| Arts de la rue |
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Le nom du Fourneau Claude verse le café dans les tasses. Les Grains de Folie A l'origine, Michèle Bosseur et Claude Morizur sont des instituteurs.
Inscrits fortement dans la vie associative de leur ville, le Relecq-Kerhuon,
près de Brest. Avec leur bande de copains, ils y créent
au début des années 80 un festival d'artisanat d'art qui
accueillera plus de 50 000 personnes en 1987. Ayant invité des
compagnies de théâtre de rue au cours de ce festival, ils
imaginent alors une grande fête inhabituelle, qui commence à
4 heures du matin et qui dure 24 heures. "Grains de folie", c'était une grande plate-forme expérimentale très riche, très fructueuse, très novatrice. Les compagnies travaillaient ensemble. Les complicités qui se créaient autour de notre fête se retrouvaient dans d'autres villes. Il y a dans l'expression du visage de Michèle comme un regret. C'est avec les compagnies que nous avons décidé d'arrêter
les "Grains de Folie". Les arts de la rue avaient évolué,
ils bénéficiaient d'une certaine reconnaissance. Et il devenait
nécessaire de fonder un vrai lieu de création. Nous décidons
alors en 1993 de prendre possession d'un ancien entrepôt inoccupé
sur le port de commerce. La municipalité a fini par admettre. Le Port de Commerce Le 11 Novembre 1994, c'est à six heures du matin, avec 120 artistes,
que nous avons allumé le Fourneau, ici, au port de commerce, dans
un entrepôt désaffecté. Ce sont les artistes, les
créateurs, les compagnies de rues qui nous donnent une légitimité. Le coin de la rue Claude se lève et m'invite à le suivre. Nous nous retrouvons rapidement à visiter la fabrique, le nouveau Fourneau qui ressemble à la rue. Les peintures, réalisées par Cyril Corre, ce sont des joueurs de boule sur une place, un vélo posé contre la vitrine d'une épicerie, une mouette sur une cheminée. Et puis, des plaques de rues décrochées des murs du Vieux Fourneau, des enseignes d'hôtel ou encore un vrai car qui sert de bureau aux compagnies résidentes. C'est ici le lieu de vie des
artistes, dit Claude, ce qui ne bouge pas. Tout le reste est modelable
selon les besoins. Cet espace est conçu vraiment comme un lieu de fabrique, dit Michèle, les compagnies y sont très libres. Elles peuvent tacher le sol, les murs, donner du bruit. En ce moment, nous hébergeons les "26000 Couverts". Ils démontent leur décor pour pouvoir jouer devant le public la semaine prochaine. Michèle a le sourire qui donne au bout du monde une grandeur. Nous tenons à ce que chaque compagnie résidente rencontre le public, même si le travail qui a été réalisé n'est pas terminé. Cette rencontre doit donner lieu à une confrontation enrichissante. Elle peut s'effectuer dans le lieu du Fourneau, mais pas obligatoirement. Nous bénéficions de la proximité d'un parc à chaînes sur lequel les spectacles sont possibles. (Michèle désigne le vaste hangar dans lequel nous pénétrons
maintenant. Un pôle de création C'est en 1997 que nous avons commencé ce que nous avons appelé
les chantiers de création. "Transhumance"
de la compagnie Oposito, en collaboration avec les fabriques de Noisy,
Chalon sur Saône, Sotteville-les-Rouen, en a été le
premier. Cette politique de résidence s'est identifié à
partir 98-99, quand nous avons investi le Nouveau Fourneau. Aujourd'hui,
nous accueillons deux à trois grandes compagnies dans l'année
et cinq à six petites. Nous sommes très attentifs aux créations
nées en Bretagne, mais nous hébergeons des compagnies qui
viennent de la France entière, avec un éventail le plus
large possible. Le choix des résidences résulte toujours
d'une rencontre avec les artistes. Il faut que leur projet soit de qualité
et d'une relative maturité. Les objectifs de travail, au cours
de la résidence, doivent être précis : des décors
à construire, des répétitions à peaufiner.
