Benoît, un agréable moment avec deux cadres décontractés. Vous pourrez retrouver <i>La Compagnie N°8</i> au <a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2009/' class='spip_out'>FAR de Morlaix</a>, où elle reviendra en nombre et en costume pour <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/compagnien8/index.htm' class='spip_out'><i>Homo Sapiens Burocraticus</i></a>.</p> <p>Plus d'info <a href='http://compagnienumero8.com/' class='spip_out'>par ici</a></p></div> Théâtre d'images [Compagnie Luc Amoros] http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Compagnie-Luc-Amoros.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Compagnie-Luc-Amoros.html 2009-04-20T16:26:10Z text/html fr Lucie Corouge La Compagnie Luc Amoros, habituée de la pointe bretonne est de retour au Fourneau depuis le 1er avril, en résidence de création pour Page Blanche, le dernier né de la Compagnie. Mélange des genres, des techniques, des cultures et des images, c'est tout un programme qui s'annonce, avec en toile de (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L68xH99/arton62-18dc6.jpg" alt="" align="right" width='68' height='99' class='spip_logos' style='height:99px;width:68px;' /> <div class='rss_chapo'><p>La Compagnie Luc Amoros, habituée de la pointe bretonne est de retour au Fourneau depuis le 1er avril, en résidence de création pour <i>Page Blanche</i>, le dernier né de la Compagnie. <strong>Mélange des genres, des techniques, des cultures et des images</strong>, c'est tout un programme qui s'annonce, avec en toile de fond une <strong>volonté de susciter l'imaginaire</strong>.</p> <p>La Compagnie quitte Brest le 25 avril, il est temps alors de cuisiner Luc sur l'avancée de cette page blanche...</p></div> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_333 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH98/1_petite-da34e.jpg' width='100' height='98' alt="" style='height:98px;width:100px;' /></span><strong>Quel est ton métier ?</strong></p> <p>Je suis metteur en scène, mais c'est un peu tout metteur en scène dans ce genre de travail, disons artiste.</p> <p><strong>Une formation particulière ?</strong></p> <p>La formation de la vie, la formation du tas, de l'expérience</p> <p><strong>Depuis ta première compagnie en 1976, tu as parcouru pas mal de chemin, est ce que tu peux revenir un petit peu sur ton parcours ?</strong></p> <p>Très rapidement j'ai commencé à faire de la scène en faisant du <strong>théâtre d'ombre</strong>. Les ombres c'est une très très ancienne tradition de marionnette où l'on ne montre pas les marionnettes au public mais seulement les ombres. Cela remonte à la grande tradition de la Chine, de l'Asie du sud-est, et aussi tout le pourtours de la Méditerranée. On en voit encore quelques reliques quand on se promène dans les coins de Turquie ou de Grèce.</p> <p>Ça a commencé comme ça pendant longtemps, on a essayé de remettre à jour un théâtre d'ombre ancestral en lui donnant une connotation contemporaine. Peu à peu on est sorti de nos “castelets” pour voir ce que le théâtre d'ombre pouvait avoir comme écho dans le théâtre visuel aujourd'hui, avec des instruments plus contemporains comme la vidéo, la lumière...</p> <p>Et aujourd'hui on travaille dans un théâtre qui a une grande connotation visuelle. <strong>Notre travail est fondé sur une réflexion sur l'image</strong>, au théâtre et dans le monde où l'on vit. Dans ce monde où l'image est totalement envahissante, les spectacles que l'on propose sont des moments de petite pause, de réflexion sur le pouvoir des images.</p> <p><strong>Justement d'où te vient cette fascination pour les images ?</strong></p> <p>Cela remonte au théâtre d'ombre, c'est <strong>un théâtre où l'on s'exprime autant par l'image que par les mots</strong>. Mais l'image est fabriquée d'avance, elle est composée, ce ne sont pas les comédiens qui forment l'image c'est une peinture, un dessin qui est mis en scène. Donc il y a un travail visuel, plastique, en amont de la scène. Et évidement lorsque l'on s'attache à ce travail là, on réfléchi sur l'image, sur sa composition, sur ce qu'elle peut exprimer au public. Aujourd'hui, on vient de là.</p> <p><strong> Dans <i>Page blanche</i> ce sont ces images qui nous envahissent que tu tentes d'aborder...</strong></p> <p>C'est l'argument de départ effectivement. Ce n'est pas contre, mais dans le contexte d'aujourd'hui, où le monde est envahi d'images : des images publicitaires qui vendent plus qu'elles ne parlent, plus qu'elles n'expriment. Dans ce monde là, faire un théâtre d'image c'est nécessairement tenir compte de cet environnement.</p> <p><strong> <i>Page Blanche</i> nous invite donc à réfléchir sur ce rôle prépondérant des images. Tu aimes ça, susciter des questionnements, faire réfléchir le public ?</strong><span class='spip_document_336 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH108/Clipboard014-e7ac5.jpg' width='100' height='108' alt="" style='height:108px;width:100px;' /></span></p> <p>C'est le seul intérêt que j'ai réellement à faire ce métier là. C'est à dire qu'il y a un mot que je déteste dans le spectacle c'est le <strong>divertissement</strong>. Divertissement au sens étymologique de divertir, c'est à dire, divertir de la réalité. Je n'ai rien contre le divertissement quand il est pris au sens d'« on est là pour s'amuser et on s'amuse ensemble », et on invente des choses pour s'amuser, pour donner de la joie ; mais ce n'est pas la même chose.</p> <p><strong>Divertir de la réalité, je trouve que ce n'est pas la fonction du spectacle.</strong> Au contraire, il me semble que le spectacle, <strong>le spectacle vivant, est là pour que l'on se sente mieux dans une réalité,</strong> pour que l'on comprenne mieux la réalité où l'on est.</p> <p><strong>Vous tournez dans des salles mais aussi dans la rue pourquoi choisir la rue ?</strong></p> <p>Je n'ai pas vraiment choisi la rue. Quand on est descendu dans la rue avec notre théâtre c'était une occasion, un spectacle en particulier dont on sentait qu'il était un peu à l'étroit dans la salle. C'est une tentative qu'on a faite. Et à partir de ce moment, on a compris qu'il y avait <strong>d'autres dimensions dans la rue</strong> qui pouvaient être exploitées.</p> <p>Le regard du spectateur n'est pas tout à fait le même. Il n'a pas choisi de venir dans la rue, il y est. Alors qu'au théâtre, il y va. Donc quand il y est, il a une autre approche, il n'y a pas de rendez-vous très précis, c'est plus informel et l'on peu s'attendre à plus de surprise. Tout peut arriver, et il arrive beaucoup de chose. Quand le rendez-vous est programmé, on s'attend à quelque chose, on rumine le rendez-vous. Mais pour nous ce n'est pas exclusif, c'est une expérience parmi d'autre la rue.</p> <p><strong> Dans <i>Page blanche</i> tu utilises des toiles tendues qui « font apparaître une histoire défilante que chacun va recevoir », c'est un peu une part au rêve, à l'imaginaire, que tu laisses ?</strong></p> <p><span class='spip_document_335 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH142/Clipboard02-f197f.jpg' width='100' height='142' alt="" style='height:142px;width:100px;' /></span>Pour nous c'est très important de <strong>ne pas donner au spectateur à voir mais de donner à inventer</strong>. Ça, c'est une réminiscence du théâtre d'ombre où les signes, les images sont tellement sommaires tellement pauvres que <strong>le spectateur invente plus que ce qu'on lui montre</strong>. Ce qu'il faut, c'est trouver les bons signes, ceux qui suscitent l'imaginaire et l'invention. L'image ne doit pas être donnée complètement. Sinon elle n'a pas d'intérêt, elle est morte.</p> <p><strong>Cela veut dire plusieurs entrées possibles, de multiples histoires autours de ces images ?</strong></p> <p>Oui même si l'on ne raconte pas vraiment d'histoire. On donne des images, des textes, des petites bribes, que le spectateur va reconstituer complètement à sa propre mesure.</p> <p><strong>Peux tu me parler de ton équipe ?</strong></p> <p>Il y a une Autrichienne, un Belge et il y a même des Alsaciens, ce qui fait qu'<strong>on est complètement étendu culturellement</strong>... Il y a 6 plasticiens. Des gens que j'ai auditionné pour leur capacité à peindre d'abord, à dessiner et à chanter aussi, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Je dis ça parce que ce ne sont pas des comédiens, parmi lesquels je choisis toujours mes équipes.</p> <p>Là ce sont des plasticiens, parce que j'ai toujours demandé à mes comédiens de s'improviser plasticiens dans mes expériences, et ça donnait quelque chose de particulier. Là, j'ai eu envie de faire le chemin inverse, et j'ai demandé à des plasticiens qui sont d'habitude dans le secret de leur atelier, de se mettre en représentation, pour éprouver la chose dans l'autre sens. On va voir ce que cela va donner, je ne vais pas leur demander de faire du théâtre non plus. Mais en même temps, ils seront quand même en représentation, puisqu'ils seront devant le public à créer leurs œuvres.</p> <p>Le travail est surtout collectif, là aussi c'est une épreuve pour un peintre, un dessinateur ou un sculpteur qui d'habitude travaille tout seul. Là, lui proposer une épreuve collective, c'est particulier. J'aime bien ce genre d'expérience, où <strong>l'on met les gens en situation peu banale et où il va se passer des choses.