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Discours de Jean-Raymond Jacob

Mise en ligne : mardi 15 mai 2007, auteur lafede

Texte d’ouverture de séance de Jean-Raymond Jacob, président de la fédération nationale des arts de la rue le 13 avril 2007

Je profite de l’occasion qui m’est donné de présider pour la dernière fois cette assemblée générale pour vous livrer ici ces quelques réflexions. J’ai choisi de vous les exprimer sous la forme d’un discours, celui-ci m’obligeant à rationaliser ma pensée et aura pour vous l’avantage de ne pas être trop long.

J’ai participé comme d’autres ici présents à fonder cette association ; l’assemblée constitutive s’était déroulée à Châtillon durant la manifestation du mois de septembre 1997 qu’organisaient Serge Noyelle et son équipe.

Nous étions conscients alors, qu’il devenait important d’inventer une organisation dans laquelle nous nous reconnaissions, et qui soit un outil politique nous permettant de faire entendre notre choix d’exprimer nos arts dehors, dans l’espace public, de la ville à la campagne.

Depuis sa fondation, la Fédération ne s’est pas positionnée uniquement sur le champ corporatiste. Cette volonté s’exprime dans ses statuts qui permettent à toutes personnes intéressées par nos pratiques artistiques et désireuses de s’impliquer dans nos réflexions et travaux de pouvoir le faire et d’adhérer à la fédération mais aussi par ses prises de positions sur des faits de société ou quand l’actualité le nécessite.

Nous avons débattu de l’orientation possible de notre association en syndicat, nous avons tranché et avons souhaité être à la place que nous occupons aujourd’hui, celle d’une association citoyenne défendant une façon de penser « l’art vivant » et tout ce qu’il induit au sens politique du terme. Nos positions offensives se formulent en forces de propositions ou d’actions dans le dialogue, et non en opposition.

Certes, le chemin n’est pas toujours facile, surtout quand il s’agit d’exprimer une parole plurielle. La fédération est l’antichambre de la parole collective, un lieu de débat s’inscrivant dans le paysage culturel contemporain en complémentarité avec les autres organisations professionnelles traitant du spectacle vivant. Nous sommes reconnus aujourd’hui comme des interlocuteurs sérieux par les partenaires naturels de nos métiers, et arrivons à faire venir à nos pratiques des univers qui nous méconnaissaient.

Si nous le devons à notre détermination à construire et au travail fourni par l’ensemble des conseils d’administration qui se sont succédés aux cours de ces dix dernières années, nous le devons avant tout à nos équipes artistiques, aux producteurs et diffuseurs qui, sur le territoire tous les jours oeuvrent à faire reconnaître notre pratique dans toute sa maturité. La vrai force de la Fédération et sa légitimation, c’est ce métier qui ne cesse de grandir et de tenir ses promesses artistiques.

Si certains pensent parfois que la Fédération ne sert à rien, ils se trompent. Dans l’univers qui est le nôtre, dans une société où le politique a de moins en moins de poids, qui cède la place, contraint par le pouvoir de l’argent, à la mode des pratiques libérales. La fédération est une manière de réagir collectivement, en nous organisant pour faire entendre notre vision d’une culture partagée et à la disposition de tous.

Si aujourd’hui la Fédération s’est imposée, elle n’en reste pas moins fragile à l’image de nos métiers. C’est pour cela que je reste convaincu de la nécessité de continuer à nous retrouver au sein d’une organisation permettant de faire entendre notre force de proposition dans sa diversité.

Ces trois dernières années ont été consacrées, et vous le savez, à deux gros chantiers qui ont pris énormément de temps et d’énergie. Je citerai la mise en place de la régionalisation de la Fédé, ainsi que le Temps des Arts de la rue. Ces deux chantiers ont, comme je l’ai exprimé, occupé une place importante. Mais il ne faut pas qu’ils cachent l’ensemble des tâches et missions de représentation qui font aujourd’hui la vie de la Fédération, et qu’est appelée à gérer au quotidien Pascale assistée de Virginie.

La régionalisation :

Il était important que cette phase d’évolution de la Fédé soit effective. Je dis bien évolution, car la fédé nationale se trouve aujourd’hui renforcée de la création soit de Fédérations statutaires soit de regroupements régionaux, souvent d’ailleurs animés par les membres de la Fédération nationale se trouvant sur ces territoires.

