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Arts de la rue

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LE FOURNEAU de Brest et de l'Ouest
La structuration d'un pôle de production et de diffusion

Elena Dapporto
"Les arts de la rue, portrait économique d'un secteur en pleine effervescence"
(Ed. Documentation Francaise - 2000)

L'expérience du Fourneau illustre l'articulation entre trois dimensions des lieux de fabrication : la production, la diffusion et l'action territoriale.

L'histoire du Fourneau est liée à celle de la manifestation "Grains de Folie" , la même association étant le moteur de deux expériences. Le projet de disposer d'un lieu permanent de production mûrit avec l'expérience des chantiers de construction éphémères mis en place par l'association pour fabriquer les décors et costumes des éditions "Grains de Folie". Ce besoin se précise en 1993, l'année d'accueil de l'Arène Foraine qui a demandé un effort particulier à l'équipe. Cette même année, est celle de l'élaboration du plan d'intervention pour les arts de la rue du Ministère de la culture, qui inclut la création des lieux de fabrication.

Dans ce contexte favorable, l'équipe de "Grains de Folie" prépare un projet de lieu de fabrication, s'inscrivant dans l'axe d'action préfiguré par le Ministère et mettant à profit la position de confiance acquise auprès des pouvoirs publics locaux grâce à l'expérience de "Grains de Folie". Dès 1991, la Ville de Brest avait confié à l'association la conception de "Les Jeudis du Port", une manifestation populaire d'été sur le port de commerce. La Ville met à disposition de l'association un bureau permanent sur le site. A l'issue de l'édition 1993 du festival "Grains de Folie", l'équipe décide de prendre possession d'un ancien dépôt inoccupé, propriété de la Communauté urbaine de Brest. La municipalité laisse faire.

Une fois les locaux trouvés, l'association regroupe le budget pour réaliser les premiers travaux d'aménagement et acheter du matériel techniques. Le financement est tripartite entre le Ministère de la culture (389 000 francs de crédits centraux), Conseil Régional de Bretagne (79 000 francs) et Ville de Brest qui met à disposition les locaux et prend en charge les travaux pour une valeur estimée à environ 200 000 francs.

Il est à noter que si l'engagement de la Ville est inscrit dans une convention triennale avec l'association - convention qui ne sera signée toutefois qu'en 1996 - le Ministère ne s'engage que sur une convention annuelle. La convention avec la Ville définit des objectifs pour une politique globale en faveur des arts de la rue : soutien à la création, soutien de la manifestation "Grains de Folie", ouverture du lieu de fabrication et organisation des "Jeudis du Port".

A travers le discours prononcé par l'adjoint au maire à l'inauguration du Fourneau, il est possible de saisir quelles sont les attentes de la collectivité locale. Les arts de la rue sont entendues dans une double dimension de champs de la création artistique, dont il faut soutenir la création et la pérennisation, et d'art populaire capable d'élargir les publics et de décloisonner les disciplines. Un souci de complémentarité avec les autres équipements (notamment le Quartz) et avec la tradition d'accueil des cirques déjà existante à Brest est aussi exprimé. L'élu souligne la volonté de réinvestir l'espace public dans le but de "susciter un regard différent sur l'urbanisme, l'art urbain contemporain et la citoyenneté, cohésion sociale des Brestois". La dimension festive des manifestations de rue et leurs retombées économiques et d'image pour la ville sont également citées.

Implanté dans la zone portuaire qui a subi à la fois les ravages de la guerre et ceux de la reconversion économique, le Fourneau et les "Jeudis du Port" répondent au souci de la municipalité de réhabiliter un quartier de la ville laissé à l'abandon.
L'articulation entre production et diffusion est au cœur de l'histoire du Fourneau, de "Grains de Folie", avec le partenariat de la Compagnie Oposito, jusqu'à la constitution d'un véritable réseau de diffusion pour les arts de la rue sur la région Bretagne.