</strong></p> <p><strong>Tu mêles beaucoup la vidéo, l'art plastique dans tes spectacles, c'est important pour toi que les personnes avec qui tu travailles soient pluridisciplinaires elles aussi ?</strong></p> <p>Ils ne le sont pas toujours mais ils le deviennent en travaillant avec nous. Le pluridisciplinaire, c'est important pour moi parce <strong>j'aime travailler sur plusieurs tableaux, j'aime travailler sur l'alchimie des disciplines.</strong> Ce que la musique peut faire avec la peinture, ce que la peinture peut faire avec le mouvement des corps, ce que le mouvement des corps peut faire avec la parole. C'est important, c'est une marque de fabrique.</p> <p><strong>En décembre tu as fait tes premiers pas en tant que comédien dans <i>Je leur construisais des labyrinthes</i>, dans le cadre du <i>Brest'ival Plein les Mirettes</i>. Tu étais sous la direction d'un metteur en scène, quelles ont été tes impressions par rapport à ce renversement des rôles ?</strong></p> <p>Ça aussi c'est une expérience. Et là, c'était la première fois que je jouais. Même si j'ai été montreur d'ombre pendant très longtemps, j'étais toujours derrière un écran et je n'étais pas vraiment à la vue du public. <span class='spip_document_339 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L300xH225/lab-851f1.jpg' width='300' height='225' alt="" style='height:225px;width:300px;' /></span> Là, c'est un travail de comédien, que je ne connaissais pas. Et je voulais le faire pour alimenter mon travail avec mes comédiens. Le metteur en scène n'était autre qu'une comédienne qui travaillait avec moi depuis longtemps. L'expérience est menée, je n'ai pas grand plaisir à le faire, je ne renouvellerai peut être pas l'expérience mais il manque encore la tournée. Le spectacle a bien marché, l'année prochaine est complète. Je n'aurai pas le choix, je vais tourner toute l'année sur les routes avec ce spectacle. Je devrai prendre du plaisir sinon ça va devenir vraiment difficile. Et je prendrai forcément du plaisir parce que c'est un manque de rodage et d'habitude qui me fait dire cela sans doute.</p> <p><strong>J'ai vu sur votre site, que votre compagnie menait un projet de réhabilitation d'une halle verrière en un lieu d'échanges artistiques à Meisenthal, c'est important pour vous d'apporter du soutien à la création et à la diffusion ?</strong></p> <p>Et c'est important aussi de s'inscrire, à un certain moment dans un territoire. On tourne tout le temps, toute l'année, il nous a paru important aussi de <strong>faire bénéficier de notre travail, tout un territoire</strong>. Et là, l'occasion nous était donnée, dans ce lieu qui était en friche et qui ne demandait qu'à s'ouvrir, d'y explorer des choses qui nous tiennent à cœur dans la Compagnie, à savoir <strong>la transmission</strong>.</p> <p>Et <strong>la transmission notamment aux enfants, est quelque chose qui me tient encore plus à cœur</strong>, et aux enfants dans l'école. C'est une mission de l'école, qui est aussi d'ouvrir à la création artistique, même si elle le fait avec réticence et pas beaucoup de moyens. Pour nous, d'aider à ce que cela puisse se faire, nous paraissait important. Et on peut le développer dans cette vieille friche qu'est Meisenthal, avec des artistes qui sont lancés toute l'année dans des projets artistiques avec des enfants dans des écoles.</p> <p>C'est le nerf de la guerre il me semble, si l'on n'éveille pas les enfants à la création artistique, je ne vois pas très bien comment on peut donner un avenir à la création artistique elle même.</p> <p><strong>Et pour leur épanouissement à eux aussi</strong></p> <p>Ne serait-ce que pour leur épanouissement bien sûr, il ne s'agit pas d'en faire des professionnels de la création. Mais la création artistique, dans son rôle d'éveil et d'épanouissement, si on ne l'aborde pas à l'école, cela me semble très difficile de l'épanouir justement.</p> <p><strong>Une petite idée de prochaine création ?</strong></p> <p>Il y en a toujours, c'est difficile à dire. D'un spectacle à l'autre, je n'ai jamais un projet comme ça qui en suit un, ça se suit naturellement. Les choses se font quand elles mûrissent. On a jamais été en peine mais c'est très rare que j'ai un projet comme ça que je retienne dans la tête et que je veuille absolument faire.</p> <p><strong>J'ai vu que c'est une anecdote lors d'un de tes précédents spectacles, <i>360° à l'ombre</i>, qui t'as amené à faire <i>Page Blanche</i>. Dans ce spectacle vous détourniez des images du public , en les filmant et en les peignant en direct en surimpression. A la fin de la représentation, une personne avait demandé à récupérer la toile où elle figurait, comme elle l'aurait fait avec un négatif photographique. Vous aviez à ce moment là, sans le vouloir, rendu réelle et matérielle une image complètement virtuelle... C'est cette anecdote qui t'as incité à aller plus loin dans ton travail...</strong></p> <p>Tout à fait, <strong>un spectacle donne toujours des idées pour une suite. Ça suscite des envies</strong>, ça déclenche des départs et après, dans le processus ça s'abandonne. <span class='spip_document_340 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L300xH225/360-45895.jpg' width='300' height='225' alt="" style='height:225px;width:300px;' /></span> Il se trouve que cette anecdote là, elle ne va absolument pas revenir. Mais en même temps c'est quand même une réflexion sur l'ensemble. Elle me fait penser au fait que <strong>nos images sont toujours éphémères</strong>. Dans <i>Page Blanche</i> on ne va pas y déroger : les plasticiens vont détruire leur page personnelle dès qu'elle sera remplie, et la lancer dans le public. Comme ça on marque le don, et c'est un peu par ça qu'on raconte l'anecdote. C'est un souvenir. L'image, elle est dans le cerveau, derrière la rétine.</p> <p><strong>Un moment fort qui t'as marqué dans toutes ces années ?</strong></p> <p>Cette anecdote m'a assez marqué par rapport à ce qu'on voulait faire. Après, il y a des anecdotes à chaque tournée, des choses assez marrantes, mais celle là m'avait marqué parce qu'elle est quand même très symptomatique de ce qui est pour nous l'image, de ce qu'elle représente en scène.</p> <p><strong>Pour finir un mot pour les mordus d'arts de la rue</strong></p> <p>Qu'ils continuent à venir nous voir surtout, et qu'ils considèrent que <strong>l'art de la rue, doit bouger de plus en plus vers un théâtre qui réfléchit à « là où il est »</strong>.</p> <p>Cette idée de divertissement est importante et à mettre au cœur des réflexions sur le spectacle, et dans la rue notamment. Parce que dans la rue, c'est un endroit où traditionnellement, il y a eu beaucoup de divertissement. On était là juste pour faire la fête, pour s'amuser. Je n'ai absolument rien contre s'amuser, mais ça a manqué longtemps quand même de, « pourquoi » et de « comment » on y était dans la rue.</p> <p><i>Merci à Luc de s'être aimablement prêté au jeu et de m'avoir ainsi donné l'occasion de remplir ma première page blanche.</p> <p>Vous pourrez découvrir Page Blanche et La Compagnie Luc Amoros en expérimentation publique, le samedi 25 avril à 18h18 au Fourneau. Pour en savoir plus :</i> <a href='http://www.lucamoros.com/' class='spip_out'>http://www.lucamoros.com/</a></p> <p><img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> La compagnie est <a href='http://www.lefourneau.com/creations/09/lucamoros' class='spip_out'>en résidence au Fourneau</a> du 1er au 25 avril</p></div> <hr /> <div class='rss_notes'><p>Un castelet est un équipement qui sert généralement à cacher le ou les marionnettistes ainsi que les objets et les mécanismes nécessaires à la représentation.</p></div> Rencontre avec Patrice Jouffroy autour de E.L.U, sa dernière création http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Rencontre-avec-Patrice-Jouffroy.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Rencontre-avec-Patrice-Jouffroy.html 2007-08-11T18:17:39Z text/html fr Carole Michel Dans la cour de l'école Diwan, tout le monde s'active autour de l'installation du décor de « E.L.U ». Ce spectacle qui met en scène une grande kermesse politique et dépeint l'envers du décor de ses personnages, est joué par le Théâtre Group' dans le cadre du FAR de Morlaix. Rencontre avec Patrice Jouffroy (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH103/arton61-2c60f.jpg" alt="" align="right" width='70' height='103' class='spip_logos' style='height:103px;width:70px;' /> <div class='rss_chapo'><p>Dans la cour de l'école Diwan, tout le monde s'active autour de l'installation du décor de « E.L.U ». Ce spectacle qui met en scène une grande kermesse politique et dépeint l'envers du décor de ses personnages, est joué par le Théâtre Group' dans le cadre du <a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2007/journal/index.htm' class='spip_out'>FAR de Morlaix</a>. Rencontre avec Patrice Jouffroy alias Jouf, figure emblématique du théâtre de rue.</p></div> <div class='rss_texte'><p><strong>Quel est ton métier ?</strong></p> <p><span class='spip_document_326 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:100px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L100xH147/jouf-da627.jpg' width='100' height='147' alt="" style='height:147px;width:100px;' /></span> <strong>Patrice :</strong> Je suis comédien intermittent du spectacle depuis fin 1992 mais je ne fais pas que du jeu, je ne suis pas vraiment directeur artistique, je suis animateur de notre compagnie et je m'occupe d'un lieu qui s'appelle l'Amuserie et d'un lieu de résidence qui s'appelle la Vache qui Rue.