Ces organisations en région ont pour objet de répondre efficacement au processus de déconcentration et de décentralisation active que nous connaissons depuis ces dernières années. Mais aussi de concerner, sur un rapport de réalité de terrain et de proximité les équipes qui pourraient être séduites par la dynamique de la Fédération mais dont les enjeux nationaux semblent parfois trop éloignés de leurs préoccupations et des réalités locales. Il appartiendra donc aux prochains administrateurs de continuer ce travail, indispensable à la consolidation de la démarche collective que nous avons entrepris. Et il va de soi qu’il n’y aura pas de Fédération nationale forte sans s’appuyer sur des Fédérations régionales de caractère, et ce dans les deux sens.

Ce nouveau visage de la Fédération induit des modifications dans le fonctionnement de la Fédé Nationale, une mutation de celle-ci est déjà en marche. Il faudra donc de toute urgence réorienter de nouveaux objectifs ainsi que définir le rôle que devra remplir pour les années à venir la Fédération Nationale.

Le Temps des Arts de la Rue.

Nous allons arriver au terme de ce projet qui a occupé pour un grand nombre d’entre nous une bonne place dans nos agendas. Je tiens donc à saluer ici toutes celles et ceux qui se sont investis pour que soit mené à bien un projet dont la force a résidé dans le volontarisme et la ténacité que nous avons à nous faire entendre. Je souhaite aussi remercier l’administration du Ministère de la culture avec qui nous avons travaillé et nous avons toujours réussi à faire entendre nos priorités et centres d’intérêt même si parfois nos objectifs divergeaient.

Je tiens aussi à réaffirmer ici que le TAR n’a jamais été envisagé comme une panacée, et que l’on ne pouvait exiger de ce projet qu’il règle à lui seul l’ensemble des problématiques que rencontrent nos professions. Mais il est une réponse manifeste, une contribution, une manière de réagir en construisant, à l’état de fragilisation constant que connaissent les métiers du spectacle.

La Fédération a joué un rôle moteur, mais aussi modérateur dans le cadre des débats et initiatives enclenchés par le groupe de pilotage présidé par monsieur Yves Deschamps que je remercie chaleureusement pour le sérieux et toute l’implication dont il a fait preuve à l’égard de notre projet.

Il ne s’agit pas de faire un satisfecit de ce travail, mais de considérer cette action comme une graine qui est à cultiver. Ce temps des arts de la rue n’aurait aucun sens s’il était considéré comme une fin en soi, il est une étape dans la construction et dans la reconnaissance de nos pratiques artistiques.

Je souhaite rappeler que le TAR n’a pas eu pour seul vocation d’établir un travail bilatéral entre l’Etat et nous mais bien d’agir et d’ouvrir le dialogue partout en multipliant les rencontres sur l’ensemble du territoire. Il a eu aussi pour effet, et croyez-moi ce ne fut pas toujours une mince affaire, d’obliger notre métier si fort en caractères, à débattre collectivement des initiatives à prendre. Un des engagements que la Fédération avait pris était que l’ensemble des actions menées le soit dans la plus grande transparence. C’est ce que nous avons fait. A l’ordre du jour, nous allons travailler sur la journée d’action nationale du 27 octobre, je profite de ce temps qui m’est imparti, pour vous apporter ces quelques informations.

A ce jour, où en somme-nous ?

Un comité de pilotage national a été mis en place. Il est constitué des responsables des CNAR, des représentants des FD régionales, des membres de la FD, ainsi que de HLM. Il se réunit une fois par mois et a pour mission de relayer les actions et propositions émanant des différentes régions afin que puisse s’établir un programme précis de rendez-vous multiples sur l’hexagone.

La forme et les modes d’action sont totalement libres, qu’ils soient ludiques, pédagogiques ou artistiques. Il est simplement préconisé de provoquer un moment collectif dans la journée, où l’acte qui rassemble est artistique. L’union fait aussi la force. Pour qui le faisons-nous ?

Pour nous, notre public, nos partenaires, et pour nous faire connaître de ceux qui nous méconnaissent. Nous n’avons pas de commanditaire. Cette journée repose sur une démarche volontariste, sur notre capacité à savoir agir. Oui nous sommes pluriels et il y a autant de visions différentes que d’équipes qui pratiquent nos disciplines artistiques. Il faut que cette journée soit une représentation la plus proche de nos multiples façons d’écrire pour la rue.

