| Arts de la rue |
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Genèse du Fourneau et de son ECM L'origine du Fourneau remonte au milieu des années 70 dans une petite commune de la communauté urbaine de Brest, Le Relecq-Kerhuon, au sein d'un groupe d'enseignants parmi lesquels Michèle Bosseur et Claude Morizur : "On était jeunes, et on avait envie de faire des choses. On a relancé l'association du 'Patronage laïque du Relecq-Kerhuon' qui était alors moribonde ; on a organisé, pendant sept ans, un festival d'art, 'la tête et les mains', qui a connu un énorme succès : 50 000 visiteurs chaque année. Ensuite, il y a eu une rencontre choc, en 1987, avec Jean-Raymond Jacob et la compagnie Oposito de Noisy-le-Sec. Ca nous a donné envie de changer et on a créé une fête, 'Grains de Folie', qui démarrait à 4 heures du matin et durait 24 heures. La première année, ça a très bien marché. Mais la deuxième année, il a plu et on s'est retrouvé avec 200 000 F de dettes sur le dos ". La fête est alors accueillie par la municipalité de Plougastel, ce qui permet à l'association organisatrice d'éponger sa dette. Au début des années 90, Grains de folie est choisie par la mairie de Brest pour concevoir les "Jeudis du port", une manifestation qui se tient sur le port chaque jeudi, en juillet et en août. L'association s'installe dans un bâtiment du port de Brest qu'elle baptise "Le Fourneau", clin d'il à l'activité charbonnière des Dockers et à la cantine ouvrière de la Pyrotechnie de St Nicolas toute proche. Elle y accueille des compagnies en résidence et y monte divers spectacles. En avril 98, l'équipe s'installe dans deux autres bâtiments du port : l'un accueille des compagnies en résidence (le magasin Del@rue, 1000 m²), l'autre, l'ECM et l'administration (la boutique, 50 m², 5 machines). Les résidences de compagnie durent de dix jours à trois semaines ; les artistes sont logés et nourris et des moyens techniques de fabrication sont mis à leur disposition. En plus des Jeudis du port, le Fourneau est, depuis trois ans, l'organisateur du FAR (Festival des Arts de la Rue) de Morlaix . Le Fourneau gère un budget de l'ordre de 4 MF incluant l'achat et la diffusion des spectacles. Depuis 1997, Michèle Bosseur et Claude Morizur, anciens instituteurs, s'y consacrent à plein temps. Quatre autre personnes, emplois-jeunes et temps partiels, se chargent de l'administration, du secrétariat, du téléphone et de l'accueil. Le Fourneau fait aussi appel, en fonction des besoins, à une quinzaine de techniciens (photographes, vidéastes, éclairagistes, cuisiners), intermittents du spectacle. Yffic, ancien docker retraité qui incarne le lien avec les anciennes activités du port, assure bénévolement le gardiennage de la fabrique. Un autre Yffic (Cloarec) est le gardien du virtuel Plus jeune et informaticien, il est le webmestre du site Web et l'animateur de l'ECM. Enfin, le Fourneau rassemble autour de lui un groupe de fidèles, une cinquantaine de personnes, amis de longue date qui se mobilisent en fonction des besoins. L'ECM accueille un public d'usagers individuels de façon régulière et ponctuellement lors des manifestations qu'il organise : jeudis du port, Z'maine des cultures urbaines, fête de l'Internet, etc. Ses moyens sont également mis à la disposition des compagnies pendant leur résidence. A l'occasion, il soutient des projets artistiques personnels comme par exemple celui de deux jeunes étudiantes de l'école des Beaux-Arts de Brest parties à la rencontre d'artistes plasticiens népalais. Dans un premier temps, le dispositif permanent était plutôt tourné vers les compagnies d'arts de la rue et le dispositif ponctuel vers le grand public. Mais avant la fin de l'année 1999, dans le but de rationaliser l'utilisation des machines pour ces deux catégories de public, les usagers individuels devraient être accueillis de façon quasi-permanente dans la boutique tandis que les compagnies en résidence disposeront d'un poste, connecté à une ligne Numeris, dans un ancien bus de transport scolaire, stationné dans le hangar, qui fera office de bureau. L'analyse suivante porte exclusivement sur les activités de l'ECM directement liées au milieu des compagnies d'arts de la rue, qu'elles soient accueillies en résidence ou programmées dans les festivals que monte le Fourneau, à Brest et ailleurs. Arts de la rue et multimédia Quelle relation entre les arts de la rue et les technologies d'information et de communication ? Ces technologies peuvent être utilisées par les artistes de la rue, comme par tout le monde, comme outils de gestion ou de promotion. Mais on peut, a priori, s'interroger sur l'existence d'une relation spécifiquement artistique. Pourtant, l'observation des pratiques au Fourneau montre que, dans les faits, la relation entre multimédia et arts de la rue va au-delà de ces premières intuitions. Et là encore, la généalogie de la rencontre entre les deux disciplines, dans le contexte du Fourneau, va nous aider à la comprendre. Le Fourneau est la seule fabrique à avoir adopté les nouvelles technologies dans son fonctionnement quotidien ; mais cette particularité n'était pas inscrite, dès le départ, dans son histoire : "Au début, dans notre groupe, on avait tendance à rejeter les nouvelles technologies . On disait : oh lui ! il est toujours fourré sur le Minitel ou l'ordinateur ! les nouvelles technologies, ça tue la convivialité A la fin de l'année 1997, lorsque le premier Fourneau a été démoli, nous n'avions plus de toit. Et quand on n'a plus de toit, on se projette dans l'imaginaire C'est là qu'on a pensé à un site Web parce qu'on avait rencontré Yffic Cloarec qui avait suivi les "Grains de Folie" et il avait envie de créer un site. Alors, on s'est inventé un nouvel hébergement sous forme d'un site : il est présenté sur la photo du 31 décembre 97 : on est tous devant la porte de l'ancien Fourneau qui devait être démoli mais au-dessus de laquelle on a inscrit notre adresse virtuelle www.lefourneau.com qui, elle, nous fournissait un toit, une domiciliation ".