</p> <p><strong>Peux-tu parler de ton parcours ?</strong></p> <p>J'ai commencé à faire le con à la kermesse dans mon bled, un village paumé qui s ‘appelle Périgny. Mon père et ma mère faisaient déjà des sketches à l'époque, et moi j'ai continué avec des copains. Après j'ai fait beaucoup de théâtre amateur au lycée, des stages aussi, et au foyer rural on a lancé notre première troupe qui s'appelait « Pour sûr » car on disait tout le temps chez nous « ben pour sûr ! ».</p> <p>En 1980 on a créé notre association qui s'appelait « group' » mais comme c'était trop réducteur, on a ajouté le mot « théâtre » donc « théâtre group' », notre actuelle compagnie. On a fait notre première pièce qui s'appelait « pièces », après on a rajouté « détachées ». C'étaient des petites scénettes, on aimait bien les sketches à cette époque-là, et on a fait du théâtre sous toutes ses formes, du théâtre un peu déconnant, un peu canaille...Toujours autour de notre ville Lons-le-Saunier pendant dix ans.</p> <p>Jusqu'en 92 on était amateurs, puis semi pro pendant un an, je jouais un peu partout en solo et à plusieurs. Fin 92, on a pu accéder au statut d'intermittent et l'on a lâché nos jobs respectifs. Moi j'étais agent d'assurances, mon père l'était et mon grand père aussi. J'ai toujours fait du théâtre même pendant cette période-là. Après j'ai viré ce boulot qui ne me plaisait pas vraiment et depuis on a surtout fait du théâtre de rue, et d'autres choses en salle, des créations, mais principalement du théâtre de rue.</p> <p>Voilà et, en une dizaine d'années, on a lancé notre lieu qui s'appelle l'Amuserie et l'on fait venir des compagnies de l'extérieur sur une saison qui va d'octobre à juin. C'est un lieu permanent qui accueille des compagnies de l'extérieur à 90%.</p> <p>D'ailleurs, comme nous sommes à Morlaix, on va aller jeter un œil sur les spectacles pour voir s'il y a des compagnies que l'on pourrait programmer pour la saison prochaine. Il y a aussi des compagnies qu'on accueille en résidence dans un lieu qui s'appelle « La Vache Qui Rue » à 40 Km de Lons-le-Saunier. C'est la DRAC qui nous a proposé de reprendre le lieu qui n'a pas été créé par nous à l'origine. Ça fait donc quatre ans qu'on a repris le lieu et l'on accueille chaque année une bonne douzaine de compagnies qui viennent ensuite jouer à l'Amuserie en fin de résidence. Et l'on joue aussi nos propres créations.</p> <p><strong>Après La Jurassienne de Réparation, avec Théâtre Group' vous avez créé ELU, spectacle qui explore les travers de l'homme dans le milieu politique. Qu'est ce qui t'a amené à vouloir créer un spectacle sur ce thème ?</strong></p> <p>Ça ne s'est pas fait rapidement. La Jurassienne de Réparation non plus ! On a mis du temps, de même qu'en ce moment on est en train de chercher ce dont on va parler dans notre prochaine création. Je note des pistes, des trucs insignifiants, quelquefois c'est sur quelqu'un qui nous a fait marrer dans la rue, ou des situations qui nous intéressent, ou un milieu qui traîne dans un fond de pensée qu'on n'a pas encore exploré...</p> <p><span class='spip_document_328 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH300/elus_podium-aa911.jpg' width='400' height='300' alt="" style='height:300px;width:400px;' /></span></p> <p><strong>Vous observez le quotidien à partir duquel vous faites progressivement germer vos idées ?</strong></p> <p>Voilà, c'est ça. Et comme les élus sont des gens qu'on rencontre souvent dans notre ville, qu'on côtoie plus ou moins bien, ce n'est pas toujours facile. Le Jura est un département rural et ils sont durs à décrotter ! Il y a d'autres endroits où c'est différent, comme à Morlaix, j‘ai vu la conseillère municipale qui soutient le Far et l'on voit bien qu'elle sait de quoi elle parle. Mais il y en a d'autres... Ils ont difficiles et l'on ne se comprend pas. De là est venue l'idée de faire un spectacle sur ce thème. Mais je ne l'ai pas fait tout seul, on était plusieurs à réfléchir là-dessus et à l'écrire. Par exemple, je donne l'impulsion en disant, « on fait une création sur ce sujet ». Ensuite, on a réfléchi ensemble, on a cherché les gens avec qui l'on voulait bosser.</p> <p><strong>Vous êtes allés rencontrer des élus pour vous inspirer. Avez-vous été bien reçus et n'avez-vous pas suscité un sentiment de méfiance par rapport à votre projet de spectacle ?</strong></p> <p>Ça c'est toujours très bien passé parce qu'ils ne sont pas des monstres. C'est pour ça qu'ils peuvent être redoutables, parce que quand on affaire à un con notoire désagréable et abruti, c'est facile de l'envoyer chier. Mais les élus sont toujours des gens charismatiques, souvent pour la plupart parce qu'ils sont des chefs. Ils ont un truc en plus qui fait qu'ils ont besoin d'être chef. Après ça peut dévier et ils peuvent être pervertis par le système et par le pouvoir, mais à l'origine il y a toujours cette volonté d'être chef de classe. C'est bien mais c'est petit à petit que ça peut se mettre à déconner. Quand on les rencontre, on fait profil bas, on ne va pas dire, « on va chercher à vous coincer et vous emmerder ». Je leur avais fait un courrier sympa, d'ailleurs j'avais fait beaucoup de courriers, mais très peu finalement ont répondu à ma demande de les rencontrer. Ceux qui ont accepté ont bien senti qu'on ne cherchait pas à les piéger, on avait envie de passer une heure avec eux à discuter de leur parcours. Par exemple on a rencontré Michel Rocard et Jacques Delors qui sont des types très intelligents. C'est du haut de gamme !</p> <p><span class='spip_document_329 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L350xH291/president-28ac4.jpg' width='350' height='291' alt="" style='height:291px;width:350px;' /></span></p> <p><strong>Vous avez pu rencontrer des hommes politiques d'une telle envergure ?</strong></p> <p>Oui ! On a été reçus dans le bureau de Michel Rocard à l'Elysée et on a rencontré Jacques Delors. Ce sont des gens avec qui l'on peut discuter aisément, ça leur plaisait de parler de leur parcours. En plus on n'est pas journalistes et l'idée de faire un spectacle les séduisait et ils avaient des choses à dire là-dessus. On a rencontré Lanchon aussi, qui est originaire de Lons-le-Saunier, et des présidents de Conseil Général, ou des conseillers régionaux. Ils sont toujours heureux de parler d'eux, ils sont très cabots, ils ont envie qu'on les aime, comme les comédiens, c'est pareil. On les laisse parler d'eux-mêmes et ils sont heureux en plus qu'on fasse un spectacle sur eux et, pas sur la politique en général, ça peut être flatteur. On a cherché à les rencontrer et à voir leurs petits tics, leurs petites failles, les moments où ils peuvent être sincères ou ne pas l'être.</p> <p><strong>Vous recherchez l'homme complexe qui se cache derrière le personnage politique ?</strong></p> <p>Oui complètement. Ils se cachent beaucoup, se font beaucoup emmerder, ils prennent beaucoup de temps sur des sujets qui ne les passionnent pas forcément en tant qu'humain. Ils sont beaucoup sollicités, ils sont toujours à des meetings, ils n'ont pas forcément faim quand il s'agit de manger. Bref, je ne les excuse pas mais c'est leur vie. Ils peuvent être tout aussi ridicules pour ça qu'attendrissants.</p> <p>Dans « ELU », on les a montrés ridicules et un peu seuls, très animaux et méchants entre eux parce qu'ils veulent prendre la place de l'autre. C'est surtout comme ça qu'on a cherché à voir les choses, et pas en tant que politiques « gauche droite ». On a pas du tout démonté le système avec le discours, « il faut faire comme ceci ou comme cela ». Et le spectacle finit sur une question : « qu'est ce qui bloque ? ». La fin n'est pas très gaie...</p> <p><span class='spip_document_327 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH300/elu1-0111a.jpg' width='400' height='300' alt="" style='height:300px;width:400px;' /></span></p> <p><strong>Depuis l'année dernière, vous avez changé beaucoup de choses dans la trame du spectacle. Pourquoi et dans quelle intention ?</strong></p> <p>À Chalon dans la rue, l'année dernière, on sentait qu'il y avait un manque de construction et de logique. Il n'y avait pas vraiment d'histoire, c'était plus une succession de bidules et l'on perdait les personnages principaux du début. On a voulu les récupérer, les remettre à leur place pour que ce soit moins dilué. Ainsi on les suit beaucoup plus du début jusqu'à la fin. Il y a maintenant une intrigue, c'est-à-dire quelle est la personne qui va représenter le parti. Le souci des personnages est de savoir qui va représenter le parti aux prochaines élections. C'est là que ça montre que pour un parti, il est plus important de savoir qui va le représenter, plutôt que de savoir s'il va gagner les élections. Peu importe le programme...On montre plus des moments de coulisses.</p> <p>Scénographiquement, par rapport à l'année dernière, on a installé des tables et des chaises, on a enlevé la grande travée qui faisait penser à un défilé de mode et l'on a assis les gens car ça ressemble plus à l'ambiance meeting. Notre but est de donner un côté réaliste à cette fête de militants. Nous avons aussi retravaillé sur un ensemble de détails insignifiants, au fur et à mesure des représentations.</p> <p><strong>As-tu des idées pour une prochaine création ?