La communication

Cette action s’inscrit dans une démarche de communication que nous souhaitons la plus large possible, avec un relais presse mettant en relief nos modes d’interventions. A cet effet, une journée de rencontres avec différentes personnalités et structures pouvant répondre à notre problématique aura lieu le 23 avril prochain. Elle est organisée par la FD et HLM. A l’issue de cette séance de travail, un groupe de travail sera établi afin d’affiner avec les personnes missionnées les propos que nous souhaitons voir tenus dans le dossier de presse et la méthode que nous souhaitons établir en terme de communication.

S’est déroulée récemment à Hors Les Murs la deuxième rencontre du comité de pilotage national du 27 octobre. Le déroulement des actions proposées, qui vous sera exprimé tout à l’heure, laisse en tous les cas entendre que sur le terrain, les équipes se mobilisent et qu’un mouvement se met en marche, alors allons y !!! Pour un acte libre, pour une action concertée déconcertante et collective, une déferlante artistique, une démonstration de force poétique, à l’image de ce que nous sommes : une profession qui a su allier la générosité du théâtre, l’énergie des gens de cirque et la liberté du poète.

J’ai souhaité comme vous le savez quitter ce jour la Présidence que j’occupe depuis trois ans, en ne me représentant pas au conseil d’administration. Je tiens à vous affirmer ici que j’ai été honoré de l’avoir fait. Et si je me retire aujourd’hui, c’est que je pense qu’à chaque temps son Président, qu’il faut aujourd’hui qu’un nouveau conseil d’administration se mette en place, que les responsabilités soient prisent par d’autres afin d’assurer aux mieux la réalité collective de notre organisation.

Et je conclurai, par une citation de Pierre Berthelot de Générik Vapeur. Nous concernant, il dit : « le spectacle de rue est la pince Monseigneur de l’art ». Je me reconnais dans cette formule qui sousentend que nous sommes entrés par effraction poétique dans le paysage artistique de l’hexagone, et que nous l’avons fait avec classe, en tenant nos promesses poétiques.

Je continue sur ce chemin, je vous remercie de m’avoir écouté.


   les statuts modifiés de la Fédé (info du 25 mars 2008)
Rapport d’activités de la Fédération en 2007 (info du 21 mars 2008)
Compte rendu de l’Assemblée Générale du 7 décembre 2007 (info du 22 janvier 2008)
Documents financiers pour l’assemblée générale du 13/04/07 (info du 16 mai 2007)
Rapport d’activités de la Fédération en 2006 (info du 11 mai 2007)
Bilan des votes Assemblée Générale du 13/04/07 (info du 11 mai 2007)
Répartition des votes de l’élection du nouveau CA (info du 11 mai 2007)
Convocation à L’assemblée Générale de la Fédération des Arts de la Rue (info du 4 avril 2007)
Compte-Rendu AG du 9/11/2006 (info du 7 décembre 2006)
Compte-rendu de l’AG de La Fédération du 6 décembre 2005 (Cirque du grand Celeste, Paris) (info du 24 janvier 2006)
Convocation à l’Assemblée Générale de La Fédération du 6 décembre 2005 (info du 9 novembre 2005)
Convocation à l’AG de la Fédération (info du 6 mai 2005)
Composition du nouveau CA de la Fédération (info du 15 novembre 2004)
Convocation à l’A.G. de novembre 2004 (info du 12 octobre 2004)
Rapport d’activités 2003 (info du 28 juillet 2004)
Convocation à l’AG du 22 avril 2004 (info du 8 avril 2004)
Compte-rendu de l’A.G. du 09/10/03 au Cirque du Grand Céleste, Paris (info du 21 octobre 2003)
AG 2003 : élections (info du 16 octobre 2003)
Convocation à l’AG du 9 octobre 2003 (info du 25 septembre 2003)
Synthèse des sujets développés à l’A.G. du 05/12/02 (info du 22 janvier 2003)
A.G 2001 (La Villette) - Compte-rendu (info du 22 novembre 2001)
A.G 2001 (La Villette) - Rapport Moral (info du 22 octobre 2001)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Programme (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Rapport Moral (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Elections (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Bilan Financier (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Naissance de la commission internationale (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Bilan de la commission "Lieux de Fabrique" (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Bilan Financier (info du 9 novembre 2000)
A.G 2000 (Moulin Fondu) - Débat (info du 17 octobre 2000)
A.G 1999 (Ivry-sur-Seine) - Rapport Moral (info du 22 octobre 1999)
A.G 1999 (Ivry-sur-Seine) - Programme (info du 22 octobre 1999)
A.G 1998 (Châtillon) (info du 20 septembre 1998)