Aujourd'hui, plus personne ne doute de la compatibilité entre nouvelles technologies et convivialité. Mais le fond de la relation entre les deux univers, apparemment si étrangers l'un à l'autre, reste une question ouverte. Une formule à double sens traduit bien la perplexité et les espoirs qui l'entourent : "Quand les artistes de rue seront sur Internet, ils ne seront plus dans la rue...". A partir de 1998, c'est dans l'action que le rôle des technologies pour les arts de la rue va progressivement se préciser. Le déclic se produit à l'occasion d'un voyage en Ethiopie organisé avec la compagnie Oposito, "Rhinocéros 98", dont l'un des buts est de former de jeunes éthiopiens aux arts de l'acrobatie. Le journal de bord du voyage est mis en ligne chaque semaine sur le site du Fourneau : "Là, le site a vraiment commencé à exister, à nous faire exister Et on s'est aussi mis à organiser des activités autour du multimédia pour les compagnies et pour le grand public". Un an plus tard, en août 1999, les mêmes partenaires, Oposito et Le Fourneau, se retrouveront pour une tournée en Afrique du Sud au cours de laquelle Oposito jouera son spectacle Cinematophone dans les rues de Soweto et d'Alexandra. Là encore, le site Web servira de résonateur et de mémoire de l'événement. Perception des compagnies Les intuitions du Fourneau et les orientations qu'il prend dans le domaine des technologies doivent être confrontées à celles des compagnies des arts de la rue. Celles de cinq compagnies rencontrée au Festival des Arts dans la Rue de Morlaix et aux Jeudis du port de Brest en août 1999 sont rapportées ci-dessous.
Les perceptions des responsables des compagnies ne sont pas uniformes. Le niveau de familiarité personnelle des individus au multimédia semble être, sans surprise, un déterminant important des représentations. Les moins familiers ne perçoivent pas d'applications au-delà de celles qui viennent immédiatement à l'esprit, bureautique et affichage promotionnel, applications dont ils ont partout entendu parler et qui ne sont qu'une simple extension des usages génériques de l'informatique et du réseau au domaine des arts de la rue. Mais les compagnies Artonik et Décor Sonore, du fait de leur plus grande familiarité avec les technologies, et même extrême dans le cas de Décor Sonore, savent que ce premier niveau d'applications peut être dépassé. Ils estiment que l'approche du Fourneau se trouve, sur cette question, dans une position avancée et intéressante. La trajectoire propre du Fourneau dans le multimédia, son site Web et son ECM, mais aussi les représentations des compagnies sur les technologies permettent de définir les principaux axes autour desquels pourraient se bâtir une forme d'usages spécifique aux arts de la rue et aux compagnies opérant dans ce champ. Sur le plan commercial et promotionnel, Internet est particulièrement bien adapté pour faire connaître, notamment auprès des diffuseurs, une discipline qui n'est pas encore stabilisée et qui ne peut être démontrée que par l'image et le son, par la représentation médiatisée de performances déjà réalisées. Mais au-delà de cet important champ d'applications, Internet offre un hébergement virtuel mais stable à une activité qui, par nature et par tradition, ne connaît dans la réalité que les hébergements précaires. Pour reprendre l'expression à double sens citée plus haut : il se pourrait bien que les artistes de rue puissent, mieux que d'autres, se trouver à la fois dans la rue et sur Internet, tout simplement parce qu'Internet, et plus précisément le Web, ressemble bien davantage à une rue (du village global) qu'à un musée, une encyclopédie ou même une salle de spectacle. Lorsqu'ils sont sur le Web, les arts de la rue sont encore dans la rue Internet leur offre un ancrage dans l'espace et le temps et leur permet d'inventer une mémoire collective qui n'entre pas en contradiction avec le caractère éphémère et public des arts de la rue. C'est sans doute parce qu'il parvient à saisir cette proximité culturelle que le site Web du Fourneau sonne aussi juste, non seulement pour les compagnies professionnelles, mais aussi pour les visiteurs d'occasion, spectateurs potentiels des spectacles. |
| ...Amélie Souchard (novembre 2007) Le rôle des lieux de fabrication dans la structuration des arts de la rue : Enjeux, limites, perspectives |
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| ...Stradda (octobre 2007) Numéro spécial Arts de la Rue |
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| ...Violaine Lemaître (septembre 2006) Qu'on se le dise ! Les arts de la rue entre champ et contre-champ, Etude sociologique de la liste rue |