</strong></p> <p>C'est pas encre très très clair. Les agents de sécu et les vigiles, ça m'intéresse parce que ce sont des gens qu'on ne voit pas. Avec Martin, on les a un peu observés et l'on y a pensé. On observe des petites choses qui nous donnent des idées. C'est ça le moteur, c'est plus dans des choses insignifiantes qu'on arrive à montrer quelque chose plutôt que dans de grandes déclarations.</p> <p><a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2007/journal/index.htm' class='spip_out'>Lisez le Journal du FAR</a></p></div> Schizophrénie artistique ? http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Schizophrenie-artistique.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Schizophrenie-artistique.html 2007-08-08T14:56:36Z text/html fr Mathieu Nihouarn Ce soir, ce sont les Jeudis du Port et les quais brestois s'apprêtent à recevoir un trublion caustique et à la gouaille d'enfer, un marin d'un genre particulier : le penn-sardine Ronan Tablantec, alias Sébastien Barrier. L'occasion est trop belle pour en savoir plus sur ce personnage qui fait parler de (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH83/arton60-1ea3c.jpg" alt="" align="right" width='70' height='83' class='spip_logos' style='height:83px;width:70px;' /> <div class='rss_texte'><p>Ce soir, ce sont les Jeudis du Port et les quais brestois s'apprêtent à recevoir un trublion caustique et à la gouaille d'enfer, un marin d'un genre particulier : le penn-sardine <strong>Ronan Tablantec</strong>, alias <strong>Sébastien Barrier</strong>. L'occasion est trop belle pour en savoir plus sur ce personnage qui fait parler de lui. Rendez-vous est pris dans un café du Port de Commerce. Et Sébastien, c'est comme Ronan, une fois qu'il prend la parole, très difficile de l'arrêter, mais cela n'est pas pour nous déplaire... Rencontre avec un artiste passionné et passionnant. <span class='spip_document_320 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L250xH155/tab_assis-3cbe7.jpg' width='250' height='155' alt="" style='height:155px;width:250px;' /></span> <strong>Quel est ton métier ?</strong></p> <p><strong>Sébastien</strong> : Je gagne ma vie et je donne un sens à ma vie en faisant des spectacles. C'est parfois comédien, c'est parfois ethnologue spontané, c'est parfois bouffon,... En vrai, mon métier c'est comédien.</p> <p><strong>Est-ce que tu pourrais revenir sur ton parcours ?</strong></p> <p><span class='spip_document_323 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH88/tablantec-bde84.jpg' width='70' height='88' alt="" style='height:88px;width:70px;' /></span>J'ai fait la fac de lettres et d'histoire au Mans, où je m'ennuyais pas mal. Je faisais déjà du théâtre avant la fac et j'ai monté une petite compagnie de théâtre amateur avec un peu de cirque et on tournait l'été, à droite à gauche. Ensuite, je suis parti à Toulouse faire une école de cirque qui s'appelle <strong>le Lido</strong>. De là, j'ai appris à jongler, vraiment mal, mais j'étais passionné par ce qui était de l' improvisation. Puis on a monté <strong>Carnage Productions</strong>, une compagnie de théâtre de rue. On a monté ensuite un trio qui s'appelait <strong><a href='http://www.artsdanslarue.com/far/1997/16_07_97.htm' class='spip_out'>Genre de Cirque</a></strong> qui a été accueilli en résidence notamment par <strong>Oposito</strong>, c'est comme cela qu'on a rencontré Claude, Michèle et la clique du <strong>Fourneau</strong> : on a tourné pendant deux-trois ans, notamment à Brest et un peu partout en Bretagne. Puis, j'ai continué à Toulouse dans une compagnie de théâtre de rue qui s'appelle <strong>Le Phun</strong>, grosse compagnie par le nombre de personnes qui y travaillent. J'ai travaillé cinq ans là-bas avec eux, une tribu, mes amis, et j'ai arrêté pour monter <strong>Tablantec</strong>, qui est une espèce de solo en partie improvisée avec ce personnage de marin-pêcheur breton un peu décadent.</p> <p>C'est un spectacle avec des numéros de cirque mais aussi beaucoup de bla-bla, dans lequel je mélange ma vie à celle du personnage. Donc vraiment deux personnes sur scène en une seule : c'est Tablantec et moi, Sébastien Barrier. Lui est breton, moi je suis sarthois. C'est un pêcheur un peu perdu et moi je suis comédien, je le dis aux gens. Je commente beaucoup ce qu'il se passe au moment du spectacle. Je célèbre le présent, <strong>je célèbre les toutes petites choses qui n'ont l'air de rien mais qui deviennent, quand elles sont placées dans un contexte de spectacle, spectaculaires</strong>.</p> <p>J'aime bien la phrase d'un plasticien : « <i> L'art, c'est ce qui rend la vie plus importante que l'art </i> ». Avec mon spectacle, j'ai la possibilité de monter en épingle de toutes petites situations, et qui deviennent beaucoup plus importantes que le spectacle lui-même. J'aime beaucoup cette phrase et j'ai l'impression de participer à cette démarche-là alors que ce n'était même pas une idée, ni un concept avant. J'en suis vraiment très heureux.</p> <p><strong>Tu sembles entretenir un lien quasi viscéral avec la rue et aimer évoluer dans l'espace public...</strong></p> <p>Je ne revendique pas d'étiquettes, ça m'est complètement égal. Tout à l'heure, on parlait de métier : quelque fois, ça me prend de faire Tablantec, de poser ma valise devant quinze personnes en pleine cambrousse... On est loin des festivals, loin des programmations rituelles et organisées et il se passe vachement de choses. Tout ce qui est hors professionnel a parfois autant de sens, sinon plus, que tout ce qui est organisé. Donc ces frontières-là, je n'essaye même plus de les situer.</p> <p>Et puis on a fait du théâtre de rue parce que c'était le<span class='spip_document_325 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH83/tablantec_vignette-133da.jpg' width='70' height='83' alt="" style='height:83px;width:70px;' /></span> seul endroit où l'on pouvait aller jouer sans être invité, c'était vraiment un terrain d'expérimentation : les gens sont dehors et on pouvait leur parler. Evidemment, j'aime bien le fait que ce soit gratuit, j'aime bien le fait que lorsque je fais la manche, ce qui m'arrive encore souvent, je croise des gens qui ne savaient pas une demi-heure avant qu'ils allaient voir un spectacle et qui restent une heure et demie à t'écouter alors qu'ils ne savaient pas du tout, qu'ils n'avaient pas prévu. <strong>Ca fait des rencontres surprenantes pour les gens, singulières et magiques</strong>.</p> <p>J'aime bien évidemment le brassage de la rue : au bout d'un moment, je me rends compte que je réunis des jeunes, des vieux, des riches, des pauvres, des blancs, des noirs et que c'est un lieu de mixité et de mélange, beaucoup plus que les théâtres malheureusement où l'on retrouve un certain public.</p> <p>J'aime bien surtout être dehors parce que ce spectacle s'est nourri des perturbations qu'il a pu rencontrer, mais c'est ce qui l'enrichit. La rue, c'est le meilleur endroit pour trouver des choses de la réalité qui viennent mettre à mal une prétendue théâtralité qui se fait noyer dans la vie parce que <strong>la vie ça mange tout. Et ça mange aussi le théâtre</strong>. C'est pour ça que j'aime être dehors et que je continuerai à être dehors.</p> <p>Mais je joue aussi sur d'autres spectacles en scène, j'aime bien aussi mais cette liberté de venir, de convoquer des gens qui ne savaient pas, c'est une rencontre très forte.</p> <p><strong>Est-ce que Sébastien Barrier et Ronan Tablantec sont à l'opposé ou y'a-t-il des points communs entre les deux ?</strong></p> <p>Il y a une expression de <a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2006/journal/tartare.htm' class='spip_out'>Jean-Georges Tartare</a>, une sorte de conteur et un monsieur qui connaît bien <strong>le Fourneau</strong>, qui raconte des histoires se nourrissant de ce qu'il vit au quotidien, il parle de <strong>schizophrénie artistique</strong>. Des fois, je ne sais pas si je suis Ronan ou Sébastien, je ne sais plus lequel des deux est l'autre. Mais ce qui est sûr, c'est que Ronan est un clown, il est habillé en clown, il a donc une liberté de parole que je n'ai pas peut-être en civil. Après, Ronan est une espèce de masque que je mets devant Sébastien mais qui ne me cache pas, parce que les oreilles dépassent !!</p> <p><span class='spip_document_324 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:135px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L135xH250/tabvertic-92662.jpg' width='135' height='250' alt="" style='height:250px;width:135px;' /></span>Le costume de Ronan et l'imposture de Ronan permet à Sébastien de s'exprimer mais Ronan n'existe pas, évidemment. Dans le spectacle, je prends bien soin de dire aux gens : « je m'appelle Sébastien Barrier », je leur dis à la fin que je suis né au Mans alors que tous croient que je suis vraiment breton, je leur dis souvent combien je suis payé, je leur dis tout ou presque. Il n'y a aucune pudeur. Quand ma femme est là, je leur présente, quand mes parents sont là, je leur présente, quand j'ai été en garde à vue après que l'on m'ait retiré mon permis de conduire, je leur raconte... <strong>C'est la vie de Sébastien qui nourrit les propos de Ronan Tablantec, mais Ronan n'existe pas, c'est certain.</strong></p> <p><strong>Quand on voit la relation que tu as avec le public pendant le spectacle, j'imagine qu'il y a quelques moments inattendus qui te sont restés...