De notre côté, nous faisons tout ce qu'il faut pour rendre
la réalisation de ce travail possible. Un pôle de diffusion A partir de 91, dit-elle encore, la mairie de Brest nous a demandé de préparer ce qui s'est appelé les "Jeudis du Port". Puis à Morlaix, le Festival des Arts de la Rue, tous les mercredis d'été. Chaque ville a un espace particulier avec des singularités qu'il faut connaître et exploiter. Au cours de ces journées d'été, nous ne faisons pas qu'un simple travail de programmation des artistes, nous réécrivons la ville comme un espace de liberté et de jeu. Cet espace public de liberté, reprend Claude, notre rôle, c'est de l'inventer. Parce que nous voulons rendre les projets des artistes possibles, créer des circulations nouvelles d'uvres, parce que nous avons cette exigence de ne pas tomber dans l'animatoire, de ne pas devenir de simples opérateurs d'adjoint au maire qui se croient tout permis sous prétexte qu'il finance. Travailler dans l'espace public, ça demande de l'obstination, c'est difficile. Nous sommes des sortes de fusibles. Avec ce que cela comporte de fragilité, même si la DRAC Bretagne vient de nous attribuer le statut de "scène conventionnée" avec une spécificité "Arts de la Rue" et nous exprime ainsi un signe fort de soutien. Nos destinations, dit Michèle, notamment avec Oposito et Transhumance, nous ont amenés à AdisAbeba, Weimar, Johannesburg, Edinburg. Tout en continuant dans ces directions multiples, dans les deux ou trois années à venir, nous souhaitons établir des conventions avec les petites villes du nord de la Bretagne, entre les Pays de Brest et de Morlaix, où se pose la question de l'aménagement culturel du territoire. Un pôle de ressources L'espace multimédia du Fourneau jouxte le bureau de Claude et Michèle. J'y rencontre Yffic Cloarec. Ingénieur en Informatique, il souhaitait créer un site internet. En octobre 1997, il propose à Claude et Michèle d'y raconter l'histoire des Grains de Folie, auxquels il a participé en tant que spectateur anonyme. C'est l'époque où l'association n'a plus de toit. Avec Yffic, il se sont inventés un nouvel hébergement sous forme de site. Et puis, très vite, la compagnie Oposito, partie en Ethiopie pour créer un spectacle "Rhinocéros 98", laisse apparaître la nécessité de créer un journal de bord, mis en ligne chaque semaine sur le site du Fourneau. L'histoire du Fourneau s'écrit désormais au présent, sur le site, qui se développe rapidement. Il contient aujourd'hui plus de 1000 pages, et accueille d'autres compagnies : Oposito, Décor Sonore. Et chaque résident bénéficie d'une demi-journée de formation. Le net, au Fourneau, c'est bien sûr la possibilité de formation pour les artistes résidents, un outil de promotion pour les compagnies de rue. Mais Yffic Cloarec souhaite également les inciter à la création sur Internet, ainsi que couvrir les événements festifs dans la ville à l'occasion des festivals d'été, à l'aide de web-trotteurs, en collaboration avec les maisons de quartiers de la ville. Le Fourneau ayant en outre obtenu l'appellation d'Espace Culture Multimédia, chacun peut maintenant venir se connecter librement. Le Web est un nouvel espace public. Plus de 500 personnes se connectent quotidiennement sur le site du Fourneau, qui s'invente chaque jour de nouveaux terrains de jeu. Sur le web, les arts de la rue sont encore dans la rue. C'est Claude qui a parlé. Et les crêpes... Jean-Michel s'approche de moi et se penche, pour changer. Ta crêpe, tu la veux andouille ou champignons béchamel ? Jean-Michel était là pour terminer les gradins des 26 000 Couverts pendant que d'autres, toutes générations confondues, au bureau, remplissaient des enveloppes en riant. Ils font partie de ce qu'on appelle ici les "Proches DuFourneau". C'est le soir des crêpes, qui rassemble tout le monde, pour fêter, comme chaque fois, le départ du la Compagnie résidente. C'est le soir des doux cadeaux d'adieu, tandis que Claude, les lunettes sur la tête, un peu fatigué, peut-être, reste debout, immobile, comme un phare. Jean-Michel qui garde un souvenir ému de Thérèse, la poule Mélomane des Tournées Fournel, découvre sous son fichu, accrochée ferme à son socle, et attraction du port, sa cousine, Denise, moule pétomane. Michèle me parle de tous ceux qui sont là. Elle veut me dire quelques mots sur le vrai gardien du Fourneau, l'autre Yffic. Sa façon de soulever son chapeau devant les dames importantes. De proposer du poisson frais aux artistes. Je comprends, à l'entendre, que Claude appelle cela une "aventure de citoyens passionnés" et ce que les compagnies trouvent de si singulier au Fourneau. Je comprends pourquoi Pierre Berthelot de Générik Vapeur définit l'endroit comme "un lieu d'aisance artistique". Je comprends, après les déménagements successifs, les galères, le désespoir, pourquoi Michèle dit qu'elle a l'impression d'avoir vécu plusieurs vies, et qu'elle est fière d'avoir survécu. Je saisis, un instant, toute leur obstination, et leur chaleur, cette beauté. Et je n'ose plus poser de questions. |
