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Montbéliard

 Election municipale (mars 2001)

  "Claude Morizur lance une bonne question : et les municipales ?

On parle trop du ministère de la culture, pas assez des villes qui consacrent 23 milliards à la culture.
Beaucoup plus que le ministère, qui ne représente plus qu'un tiers des subventions attribuées, et quand on enlève le Louvre, l'opéra, la grande bibliothèque, les institutions, obèses pour la plupart, on peut parler de miettes pour les arts émergents (voir enquête de beaux arts du mois de mars, sur ce que donnent les villes pages 14 et 15 : exemple Brest, 10,6% du budget de la ville).

Et quand on parle de la revendication de 2% du budget de l'ETAT à la culture, c'est sans intérêt, puisque la politique de l'Etat est de tout donner à ses institutions, qui auraient la tâche de redistribuer, or nous sommes tous bien placés pour savoir le nombre de contrats que nous faisons chaque année dans les scènes nationales ou les maisons de la culture.

J'ai participé à France culture à une émission de 2 heures et demi samedi 17 février, sur l'enjeu culturel aux municipales, il y avait quelques maires, le ministre Duffour, Foulquié de la friche belle de mai, Buisson de la scène nationale de Combs la ville, ça n'a pas chauffé.

C'est vrai que la culture a perdu la vedette un peu partout ...

Pourtant à Montbéliard, depuis notre démission de la scène nationale, la culture a joué un rôle primordial dans le débat politique.
Le maire actuel RPR s'est fait attaquer par le PS sur son incapacité à garder des artistes, il vient de répliquer par un bulletin municipal où il consacre cinq pages couleur dont la couverture, au réveillon des boulons, selon le bulletin, véritable fête emblématique de la ville.
Or le maire refuse de confier le réveillon 2001 au théâtre de l'unité, vu les mots pas tendres échangés lors de notre départ, mais le théâtre de l'unité, pas idiot, avait déposé le titre à la propriété industrielle, donc le maire n'a pas le droit de ré éditer la fête sans nous... d'où ambiance de crise. Mais il sait bien que s'il supprime le réveillon, il perd les élections. Alors pour l'instant il se la joue grand ami des arts de la rue.

Nous espérons la victoire de la gauche, Moscovici, tête de liste, mais c'est pas fait...

Notre installation à la friche Japy d'Audincourt crée pas mal de remous, articles violents, mise en cause du coût des travaux.

Les architectes choisis en rajoutent, ils cassent, rebâtissent, c'est nul, les bâtiments rénovés ressemblent à des agences ANPE, un collectif d'artistes est en train de se constituer pour infléchir le style des travaux.

Il faudrait que l'avenir de cette friche, potentiellement, un lieu de fabrique hallucinant, revienne à la communauté d'agglomération car la municipalité d'Audincourt (17000 habitants) ne peut pas assumer à elle seule tous les travaux, mais là encore, la gauche faudrait qu'elle gagne.

Voilà, le point est fait, ces élections sont fondamentales, or bien sûr dans nos milieux de jeunes artistes post modernes, fumeurs de joints, aucun n'est inscrit sur les listes, of course..."

2° tour

Le maire sortant bat haut la main le ministre Moscovici.

Nous avions bel et bien misé sur la victoire du socialiste pour implanter notre fabrique-laboratoire dans la friche Japy. Moscovici devait devenir président de la communauté d'agglomération et était très ouvert à nos propositions. Pour nous, le tableau est une série de portes cadenassées. Bigre, comment s'en sortir ?
Morale : toutes mains que tu sers en montant, tu les retrouveras en redescendant. Il fallait être plus rusé. Nous avions voulu jouer la carte vérité, franchise, et clarté des propos.
Nous avions traité le maire de Montbéliard d'homme délabré, il ne l'oublie pas, et maintenant qu'il est réélu, il compte nous le faire payer très cher, tout en déclarant que l'heure n'est pas à la revanche.

Jacques Livchine
http://www.theatredelunite.com

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