</strong></p> <p>Pendant le spectacle, je demande à un adulte de me tenir un ballon que je fais exploser avec un gros fouet en cuir. C'est impressionnant, mais pas très dangereux. Récemment, à Mulhouse, c'était un jeune inspecteur des douanes qui tenait le ballon et au fond, il y avait une bande de jeunes de Mulhouse qui devait le connaitre à mon avis. Il était en civil, très sympa. C'était un moment rigolo, et ça désamorçait la vision du mec des stups qui est forcément un connard facho. Ce sont des moments comme ça où tout le monde tombe le masque et se marre. Un jour, c'était un mec qui tenait le ballon, je fouette et il me montre qu'il lui manquait deux phalanges, des fois où je touche les gens et comme ils sont gentils, ils font semblant de pas avoir mal, il y a eu mon père sur scène,...</p> <p>Sinon, pendant le spectacle, je ne coupe pas mon téléphone (on ne sait jamais, si on m'appelle pour un contrat), alors quand le téléphone sonne, je réponds et je colle le micro au téléphone et les gens assistent à la conversation. C'est déjà arrivé que ma femme m'appelle, elle est au bout du monde, et tout le public lui dit bonjour, on a souhaité l'anniversaire de mon père il y a trois ans avec deux cent personnes qui ont dit : « <i>Bon anniversaire, papa !</i> ».</p> <p>Il y a vraiment plein de grands souvenirs : il y a eu des fois où des gens, à la fin d'une semaine de représentations, venaient pendant le spectacle m'offrir des objets devant le public, il y a des spectacles où je me rends compte que les gens sont venus me voir six fois en une semaine, qui change tout le temps. Il y a eu des centaines de choses... Il y a eu aussi un couple, une femme blanche et un homme noir, avec un dalmatien : je leur ai dit : « <i>il vous ressemble</i> »...</p> <p>J'ai joué aussi deux fois sur l'Abeille Flandre et une fois sur l'Abeille Bourbon, c'était vraiment de grands moments. Quelques temps plus tard, je joue devant le salon nautique à Paris et je suis en train de me faire virer par une espèce de connard de la sécurité parce que je jouais devant le salon, et à ce moment-là, Carlos de l'Abeille Flandre, qui avait été fait chevalier de l'ordre du mérite ou quelque chose comme ça la veille, est sorti du salon, est tombé sur moi par hasard et m'a dépatouillé des gens de la sécurité et je suis entré, accompagné de la star du salon.</p> <p>Il y a eu aussi mes neveux qui viennent dans le spectacle sur l'Ile de la Réunion : ils étaient arrivés deux jours avant pour habiter trois ans là - bas et moi j'étais arrivé le lendemain pour jouer, un hasard total. J'ai donc présenté mes neveux à 1200 personnes et ils sont devenus de vrais stars en trois minutes.</p> <p><strong>Avant de voir ton spectacle, je m'attendais à un personnage qui prendrait des distances avec son public, qui en mettrait « plein la gueule » à tout le monde mais en fait, le public rentre dans le jeu et reste une heure et demie à rire et à apprendre à apprécier ce personnage qui leur fait passer un bon moment...</strong></p> <p>C'est vrai que c'est étonnant. Mais je me moque de moi d'abord et une fois que je me suis moqué de moi, tout est ouvert. Je me moque de tout le monde et j'appuie, j'enfonce le clou et les gens en prennent plein la poire. Mais ils en redemandent. Et après, en général, ceux qui restent et qui aiment ce spectacle, ils prennent ça comme un hommage alors que je les bouscule. <strong>Mais pour se moquer des gens, il faut déjà les regarder et donc les considérer, leur dire qu'ils existent</strong>. Chaque spectacle est tellement unique : les numéros sont les mêmes, mais comme il est adapté à l'endroit, c'est un moment où on est tous ensemble et c'est ça qui touche les gens. Ca m'a quand même étonné de voir qu'ils en redemandent. Je croyais que c'était cynique, mais ça ne l'est plus du tout, c'est un vrai moment de tendresse partagé. C'est en fait un cynisme qui laisse la place à une tendresse, à une espèce de considération de l'autre...</p> <p>Lorsque j'ai joué à Mulhouse, les gens n'étaient pas du tout au courant que j'allais débarquer. C'était lors d'une fête dans un parc, très populaire, très familiale. Ils sont plutôt habitués à des concerts qu'ils n'écoutent pas trop et ensuite il y a un film qui est diffusé. J'ai vraiment eu du mal à capter leur attention et j'ai vraiment vu le public se demander : "<i>mais qui c'est ce connard ?</i>", encore plus que d'habitude ! Et au moment de la bascule, j'adore ce moment où les gens comprennent enfin et se disent « <i>Ah oui, d'accord ! Il est pas méchant, au contraire</i> ». Les gens sont touchés et à Mulhouse, les gens ont vraiment applaudi avec beaucoup de chaleur alors qu'au début du spectacle, je me suis demandé si j'allais pouvoir finir. <strong>J'aime bien ce moment où on croit que je suis méchant alors que je ne le suis pas du tout</strong>.</p> <p>Les enfants, c'est pareil, ils n'ont pas du tout peur de ce clown-là, ils viennent sur scène avec moi et pourtant, je me moque d'eux, je les enfonce, je leur promet qu'ils vont redoubler et je leur parle de leurs névroses futures, de leurs vêtements, qu'ils sont sales, qu'ils sont mal habillés. C'est le clown. Mais il y a aussi plein de tendresse sinon ça ne marcherait pas, on m'aurait déjà foutu à l'eau et je serais en train de croupir au fond du port de Douarnenez depuis longtemps. <span class='spip_document_321 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH281/enfants_carte-d4fcc.jpg' width='400' height='281' alt="" style='height:281px;width:400px;' /></span> <strong>Tu disais t'être impliqué dans d'autres compagnies : tu apprécies ce travail collectif ou tu préfères avoir ta liberté artistique et évoluer en solo ?</strong></p> <p>Je suis vraiment attaché à ce projet de Tablantec parce que je suis tout seul et c'est une grande liberté de ton, de mouvement. C'est vraiment agréable. Après, à force d'être tout seul, il ne faut pas non plus s'enfermer et sombrer dans la solitude. Les échecs, comme les succès, je les vis vraiment tout seul. Au bout d'un moment, je commence à me détendre avec tout ça. Mais ce que j'aime bien avec ce spectacle, c'est que ce n'est pas un spectacle : le côté théâtral est complètement dépouillé et c'est un moment de paroles vraiment libres et je n'arrive pas à retrouver ça dans d'autres projets où je suis plutôt comédien, où j'apprends et je dis des textes... Je ne me trouve pas très bon en plus dans ce domaine-là ! Pour l'instant, je suis vraiment beaucoup plus à l'aise avec Tablantec, je peux voyager partout. Il y a une rencontre avec les gens qui est vraiment forte.</p> <p>Lorsque je vais à l'île d'Ouessant, j'arrive tout seul là-bas, je connais personne, on me promet que je vais finir à l'eau et puis le lendemain, on me prête une baraque pendant dix jours, je vais faire du bateau avec des vieux d'Ouessant avec qui il faudrait peut-être cinq ou six ans pour les approcher en temps normal. Ca décloisonne vraiment les choses, ça rend la rencontre beaucoup plus immédiate, plus facile, du moins l'approche parce que la rencontre, ensuite, elle a lieu ou pas. <strong>C'est un vrai bonheur, cette liberté complète que je ne retrouve pas ailleurs</strong>. Je préfère ça pour l'instant.</p> <p><strong>J'ai vu que tu t'es impliqué dans la campagne <a href='http://www.tropctrop.fr/' class='spip_out'>Trop C'est Trop</a>, qui milite contre la surpopulation dans les prisons et propose des actions, notamment culturelles, en faveurs des détenus...</strong></p> <p>Je me suis impliqué rapidement mais comme toutes mes implications, elles ne durent pas ! Mais ils m'ont quand même invité à participer à quelque chose qu'ils ont fait à Lyon, mais je ne pouvais pas car je n 'étais pas là.</p> <p>J'avais joué dans une prison à Aurillac et le lendemain, j'avais croisé Bernard Bolz, qui s'occupe de cette action sur le problème de la surpopulation en milieu carcéral, et il me proposait d'animer une espèce d'agora, de conversation débridée sur les marches à Aurillac où j'ai fait une espèce de cercle avec Tablantec et ensuite il y a eu une discussion passionnante. Mais après, je n'ai pas fait grand chose de plus que ça. J'ai déjà joué en prison, je vais rejouer en prison bientôt. Jouer une fois en prison, ça marque à vie. Mais je ne suis pas très constant dans l'action avec Trop c'est Trop, malheureusement.</p> <p><strong>Et pour finir, un petit mot aux « Fourneautes » ?</strong></p> <p>Que dire aux gens qui s'intéressent aux arts de la rue ? Qu'ils ont bien raison ! C'est souvent le public qui tire le niveau de nos spectacles vars le bas, alors il faut que le public... Non, je plaisante !</p> <p>Des fois, on nous dit « <i>tu vas jouer en campagne, ils vont pas peut-être comprendre</i> », mais partout, tout le monde comprend tout. Il faut donc qu'on arrête, nous en premier, de penser que les gens sont bêtes et de mieux faire notre métier. C'est à destination des mes amis professionnels, il s'en foutent bien d'ailleurs, qui font parfois des spectacles bien plus intelligents que les miens, il y en a plein aussi qui en font des plus affligeants, mais ça, c'est pas grave. Dire aussi que je veux bien jouer encore plus dans le Finistère, de retourner sur les îles, de jouer dans les terres aussi. Quand on m'invite dans le Finistère, mes conditions sont encore moins chères que dans le reste de la France, j'ai vraiment envie de revenir ici le plus souvent possible !! <span class='spip_document_322 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L350xH153/fouet-cd29a.jpg' width='350' height='153' alt="" style='height:153px;width:350px;' /></span> Merci à Sebastien Barrier de m'avoir accordé de son temps pour cet entretien très intéressant et pour ses aptitudes verbales !!