Intermittence : Mouvement de résistance des Arts de la rue

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Restons Vivants !

Chalon (depuis le 17/07/03) "Restons Vivants" Presse Charte des compagnies Contacts
Photos-Impressions 17-20 juillet 21-? juillet Galerie (Artonik) Galerie (Restons Vivants)

Charte des compagnies

« RESTONS VIVANTS ! »
CHARTE

1) Un mouvement artistique et politique

Le mouvement des intermittents réclame la non signature du protocole d’accord inacceptable du 26 juin 2003 concernant les annexes VIII et X de l’Unedic.
Il entend aller jusqu’au bout de ses rêves et de ses désirs et ne s’éteindra pas tant que les problèmes de l’art en France ne seront pas mis à plat et analysés en vue d’une reconstruction radicale.
Interpellés sur l’annexe, sur l’accessoire, les artistes répondent sur l’essentiel et jettent pêle-mêle le fond des vrais débats : la place de la culture, le statut de l’artiste, la résistance du vivant, la considération de l’art vivant. Pour affirmer leur contestation, ils inventent des formes nouvelles d’interventions artistiques, innovantes, étonnantes. La pré-occupation artistique de la ville de Chalon est une de ces manifestations inédites.

« Restons vivants ! »

Le festival Chalon dans la rue est terminé. Il n’a pas été annulé et s’est déroulé en absorbant les situations des plus chaotiques : compagnies grévistes et non grévistes, actions militantes, manifestations publiques, perturbations et empêchements de spectacles…

En réponse au crucial dilemme des artistes et des techniciens de ne « plus jouer » ou de « jouer plus », face au néant culturel et social proposé par le gouvernement, plusieurs compagnies du festival (In et Off) choisissent une troisième voie : l’occupation artistique de leur espace de travail. Cette action entend être une vitrine d’un laboratoire politique des arts publics.

Il ne s’agit pas de prolonger le festival mais de faire appel à nos savoirs faire spécifiques pour investir des territoires physiques, sociaux, politiques, des espaces collectifs (en voie de confiscation) ; inviter le plus grand nombre à la prise de parole publique à partir d’actions artistiques poétiquement affirmées ; inventer des nouvelles formes d’être ensemble.

« Restons vivants ! » concerne avant tout les artistes mais ne se veut pas corporatiste. Il est conscient des contextes politiques et sociaux de la France, mais veut garder sa spécificité artistique et se battre avec les armes de l’art. Il accueille en son sein des personnes aux sensibilités politiques et religieuses variées et respecte cette diversité.

Chacun peut y participer en respectant ces principes fondamentaux :

Solidarité, générosité, autonomie, responsabilité

Les compagnies s’engagent :

  • à s’investir dans un processus collectif d’actions artistiques. Elles ne sont pas là pour leur promotion ou leur valorisation
  • à s’inscrire dans une dynamique de rencontres, d’échanges et de respect avec les habitants et les autres participants.
  • à assurer leur autonomie (technique, logistique, hébergement, nettoyage des lieux, financement des actions individuelles).
  • à être responsable de ses interventions artistiques tant d’un point de vue juridique, que dans son rapport au public et à la population.

« Restons vivants ! » n’est pas un mouvement limité dans le temps. L’acte 1 est la pré-occupation artistique de Chalon. Il peut s’arrêter à tout moment et se continuer dans d’éventuels actes suivants. Dans tous les cas ces décisions devront être prises et effectuées collectivement.

2) Aspects juridiques

Compte tenu du caractère exceptionnel de l’action qui est une manifestation artistique volontaire, le cadre juridique qui s’applique comporte nécessairement des vides (pas d’organisateur, pas de contrat, pas d’autorisation d’occupation de l'espace public….). Cependant, les préconisations suivantes visent à tenter de réduire les risques de cette occupation :

  • Les contrats des compagnies couvrent généralement les risques liés à la diffusion d’un spectacle : responsabilité civile, assurance du matériel… Dans le cadre de cette manifestation, les compagnies ne sont pas couvertes par l’assurance d’un organisateur. De ce fait, il est proposé que chacune d’entre elles prenne contact avec son assurance pour l’interroger sur les clauses de son contrat et éventuellement demander une extension temporaire pour couvrir les risques liés aux représentations de spectacles dans l’espace public. Pensez à préciser à votre assureur la jauge du public concerné (déclarer la jauge moyenne habituelle de votre spectacle).
  • Chaque compagnie prend conscience que sa responsabilité demeure engagée vis-à-vis de son équipe qui intervient bénévolement (en l’absence de contrat de travail, pensez à déclarer le nombre et/ou les noms de vos bénévoles auprès de votre assureur).
  • Si vous installez une buvette, veillez à ne vendre aucun type d’alcool.

3) Le cadre financier : la caisse de solidarité

Financement

Elle est alimentée soit par des dons en espèces du public ou des professionnels solidaires, soit par des chèques déposés sur un compte « transitoire » ouvert par La Fédération, association professionnelle des Arts de la Rue.
Ces chèques devront être libellés à l’ordre de « La Fédération (RV) ». Pour les dons des personnes morales, La Fédération leur fera parvenir un justificatif comptable.

Pour les personnes morales qui le souhaitent, il est possible également de prendre en charge directement des factures relatives au fonctionnement de l’action (achat de matériel, factures de prestataires de services…).

Utilisation

Une équipe d’administrateurs de compagnie assure en relais la gestion de cette caisse de solidarité.

Les sommes perçues serviront à couvrir les frais collectifs : petit matériel de régie et accessoires pour les sites communs et les actions collectives, frais d’aménagement technique des lieux (son, lumière, électricité), fournitures de bureau (papeterie, photocopies, petit matériel de bureau), entretien et sanitaire, frais de convivialité !!!.

Pour garantir le bon fonctionnement de la caisse en liquide, aucune avance ne sera faite. Les dépenses seront uniquement remboursées sur présentation de facture. Un cahier des dépenses sera ouvert, il mentionnera le nom de la personne, le nom de sa compagnie, l’objet de la dépense et le montant.

Solde

Le solde de la caisse en liquide, s’il existe, constaté le jour du départ de Chalon sera affecté à une action collective qui s’inscrirait dans la continuité de la préoccupation artistique. Si une telle action n’était pas envisagée de façon consensuelle, il est convenu que le solde sera affecté à 50 % à une association chalonnaise de soutien aux personnes en situation de précarité et à 50 % à un fond de solidarité national des intermittents.

La totalité des fonds constitués par les chèques déposés sur le compte de La Fédération sera affectée de la façon suivante : 50 % à une association chalonnaise de soutien aux personnes en situation de précarité et à 50 % à un fond de solidarité national des intermittents.