Actuellement, le réseau est composé de 5 villes : Brest avec "Les Jeudis du Port", Morlaix avec le "Festival des Arts de la Rue", Saint Brieuc avec "L'Été en Fête" et les deux villages de Plougastel-Daoulas et Plouzané. Ce réseau assure une circulation des spectacles, sur l'ensemble de l'année, en été sur les trois festivals (les dates s'enchaînent sur la semaine du mercredi au vendredi), et en hiver dans les deux villages Plougastel-Daoulas et Plouzané et à Morlaix. Dans cette ville, la municipalité à signé une convention triennale avec le Fourneau pour établir une politique globale de programmation des arts de la rue.

Au niveau de la production, une trentaine de compagnies ont été accueillies depuis l'ouverture du Fourneau, en dehors des opérations "Grains de Folie". On remarque une certaine ouverture dans le choix de ces compagnies, aussi bien au niveau des genres artistiques que de la taille ou du niveau de renommée : du nouveau cirque aux petites formes de cabaret de rue en passant par des grands formats de théâtre de rue, du hip hop, mais aussi des compagnies issues de la tradition locale, comme les Bagadous de Tonnerre. On peut citer entre autre Pocheros, Cirque en Kit, Macadam Phénomènes, le Carillon, Cirqu'enflex, Artus, Théâtre Utopium, Les Nénettes, Éclat Immédiat et Durable, Transe Express, Tuchenn, la compagnie Off

Actuellement le Fourneau accueille 3 ou 4 compagnies à l'année pour des résidences de 2 à 6 semaines environ. L'accueil consiste en plusieurs aides modulés selon la nature du projet et le degré d'implication du Fourneau : mise à disposition des locaux, de matériel et des compétences de l'équipe (technique, administration, communication), prise en charge d'une partie des frais de résidence (aide évaluée entre 10 000 F et 150 000 F, selon la taille de l'équipe), organisation de présentations d'étapes de création en présence du public, préachats éventuels de représentations pour le réseau de diffusion.

La liaison entre production et diffusion se fait par la programmation des compagnies produites dans le réseau de festivals que l'association gère, mais ce lien n'est pas obligé.

L'activité de production est aussi une plate forme d'ancrage dans la réalité culturelle et sociale de la ville. Ainsi, dès 1995 le Fourneau a établi des partenariats avec l'équipement culturel majeur de la ville, le Quartz de Brest en accueillant en résidence la chorégraphe Mathilde Monnier pour la production de "L'Atelier en pièces". Cette collaboration prévoit aussi un travail de communication croisée sur les publics de chaque lieu.

Au niveau des actions culturelles de sensibilisation du public, le Fourneau a établi plusieurs collaborations avec le milieu scolaire, notamment à l'occasion de semaines consacrées au Hip Hop. Mais le projet le plus innovateur qui joint à la fois un souci d'action culturelle et de structuration au sein de la profession artistique a été la mise en place d'un Espace Culture Multimédia (ECM). Labellisé par le Ministère de la culture et recevant le soutien de plusieurs entreprises privées, l'ECM a permis de réaliser un site Internet sur les arts de la rue, qui est aujourd'hui un lieu de dialogue et d'information pour la profession. La Fédération des professionnels des arts de la rue y est notamment accueillie.

Le Fourneau gère au total (y inclus les budgets des manifestations qu'il programme) un budget de 3,78 millions de francs environ (déc. 98). Le problème essentiel que rencontre le Fourneau, comme l'ensemble des lieux de fabrication, réside dans le manque de fonds pour assurer un apport financier aux productions. Cette situation devrait être améliorée par les nouvelles mesures adoptées en 1999 par le Ministère de la culture et par la prochaine convention triennale avec la Ville de Brest.

Outre les accueils ponctuels, le Fourneau entend développer des "chantiers spécifiques" fondés sur des problématiques précises. Ces "chantiers" devraient s'appuyer sur des résidences plus articulées et longues. En novembre et décembre 1998, la compagnie 26000 couverts a par exemple travaillé sur le thème de la "culture du malentendu" en présentant deux spectacles de son répertoire, "Invité d'honneur, la Poddémie" et "Direct". Ce dernier, qui a pour thème de dénoncer les manipulations de la télévision, a fait l'objet d'une émission sur la chaîne ARTE.