</p> <p>Vous pourrez découvrir <strong>Cirque Cynique et Maritime</strong> et Ronan Tablantec le lundi 6, le mardi 7 et le mercredi 8 août au <a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2007/journal/ronantablantec.htm' class='spip_out'>FAR de Morlaix</a>.</p></div> Quand le Chili s'invite en cuisine ! [La Patriòtico Interesante] http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Quand-le-Chili-s-invite-en-cuisine.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Quand-le-Chili-s-invite-en-cuisine.html 2007-08-01T11:38:56Z text/html fr Mathieu Nihouarn Nous sommes fin juillet et le soleil daigne-t-il enfin poser ses rayons sur la Bretagne ? En tout cas, il fait beau et chaud à Brest ! Mais les membres de La Patriòtico Interesante ne peuvent profiter totalement de ces journées ensoleillées car Les Jeudis du Port, Les Nocturnes de Saint-Brieuc et (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH82/arton59-ec756.jpg" alt="" align="right" width='70' height='82' class='spip_logos' style='height:82px;width:70px;' /> <div class='rss_texte'><p>Nous sommes fin juillet et le soleil daigne-t-il enfin poser ses rayons sur la Bretagne ? En tout cas, il fait beau et chaud à Brest ! Mais les membres de La Patriòtico Interesante ne peuvent profiter totalement de ces journées ensoleillées car <a href='http://www.lefourneau.com/jeudis/2007/index.htm' class='spip_out'>Les Jeudis du Port</a>, <a href='http://www.lefourneau.com/st_brieuc/07/index.htm' class='spip_out'>Les Nocturnes de Saint-Brieuc</a> et le <a href='http://www.artsdanslarue.com/far/2007/index.htm' class='spip_out'>FAR de Morlaix</a> se profilent à l'horizon. Avant de se diriger vers la Mairie de Brest où la compagnie est invitée, je me faufile vers Ignacio Achurra, surnommé Nacho, pour qu'il connaisse l'honneur d'être le premier artiste chilien à apparaître dans ces pages, mais surtout afin de découvrir <strong>ce directeur artistique/comédien engagé et passionné</strong>...</p> <p><span class='spip_document_319 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L350xH301/spectacle-2-7bb8b.jpg' width='350' height='301' alt="" style='height:301px;width:350px;' /></span></p> <p><strong>Quel est ton métier ?</strong></p> <p><span class='spip_document_316 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH81/ignacio3-4837b.jpg' width='70' height='81' alt="" style='height:81px;width:70px;' /></span><strong>Nacho</strong> : Je suis comédien. J'ai étudié le théâtre à l'Université du Chili. Ensuite, j'ai écrit beaucoup de pièces de théâtre. Dans la compagnie, je suis aussi directeur artistique, metteur en scène, mais j'ai d'abord étudié pour devenir comédien.</p> <p><strong>Peux-tu revenir sur le parcours de la Patriòtico Interesante ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : <strong>La Patriòtico Interesante</strong> est née par rapport aux activités que je pouvais avoir à l'Université du Chili, il y a six ans. Lors d'un mouvement de grève pour contester le système d'éducation chilien, nous avons occupé l'université pendant un mois. Grâce à cette expérience, j'ai pu rencontrer notamment Pablo, Katy et Renato. Cet esprit révolutionnaire nous a rapproché et nous avons formulé le souhait de créer une troupe de théâtre de rue qui parle des problèmes sociaux, politiques du Chili, une troupe qui se veut également populaire.</p> <p>Notre premier spectacle s'appelait « <i>La Epopeya de Juan el Crespo</i> » ( <i>L'épopée de Juan el Crespo</i> ), et nous avons remporté <strong>le prix national de la première direction artistique au Chili</strong>. Cette récompense nous a motivés pour continuer le travail. On a eu la possibilité de faire une tournée au sud du Chili, en passant par de petites villes, très pauvres, et c'était vraiment une très grande expérience. Ensuite, il y a eu d'autres spectacles dont « <i>La Guerilla Carnaval</i> », une création déambulatoire, et on a commencé à travailler sur ce spectacle, « <i>El Jabali</i> » ( <i>Le Sanglier</i>). Voilà pour cinq années de théâtre de rue.</p> <p><strong>Pourquoi privilégiez-vous l'espace public pour vous exprimer artistiquement ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : L'Université où j'ai étudié est la plus importante du pays et la plus côtée. Mais on ne travaillait pratiquement que sur scène. Un jour, j'ai travaillé avec un grand maître du théâtre-cirque chilien, <strong>Andres Del Bosque</strong> : il m'a montré un autre monde du théâtre, une autre façon de faire du théâtre, plus proche du peuple et j'ai vraiment adoré cette possibilité de faire <strong>un mélange entre discours social, politique et la qualité artistique</strong>. C'est ce que nous recherchons vraiment au sein de la compagnie.</p> <p><strong>Revenons à « <i>El Jabali</i> ». Pourquoi avoir décidé d'adapter à votre façon cette pièce de Shakespeare ?</strong></p> <p><span class='spip_document_317 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:110px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L110xH250/eljabali-847be.jpg' width='110' height='250' alt="" style='height:250px;width:110px;' /></span><strong>Nacho</strong> : La première fois que j'ai lu « <i>Richard III</i> », je l'ai adoré ! Ce texte est paradoxal : très complexe et même temps très simple ! Dans le texte original de Shakespeare il y a un antécédent fondamental qui guide toute la volonté sanguinaire de Richard III de devenir un dictateur terrible : toute cette « motivation » vient de la discrimination de sa mère qui le rejetait parce qu'il n'était pas beau, comme un sanglier. Et à partir de ce qui est, pour moi, un détail insignifiant, il est possible que de cette situation, il naît un dictateur terrible, mais aussi une violence contre la société, contre tout le monde. Pour moi, <strong>le contexte affectif, matériel est quelque chose de très important dans l'Amérique Latine</strong>. Et il peut déterminer une personne.</p> <p>En Amérique Latine, et en Europe également, il y a malheureusement une grande histoire de dictateurs. Le pire, c'est que la grande majorité des dictateurs a été choisie par le peuple et je trouve ça impressionnant. Par exemple, Bush, notre « sanguinaire contemporain », a été élu par les citoyens américains. C'est pour ça que je crois que « <i>Richard III</i> » reste une pièce très actuelle.</p> <p><strong>Ce qui fait l'originalité d' « <i>El Jabali</i> », ce sont les trois musiciens qui accompagnent les faits et gestes des comédiens sur scène. Font-ils partie intégrante de votre compagnie ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : Du spectacle et de la compagnie ! Ils participent au travail de groupe et on peut les retrouver dans les deux autres spectacles : « <i>La Epopeya de Juan el Crespo</i> » et « <i>La Guerilla Carnaval</i> ».</p> <p><strong>Avec El Jabali, on voit clairement le rapport entre modernité, avec la musique électrique, et tradition, les masques et le choix de la pièce. Est-ce voulu dès le départ ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : Notre choix artistique, c'est un mélange des traditions et du « neuf ». Il y a la grande tradition du théâtre en Europe : la Grèce, l'époque Romaine, puis le théâtre médiéval de l'Espagne, la Comedia Dell' Arte en Italie, et aussi le théâtre populaire de la France, les clowns, les saltimbanques, le cirque... cette tradition pour moi est fondamentale pour le travail avec les comédiens et les musiciens et dans le cadre de la mise en scène.</p> <p>Mais il y a aussi la tradition d'une expression populaire, une expression de la rue latino-américaine : <strong>les carnavals</strong>, comme au Brésil, en Bolivie... Tous les pays ont des carnavals qui sont très différents. Au Chili, les carnavals sont connotés très fortement par la religion catholique mais aussi par la révolution qui est précisément contre l'Eglise ! C'est assez bizarre. Nous, nous prenons les deux traditions et nous travaillons avec.</p> <p>Et le côté moderne, avec le rock, apparaît également. Mais si ça avait bien marché avec le jazz ou l'opéra, parfait. Le plus important, c'est de chercher une identité personnelle collective qui nous identifie.</p> <p><strong>Vous êtes nombreux dans la compagnie. Ce n'est pas trop difficile de travailler tous ensemble ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : C'est très spécial. Mais pour nous, le plus solide dans notre manière de travailler, c'est notre relation. Nous avons tous un métier à côté, à l'opposé du milieu dans lequel nous évoluons, et le soir, nous nous mettons à travailler sur nos créations.</p> <p>L'impératif dans notre compagnie pour que l'on continue, c'est que tout le monde aime ce que l'on fait, que <strong>tout le monde s'identifie avec le discours, l'esthétique</strong>, sinon, ce n'est pas possible. La relation humaine à l'intérieur de la compagnie, le sens de la compagnie, d'<strong>une troupe qui a une conviction et qui a une envie de combattre ce qui est mal dans notre société</strong>, voilà ce qui est important.</p> <p>Mais en même temps, c'est très fragile. Si il y a désaccord au sein de la compagnie, elle s'écroule, c'est fini. Lorsque tu as un job, si tu n'aimes pas celui qui est avec toi, ton patron, ce n'est pas grave. Dans la compagnie, il n'y a pas réellement de patron. Mon « pouvoir » de directeur artistique est plutôt imaginaire, malgré les responsabilités car on s'écoute mutuellement.