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| ...Jacques Higelin (septembre 2005) Dans le creuset d'un "Moulin à noix" |
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| ...L'action culturelle en questions (octobre
2004) Focus sur... Le Fourneau |
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| ...Le Ouest France (avril 2004) Le Fourneau, port d'attache du théâtre de rue |
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| ...Les Enfants Dufourneau (septembre 2003) Les Grains de Folie, Circus Ethiopia, Transhumance... vus par les enfants du Fourneau. |
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| ...Muriel Avrit Bougourd (Mémoire
DESS - juin 2003) Le Fourneau, L’analyse d’une quête de légitimité |
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| ...Un Autre Finistère (février
2003) "Les Arts de la rue battent le pavé brestois" |
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| ...La Gazette des Communes (décembre 2002) "Le Fourneau fait mijoter les Arts de la rue à Brest et Morlaix" |
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| ...Jean Philippe Quignon (Le Telegramme) (août
2002) "Le Fourneau essaime la magie en Bretagne" |
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| ...Nadine Boursier (Ouest France) (juillet 2002) "Arts de la rue, un tandem inventif" |
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| ...France Bleu Breiz Izel (mars 2002) "Le Net c'est clair et net" |
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| ...La Scène (mars 2002) "La rue tisse sa toile sur le web." E. F. |
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| ...Viva (février 2002) "Vive les arts de la rue !" François Boënnec |
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| ...Libération (novembre 2001) "La Fabrique de théâtre de rue." Clarisse Chassigneux |
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| ...Les Mains Libres (juin 2001) "L'appel du Fourneau aux décideurs" |
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| ...L'Express(mai 2001) "Les 50 qui font bouger Brest" Letizia Dannery |
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| ...Le Monde (mars 2001) "Deux inventeurs de différence..." Vincent Durupt |
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| ...Le Magazine de la Mutuelle Nationale Aviation
Marine (mai 2001) "Les arts de la rue" JN Léost |
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| ...Viva Brest (mai 2001) "Le Fourneau, de la Tête et les mains aux sorties de fabrique." Violaine Lauté |
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| ...Le programme d'observation des usages dans
les ECM " Le parcours d'Yffic, Gardien du Fourneau internaute." Sophie Thiévant |
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| ... Yves Neveu ( Cie 2
Rien Merci) |
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| ...L'AFP (septembre 2000) "Le Fourneau, haut lieu de fabrique des arts de la rue." |
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| ... Le Magazine Fémina (septembre 2000) "Michèle Bosseur, une femme au Fourneau" |
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| ...Elena Dapporto (Août 2000) "La structuration d'un pôle de production et de diffusion." "Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle en présager une nouvelle ?" |
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| Grains de Folie, une folie disparue laisse-t'elle
en présager une nouvelle ? Elena Dapporto (Août 2000) |
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| ...Le Point (juillet 2000) "Claude Morizur et Michèle Bosseur, les fondus du spectacle de rue." Pierre Yves Allain |
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| ...Vincent Dréano (juin 2000) Article paru partiellement dans la revue "Rue de la folie" |
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| ..."Théâtre(s) en Bretagne"
en avril 2000 "Quelques grains de folie au Fourneau..." René Lafitte |
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| ...Le Nouvel Observateur (décembre 99) "La force créatrice est en province". Ruth Valentini |
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| ...Sophie Tiévant (décembre 99) Etude sur "Le Fourneau, les compagnies d'art de la rue et le multimédia". |
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| ...Le Télégramme du Dimanche (août
1999) "Cl. Morizur et M. Bosseur saltimbanques de génie." |
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| ... Libération (octobre 1998) "Les artistes de rue ont trouvé leur maison sur site." Rémy Fière |