Le quartier a aujourd'hui reconquit une nouvelle dynamique et un vaste plan d'immobilier résidentiel et d'activité économique va y être développé. Dans ce cadre, la rénovation ou la construction d'un nouvel espace pour le lieu de fabrication ont été évoquées ce qui permettrait de résoudre l'actuelle situation de précarité ou d'expérimenter un projet architectural expressément conçu pour les arts de la rue.

 

...Amélie Souchard (novembre 2007)
Le rôle des lieux de fabrication dans la structuration des arts de la rue : Enjeux, limites, perspectives
...Stradda (octobre 2007)
Numéro spécial Arts de la Rue
...Violaine Lemaître (septembre 2006)
Qu'on se le dise ! Les arts de la rue entre champ et contre-champ, Etude sociologique de la liste rue
...Jacques Higelin (septembre 2005)
Dans le creuset d'un "Moulin à noix"
...L'action culturelle en questions (octobre 2004)
Focus sur... Le Fourneau
...Le Ouest France (avril 2004)
Le Fourneau, port d'attache du théâtre de rue
...Les Enfants Dufourneau (septembre 2003)
Les Grains de Folie, Circus Ethiopia, Transhumance... vus par les enfants du Fourneau.
...Muriel Avrit Bougourd (Mémoire DESS - juin 2003)
Le Fourneau, L’analyse d’une quête de légitimité
...Un Autre Finistère (février 2003)
"Les Arts de la rue battent le pavé brestois"
...La Gazette des Communes (décembre 2002)
"Le Fourneau fait mijoter les Arts de la rue à Brest et Morlaix"
...Jean Philippe Quignon (Le Telegramme) (août 2002)
"Le Fourneau essaime la magie en Bretagne"
...Nadine Boursier (Ouest France) (juillet 2002)
"Arts de la rue, un tandem inventif"
...France Bleu Breiz Izel (mars 2002)
"Le Net c'est clair et net"
...La Scène (mars 2002)
"La rue tisse sa toile sur le web." E. F.
...Viva (février 2002)
"Vive les arts de la rue !" François Boënnec
...Libération (novembre 2001)
"La Fabrique de théâtre de rue." Clarisse Chassigneux
...Les Mains Libres (juin 2001)
"L'appel du Fourneau aux décideurs"
...L'Express(mai 2001)
"Les 50 qui font bouger Brest" Letizia Dannery
...Le Monde (mars 2001)
"Deux inventeurs de différence..." Vincent Durupt
...Le Magazine de la Mutuelle Nationale Aviation Marine (mai 2001)
"Les arts de la rue" JN Léost
...Viva Brest (mai 2001)
"Le Fourneau, de la Tête et les mains aux sorties de fabrique." Violaine Lauté
...Le programme d'observation des usages dans les ECM
" Le parcours d'Yffic, Gardien du Fourneau internaute." Sophie Thiévant

... Yves Neveu ( Cie 2 Rien Merci)
"La démarche du Fourneau." EcoutezTéléchargez et ecoutez

...L'AFP (septembre 2000)
"Le Fourneau, haut lieu de fabrique des arts de la rue."
... Le Magazine Fémina (septembre 2000)
"Michèle Bosseur, une femme au Fourneau"
...Elena Dapporto (Août 2000)
"La structuration d'un pôle de production et de diffusion."
"Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle en présager une nouvelle ?"
Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle en présager une nouvelle ?
Elena Dapporto (Août 2000)
...Le Point (juillet 2000)
"Claude Morizur et Michèle Bosseur, les fondus du spectacle de rue." Pierre Yves Allain
...Vincent Dréano (juin 2000)
Article paru partiellement dans la revue "Rue de la folie"
..."Théâtre(s) en Bretagne" en avril 2000
"Quelques grains de folie au Fourneau..." René Lafitte
...Le Nouvel Observateur (décembre 99)
"La force créatrice est en province". Ruth Valentini
...Sophie Tiévant (décembre 99)
Etude sur "Le Fourneau, les compagnies d'art de la rue et le multimédia".
...Le Télégramme du Dimanche (août 1999)
"Cl. Morizur et M. Bosseur saltimbanques de génie."
... Libération (octobre 1998)
"Les artistes de rue ont trouvé leur maison sur site." Rémy Fière

 


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