</p> <p><span class='spip_document_315 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH300/groupe-2-8ee66.jpg' width='400' height='300' alt="" style='height:300px;width:400px;' /></span></p> <p><strong>Cela doit être une sacrée expérience de découvrir d'autres pays, notamment la France ?</strong></p> <p><strong>Nacho</strong> : La France a une vraie structure de travail, une<span class='spip_document_318 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH83/Ignacio4-0f0b2.jpg' width='70' height='83' alt="" style='height:83px;width:70px;' /></span> dignité pour la création artistique qui n'existe pas au Chili. Il y a beaucoup plus de développement. Pour nous, travailler dans un lieu spécifique avec de l'argent, participer au festivals,... Il y a tout ce qui faut pour faire bien le travail et c'est vraiment phénoménal, magnifique. Et l'on apprend énormément de cette expérience et de l'aide que peut donner l'Etat aux artistes, et que le Fourneau peut nous donner.</p> <p>D'un autre côté, nous avons une chose que les pays riches ont des difficultés à maintenir : <strong>la rage contre le monde, la société</strong>. Il faut avoir la rage, la nécessité, la volonté de dire les choses. Quand tu reçois ton argent, tu rentres chez toi, tu manges, tu prends le bus... Tu t'éteins un peu à l'intérieur de toi, tu te dis « il y a des problèmes, mais bon... ». Mais quand tu vis dans un pays, une société, un continent où beaucoup de choses vont très mal, il y a une volonté de combattre ces maux et de le dire, <strong>de refuser qu'il te représente</strong>. C'est une énergie qui naît de la nécessité. Mais si nous pouvons organiser des rencontres entre les structures françaises et la volonté Latino-Américaine, on peut vraiment faire de grandes choses. Et c'est pourquoi il est très important que nous travaillons en France et ici, au Fourneau.</p> <p>Merci à Nacho pour sa disponibilité et son français parfait.</p> <p><strong>La Patriòtico Interesante</strong> est en <a href='http://www.lefourneau.com/creations/07/lapatrioticointeresante/index.htm' class='spip_out'>résidence</a> au Fourneau jusqu'au 10 août.</p> <p>Plus d'infos sur :<a href='http://www.lapatrioticointeresante.cl/' class='spip_out'>www.lapatrioticointeresante.cl</a></p></div> Deux comusidiens en vadrouille [Qualité street] http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Deux-comusidiens-en-vadrouille.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Deux-comusidiens-en-vadrouille.html 2007-07-26T14:16:17Z text/html fr Mathieu Nihouarn La compagnie Qualité Street revient dans le Finistère avec « La Fleur au Fusil », une création mélangeant musique et spectacle clownesque. Profitons-en pour prendre l'enregistreur et se rendre à Plouguerneau afin de faire apparaître la compagnie rennaise pour la première fois dans ces pages. Mais une (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH82/arton58-8b47c.gif" alt="" align="right" width='70' height='82' class='spip_logos' style='height:82px;width:70px;' /> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_313 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH300/groupe-a19a6.jpg' width='400' height='300' alt="" style='height:300px;width:400px;' /></span> La compagnie <strong>Qualité Street</strong> revient dans le Finistère avec « <i>La Fleur au Fusil</i> », une création mélangeant musique et spectacle clownesque. Profitons-en pour prendre l'enregistreur et se rendre à Plouguerneau afin de faire apparaître la compagnie rennaise pour la première fois dans ces pages. Mais une question me hante : Pierre et Chtou, connu aussi sous le nom de Gilles, parlent-ils un autre langage que le « gromelot » ? Me voilà rassuré : autour d'un verre de boisson gazeuse bien connue, je m'adresse aux deux artistes et ceux-ci me comprennent et, mieux encore, me répondent dans un français parfait...</p> <p><strong>Quel est votre métier ?</strong></p> <p><strong>Pierre</strong> : <strong>Comusidien</strong> est un terme qui me convient. J'aime bien le terme d'animateur, mais pris dans son sens étymologique, c'est-à-dire « celui qui met de la vie. »</p> <p><strong>Chtou</strong> : On pourrait se dire artistes de rue, mais se proclamer artiste ça fait toujours bizarre, c'est aux autres de nous appeler ainsi s'ils le souhaitent ! Et puis c'est amusant : « artiste », ça fait prétentieux, mais tu ajoutes « de rue » et c'est l'inverse qui se produit ! « Artiste de rue » ça fait artiste pas vraiment vrai artiste, ça sonne comme artiste pas assez bon pour passer à la télé dans l'oreille de beaucoup. Pourtant jouer dans la rue est un vrai choix artistique pour nombre d'entre nous. Mais pas uniquement artistique pour tous, c'est vrai. Pour notre part je crois que nous jouons surtout où nous le pouvons car c'est notre passion de jouer, parce que les salles nous semblent fermées et froides, alors que les rues nous appartiennent et que nous avons besoin d'un théâtre vraiment populaire, un théâtre de rencontre et d'échanges.</p> <p><strong>Pouvez-vous revenir sur le parcours de Qualité Street depuis sa création ?</strong></p> <p><span class='spip_document_312 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH82/pierre-2-f03c7.jpg' width='70' height='82' alt="" style='height:82px;width:70px;' /></span><strong>Pierre</strong> : <strong>Qualité Street</strong> fêtera l'année prochaine ses 10 ans, 10 ans en liberté sur les routes... Notre direction artistique est révélée par le nom de la compagnie : mettre en oeuvre des créations à la fois populaires et de qualité. <strong>Nous avons ainsi tentés d'allier exigence artistique, professionnalisme, humanisme et proximité</strong>. Au niveau des spectacles, nous créeons le premier en 1999 : « <i>Les Champions du Bien</i> », un spectacle théâtral, humoristique et interactif, qui après neuf ans et plus de 400 représentations continue de rebondir et de rouler sa bosse partout ! En 2004, c'est La « <i>Fleur au Fusil</i> » ( clown & musique), qui arrive selon nous à maturité après une centaine de représentations. Et en 2006, « <i>La Beauté du Monde</i> » (solo théâtral), qui prend son essor actuellement.</p> <p><strong>Chtou</strong> : La compagnie pratique également la radio libre, le théâtre miroir (notre version du théâtre forum), les mises en scène, la musique à l'hopital, la création d'événements, le théâtre d'improvisation, les interventions sur mesure...</p> <p><strong>Et vous êtes également impliqués dans la Féé des Baies...</strong></p> <p><strong>Pierre</strong> : en effet, la Fédération des Arts de la Rue ! Notre implication y est simple : Gildas est le capitaine de la Fédération Bretonne des Arts de la Rue depuis sa création, sous l'impulsion de Tuchenn et du Fourneau. Depuis nous nous y investissons fidèlement avec toutes les autres compagnies bretonnes qui la constituent et qui en forment réellement la substance. La Fée des Baies est un long travail collectif, difficile à résumer en quelques mots... Toutes les infos que l'on souhaite trouver sont très bien résumés sur le site de <a href='http://www.lefourneau.com/lafederation/index.php' class='spip_out'>la Fédé</a> !</p> <p><strong>Pourquoi avoir choisi l'espace public, la rue pour s'exprimer artistiquement plutôt que la salle ?</strong></p> <p><strong>Pierre</strong> : Parce qu'on adore voir unis dans un même éclat de rire un p'tit bout de chou, une grand mère et un punk à chien, et ça, c'est dans la rue ! La salle nous plaît également, car elle permet des voyages magnifiques, mais la rue a notre préférence. On y fait plus de rencontres, et d'expériences extrêmement variées... On pourrait suivre un livre d'anecdotes...</p> <p><strong>Chtou</strong> : Dans la rue nous nous sentons libres et en contact avec le public populaire que nous voulons atteindre. L'espace public appartient à tout le monde, artistes et citoyens, c'est donc le lieu idéal de leur rencontre ! Nous jouons chez nous, au sens large !</p> <p><strong>Pourriez -vous nous dire quelques mots sur « <i>La Fleur Au Fusil</i> ».</strong></p> <p><span class='spip_document_311 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH82/gildas-0db1c.jpg' width='70' height='82' alt="" style='height:82px;width:70px;' /></span><strong>Chtou</strong> : Difficile exercice... « <i>la Fleur au Fusil</i> », c'est le rêve insensé d'un capitaine fantoche féru de music hall, assisté d'un cousin extrêmement enthousiaste, mais d'une candeur calamiteuse. Deux clowns lâchés dans un décor de métal, de bois et de velours, et qui se démènent, de catastrophes en coups de génie, pour mener leur spectacle à bien !</p> <p><strong>L'originalité du spectacle, c'est le dialogue, le contact au public qui se crée sans les mots. Pourquoi ce choix ?</strong></p> <p><strong>Chtou</strong> : C'est un spectacle en gromelot, un langage inintelligible, ce qui nous permet de toucher toutes les générations, toutes les classes sociales, y compris à l'étranger. C'était vraiment notre choix de départ, développé par Pina Blankevoort, qui a fait la mise en scène.</p> <p><strong>Vous êtes des véritables touche-à-tout de l'art de la rue. C'est nécessaire pour vous deux ?