| ...Amélie Souchard (novembre 2007) Le rôle des lieux de fabrication dans la structuration des arts de la rue : Enjeux, limites, perspectives |
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| ...Stradda (octobre 2007) Numéro spécial Arts de la Rue |
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| ...Violaine Lemaître (septembre 2006) Qu'on se le dise ! Les arts de la rue entre champ et contre-champ, Etude sociologique de la liste rue |
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| ...Jacques Higelin (septembre 2005) Dans le creuset d'un "Moulin à noix" |
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| ...L'action culturelle en questions (octobre
2004) Focus sur... Le Fourneau |
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| ...Le Ouest France (avril 2004) Le Fourneau, port d'attache du théâtre de rue |
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| ...Les Enfants Dufourneau (septembre 2003) Les Grains de Folie, Circus Ethiopia, Transhumance... vus par les enfants du Fourneau. |
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| ...Muriel Avrit Bougourd (Mémoire
DESS - juin 2003) Le Fourneau, L’analyse d’une quête de légitimité |
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| ...Un Autre Finistère (février
2003) "Les Arts de la rue battent le pavé brestois" |
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| ...La Gazette des Communes (décembre 2002) "Le Fourneau fait mijoter les Arts de la rue à Brest et Morlaix" |
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| ...Jean Philippe Quignon (Le Telegramme) (août
2002) "Le Fourneau essaime la magie en Bretagne" |
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| ...Nadine Boursier (Ouest France) (juillet 2002) "Arts de la rue, un tandem inventif" |
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| ...France Bleu Breiz Izel (mars 2002) "Le Net c'est clair et net" |
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| ...La Scène (mars 2002) "La rue tisse sa toile sur le web." E. F. |
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| ...Viva (février 2002) "Vive les arts de la rue !" François Boënnec |
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| ...Libération (novembre 2001) "La Fabrique de théâtre de rue." Clarisse Chassigneux |
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| ...Les Mains Libres (juin 2001) "L'appel du Fourneau aux décideurs" |
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| ...L'Express(mai 2001) "Les 50 qui font bouger Brest" Letizia Dannery |
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| ...Le Monde (mars 2001) "Deux inventeurs de différence..." Vincent Durupt |
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| ...Le Magazine de la Mutuelle Nationale Aviation
Marine (mai 2001) "Les arts de la rue" JN Léost |
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| ...Viva Brest (mai 2001) "Le Fourneau, de la Tête et les mains aux sorties de fabrique." Violaine Lauté |
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| ...Le programme d'observation des usages dans
les ECM " Le parcours d'Yffic, Gardien du Fourneau internaute." Sophie Thiévant |
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| ... Yves Neveu ( Cie 2
Rien Merci) |
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| ...L'AFP (septembre 2000) "Le Fourneau, haut lieu de fabrique des arts de la rue." |
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| ... Le Magazine Fémina (septembre 2000) "Michèle Bosseur, une femme au Fourneau" |
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| ...Elena Dapporto (Août 2000) "La structuration d'un pôle de production et de diffusion." "Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle en présager une nouvelle ?" |
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| Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle
en présager une nouvelle ? Elena Dapporto (Août 2000) |
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| ...Le Point (juillet 2000) "Claude Morizur et Michèle Bosseur, les fondus du spectacle de rue." Pierre Yves Allain |
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| ...Vincent Dréano (juin 2000) Article paru partiellement dans la revue "Rue de la folie" |
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| ..."Théâtre(s) en Bretagne"
en avril 2000 "Quelques grains de folie au Fourneau..." René Lafitte |
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| ...Le Nouvel Observateur (décembre 99) "La force créatrice est en province". Ruth Valentini |
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| ...Sophie Tiévant (décembre 99) Etude sur "Le Fourneau, les compagnies d'art de la rue et le multimédia". |
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| ...Le Télégramme du Dimanche (août
1999) "Cl. Morizur et M. Bosseur saltimbanques de génie." |
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| ... Libération (octobre 1998) "Les artistes de rue ont trouvé leur maison sur site." Rémy Fière |