</strong></p> <p><strong>Chtou</strong> : Nous totalisons en effet moult joyeuses expériences délirantes dans divers domaines... Avec les années, nous nous sommes forgés une complicité pétrie d'humour, mais nous sommes cependant différents et éclectiques, spécialistes en rien, et <strong>notre passion scénique nous donne envie de tout essayer</strong> ! Donc nous mélangeons toutes nos compétences en cherchant toujours à en acquérir de nouvelles, et ce kaléïdoscope correspond bien au libre foisonnement de nos imaginations ! Quand à l'humour, ça, on a pas choisi... c'est en général la façon la plus pertinente que nous apprécions pour parler de choses graves, mais pour être tout à fait franc, nous ne savons pas faire autrement !</p> <p><strong>Ce n'est pas trop difficile de se retrouver sur la route la plupart de l'année ?</strong></p> <p><strong>Pierre</strong> : C'est vrai que de mai à octobre, nous sommes souvent en vadrouille. Pour Chtou, Bélinda et Gaïa, qui sont une famille, ça ne pose pas de problème. Pour les autres, ça fait partie des particularités du métier de saltimbanque, et on se connecte en famille dès que possible sur des évènements sympas !</p> <p><strong>Avant de vous laissez vous préparez, vous êtes-vous déjà penchés sur de nouveaux projets ?</strong></p> <p><strong>Pierre</strong> : Je développe un nouveau projet musicalo-théâtral en parallèle de <strong>Qualité Street</strong>. Il s'agit d'un duo en compagnie de Florent Anger, la première sera donnée à Rennes en décembre sous le chapiteau de Madame Suzie. Ça s'appelle « <i>Richesses et Mystères du Frütenland</i> », et c'est mis en scène par Philippe Chasseloup. Au programme : musique, humour, et pouvoirs extrasensoriels... <span class='spip_document_314 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH312/spectacle-a07df.jpg' width='400' height='312' alt="" style='height:312px;width:400px;' /></span> <i>Un grand merci aux deux interviewés et au reste de la compagnie pour leur disponibilité et leur gentillesse.</i></p> <p>Découvrez <strong>Qualité Street</strong> sur leur site : <a href='http://www.qualitestreet.com/' class='spip_out'>www.qualitestreet.com.</a></p></div> Tousch à tout [ Le nom du Titre] http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Tousch-a-tout-Le-nom-du-Titre.html http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/Tousch-a-tout-Le-nom-du-Titre.html 2007-06-04T15:46:22Z text/html fr Mathieu Nihouarn La rumeur enflait depuis quelques jours, les habitants de Saint-Thégonnec s'interrogeaient : un canular ? Un fou ? Un envoyé du seigneur ? En ce samedi 19 mai, Jean-Claude Fischer avait décidé que ce serait leur « Golden Day » et a donc lancé ce défi colossal : soulever l'église de Saint-Thégonnec ! (...) - <a href="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/-A-la-moulinette-.html" rel="directory">A la moulinette</a> <img src="http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH82/arton56-d53bf.jpg" alt="" align="right" width='70' height='82' class='spip_logos' style='height:82px;width:70px;' /> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_310 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH270/zicos-6f390.jpg' width='400' height='270' alt="" style='height:270px;width:400px;' /></span></p> <p>La rumeur enflait depuis quelques jours, les habitants de Saint-Thégonnec s'interrogeaient : un canular ? Un fou ? Un envoyé du seigneur ? En ce samedi 19 mai, Jean-Claude Fischer avait décidé que ce serait leur « Golden Day » et a donc lancé ce défi colossal : soulever l'église de Saint-Thégonnec ! Quelques heures avant le miracle, ce prêcheur de l'impossible m'accordait quelques minutes de son temps si précieux afin de répondre à mes questions...</p> <p><strong>Commençons par la sempiternelle question : quel est ton métier ?</strong></p> <p>Comédien professionnel.</p> <p><strong>Pourrais-tu revenir sur ton parcours ?</strong> <span class='spip_document_309 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH67/parle-3cbee.jpg' width='70' height='67' alt="" style='height:67px;width:70px;' /></span></p> <p>En 1988, j'ai commencé à faire des matches d'improvisation quand j'étais à l'IUT à Tours. Puis, peu après, j'ai découvert le cirque <strong>Archaos</strong>. Je connaissais également <strong>les Béruriers Noirs</strong> : je suis allé les voir, j'ai fait la fin de leur tournée de 1989, cinq, six concerts avec eux en Suisse et dans l'est de la France en étant clown de scène. Et ils m'ont remercié : il faut dire que j'étais plus un fan qui avait envie d'être sur scène et qui faisait n'importe quoi ! C'est là que j'ai compris que c'était un vrai métier, qu'il ne suffisait pas de jongler avec trois boules. Je suis donc parti avec <strong>Archaos</strong>, et j'étais un petit peu plus sérieux. L'aventure a duré quatre-cinq ans. Suite à cela, je me suis dit qu'il me fallait un peu plus de technique : j'ai donc pris des cours de théâtre. J'avais compris l'essence même du spectacle mais il me manquait la technique pour monter sur scène et faire ce que j'avais dans la tête. J'ai fait des stages AFDAS pendant deux ans. Et puis, j'ai galéré : je faisais des plans figurations jusqu'au jour où j'ai rencontré Pierre- Claude Artus, qui m'a initié à la cornemuse : nous avons crée ensemble notre premier duo de rue avec la collaboration du Fourneau en 1996 qui s'appelait « <i>Fred et Pierre-Claude, chanteurs sincères</i> ». Nous avons tourné sept ans avec ce spectacle, 300 - 400 représentations.</p> <p>Ensuite, j'ai monté « <i>Oui, je suis Poète</i> », ma série des « <i>Benoît</i> », le 1, le 2 que j'ai fini cette année, « <i>Le Cabaret Philosophique</i> »... Ce parcours s'est fait aussi au fil de rencontres avec des gens. Je suis resté très attaché à la rue : j'aurais pu développer le réseau « salle », mais la rue nous plaît beaucoup.</p> <p><strong>Excellente transition, Fred, car justement pourquoi avoir choisi la rue, l'espace public pour s'exprimer artistiquement ?</strong></p> <p>J'avais peur de ne pas pouvoir jouer. La rue, l'espace public permet de pouvoir jouer sans obligatoirement rentrer dans des cadres, et j'ai pu créer mes propres cadres sans être formaté par une compagnie. Avec la rue, tu y vas, tu joues et tu t'arrêtes ! Et elle me donnait l'assurance de vivre de ce métier. Au théâtre, tu es obligé d'attendre que quelqu'un t'embauche, c'est quand même un métier où il y a 90% de chômage. C'était un peu la facilité de l'emploi.</p> <p><strong>Tu sembles attaché à aider les compagnies, à mettre en place des évènements...</strong></p> <p>En fait, l'idée, c'était de se mettre ensemble pour avoir plus de moyens, pour pouvoir se payer un secrétariat, une administratrice, de se fédérer d'une certaine manière. Mais ce n'est pas si évident que cela, de se fédérer. Le but, c'est de faciliter la diffusion : on le fait avec <strong>Maria Dolorès</strong> mais ce n'est pas quelque chose vers lequel je pense aller parce que ça demande de la rigueur, de la discipline, un vrai travail de suivi.</p> <p><strong>Quel est le concept derrière « <i>La Foirce</i> », le spectacle que tu vas jouer aujourd'hui ?</strong> <span class='spip_document_308 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:70px;' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L70xH78/fred-e18a3.jpg' width='70' height='78' alt="" style='height:78px;width:70px;' /></span></p> <p>Un gros mensonge : c'est comment faire avaler des trucs énormes à des gens, tout ça grâce à la tchatche, sans jamais se démonter. C'est assez d'actualité, en période d'élection ! C'est vraiment de l'art de la dialectique, leur faire avaler des trucs énormes, en l'occurrence une église !</p> <p><strong>Ce spectacle semble différent de tout ce que tu avais pu faire avant...</strong></p> <p>Il est différent : il est culotté. J'ai toujours raconté des histoires, chanté des chansons, mais je n'ai jamais fait de numéros de performances. Là, c'est une performance dialectique, une performance technique également, soulever l'église et la reposer. C'est la première fois que je fais un spectacle qui ne peut être joué qu'en rue.</p> <p><strong>Est-ce que le spectacle évolue ?</strong></p> <p>Pour ce spectacle, on a fait le choix de ne pas le répéter en se disant : « ça passe ou ça casse ». Heureusement, c'est passé ! Après, on l'a quand même peaufiné mais la base était là, on l'a trouvé dans la rue...</p> <p><strong>C'est donc basé sur l'improvisation...</strong></p> <p>On avait mis en place des structures, j'avais déjà l'idée de la chose mais je ne savais pas ce que j'allais dire. Après, on a « nettoyé ». C'est aussi le public qui nous a aidé à construire le spectacle. Ca permet aussi de voir ce qui nous fait vraiment plaisir dans cette dimension, dans ce discours et d'y aller à fond. Et je peux te dire qu'on y va, mon petit bonhomme !</p> <p><strong>J'espère bien !!</strong></p> <p><span class='spip_document_307 spip_documents spip_documents_center' > <img src='http://www.lefourneau.com/dubruitdanslacuisine/sites/dubruitdanslacuisine/local/cache-vignettes/L400xH172/final-31dee.jpg' width='400' height='172' alt="" style='height:172px;width:400px;' /></span></p> <p><i>Entretien réalisé le samedi 19 mai 2007 à Saint-Thégonnec, quelques heures avant la troisième étape du <a href='http://www.artsdanslarue.com/lemai/2007/stthegonnec.htm' class='spip_out'>Mai des Arts</a>, autour de l'édifice religieux encore immobile.</p> <p>Pour plus d'infos : <a href='http://www.lenomdutitre.com/' class='spip_out'>www.lenomdutitre.com</a></i></p></div>