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![]() Le site des Restons Vivants ! |
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Chalon sur Saône, samedi 26 juillet 2003 COMMUNIQUE DES « RESTONS VIVANTS »- Acte 5 - ETAT DE REVEIL ARTISTIQUE - NOUS RESTONS PREOCCUPES ! Dans le cadre du mouvement national des intermittents du spectacle, les compagnies présentes à Chalon sur Saône pour le festival (du 17 au 20 juillet 2003) et rassemblées sous l´appellation « Restons vivants » ont décidé d´une occupation artistique et pacifique de la ville à l´issue du festival Chalon dans la rue. Celle-ci a débuté le lundi 21 juillet. Elle visait surtout à reprendre un territoire et un temps de parole sociale menacés par la seule logique économique et sécuritaire et à ressouder une profession déchirées après des semaines de lutte. Aujourd´hui, à Chalon, ce que nous avons inventé a été d´une grande tenue. Une magnifique chose qui ne porte pas de nom, un pas de côté en dehors de tout système marchand. Nous avons inventé une forme de compagnonnage et nous avons le sentiment d´avoir touché plus que jamais à l´essentiel, à l´humain. Tous les professionnels du spectacle, grévistes et non grévistes, peuvent se retrouver dans ce mouvement qui a dit que vivre et jouer sont essentiels. Cette préoccupation de Chalon est une émergence des grèves, des annulations successives, des douleurs et des déchirements. Elle prouve aujourd´hui que, rassemblés, nous avons la possibilité de relever des défis et de nous dresser, en parole, contre la volonté d´un gouvernement qui cherche à nous déshumaniser. C´est dans la liberté, dans le calme et la détermination, dans l´autonomie et la solidarité, dans la création et dans l´action que nous avons réussi le pari de Chalon. Le public/habitant y est pour quelque chose qui nous a aidé à le redécouvrir. Ensemble, nous avons retissé la toile du lien social que nous avions perdu au profit d´une logique festivalière et marchande. Beaucoup d´entre nous quittent aujourd´hui Chalon pleins de force et d´énergie. Le plus gros s´en va mais L´occupation, l´état de réveil, CONTINUENT à Chalon. Aujourd´hui, nous allons passer le relais à nos sentinelles chalonnaises, tous ceux et celles qui nous ont soutenus dans cette action. Qu´ils gardent et entretiennent cette flamme pour développer ce que nous avons initié avec eux (parrainages, Grand Cri, «commission des vivants», ré-appropriation des lieux de diffusion de la culture, présences et interventions dans les quartiers). Aujourd´hui, nous semble un bon jour pour passer le relais symboliquement et publiquement aux Chalonnais. L´occupation artistique de Chalon est une graine qu´il nous faut semer partout. C´est pourquoi, nous appelons toutes les compagnies à prolonger notre mouvement chez elles et dans les lieux où elles se produisent, d´initier partout en France d´autres occupations artistiques et de porter la responsabilité, de façon cohérente et pacifique, du lien retrouvé avec le public. Nous les invitons à créer des ponts et des rendez-vous dans d´autres villes de France, à dépasser la seule question du spectacle pour rallier les grands rassemblements d´autres gens en lutte, à répondre aux appels d´autres compagnies, à parler de ce qui a été fait à Chalon. Nous appelons toutes les personnes en lutte à prolonger notre idée de la contestation en proposant des formes de résistances fidèles à leurs convictions : que les gens de la télé fassent leur propre télé, que les enseignants appliquent leur propre idée de l´enseignement, etc. Pour notre part, nous donnons deux rendez-vous avant la rentrée de septembre :
Nous appelons également toutes les villes de France à perpétrer le rendez-vous quotidien du Grand Cri. Pour l´heure chacun a besoin de se rendre à soi avec l´intime conviction qu´après Chalon, nous nous appartenons un peu les uns aux autres. Finalement, nous avons vécu le plus normalement possible ensemble. Dans notre aventure, nous avons vécu l´exceptionnel, c´est à dire la vie. Le collectif Restons vivants ! |
Chalon sur Saône, jeudi 24 juillet 2003 COMMUNIQUE DES « RESTONS VIVANTS »Voici les dernières nouvelles de Chalon. Merci de diffuser l'information au maximum autour de vous. Nous lançons un appel à toutes les villes de France à organiser chacune leur "cri du coeur" à 19h30 pour créer un mouvement national. Et à toutes les compagnies et bonnes volontés, nous vous attendons à Chalon pour participer avec nous à cette "préoccupation artistique". COMMUNIQUE DE PRESSE par le Collectif artistique : « Restons vivants » Hier mercredi 23 juillet, entre 19h30 et 20h00, le Grand Cri poussé quotidiennement devant l´hôtel de ville de Châlon-sur-Saône depuis jeudi 17 juillet a connu un retentissement national. A l´appel de plusieurs compagnies, ce même cri a trouvé un écho dans une dizaine de villes françaises (Manosque, Caen, Paris, Brest, Montpellier...). Une « commission pour l´occupation artistique nationale » a également été créée en fin de soirée par le Collectif Intermittents et précaires d´Ile de France. Pour ce quatrième jour d´occupation, nous insistons sur l´aspect spontané et politiques de nos interventions. Aujourd´hui, des actions sont menées toute la journée dans le Quartier du Stade, depuis son marché matinal jusqu´à son illumination nocturne par la compagnie Carabosse. |
Chalon sur Saône, dimanche 20 juillet 2003 COMMUNIQUE DES « RESTONS VIVANTS »Il est important de fournir aujourd’hui une explication quant à l’alternative que nous proposons sous l’intitulé «occupation artistique». C’est avant tout une occupation que nous proposons. Nous sommes en lutte depuis le début du conflit, depuis le 26 juin, date de la signature du protocole, mais aussi avant, quand les négociations se déroulaient dans notre pays. Chacun d’entre nous avait jusqu’alors choisi ses propres moyens de lutte, les affichant au cœur des festivals successifs : tout d’abord la grève et puis aussi les interventions dans les spectacles joués, les paroles données au public, les initiatives collectives, artistiques, … Nous proposons aujourd’hui par cette action de dépasser le cadre du festival et de mettre en œuvre dès le lundi 21 juillet 2003 «l’occupation artistique» de la ville de Chalon sur Saône. Dans cette période de déchirement et de tension, cette proposition se veut revendicatrice, festive, communicante et percutante. Nous, les artistes et techniciens des «Arts de la Rue» souhaitons investir autrement notre territoire de jeu, la rue. Ce territoire est un lieu hautement symbolique de revendication et par ce fait nous espérons regrouper sur cet espace public les grévistes, les non-grévistes, ceux qui basculent épisodiquement de l’un à l’autre, les artistes des «IN» et des «OFF», les techniciens et tous les groupes et structures culturels se reconnaissant dans cette alternative. Pourquoi Chalon sur Saône ?D’une part pour une raison culturelle : Chalon dans la Rue est une vitrine importante des Arts de la Rue, d’autre part pour une raison politique : son ancien maire Dominique Perben est l’actuel garde des Sceaux et reste le premier adjoint de cette ville. Cette occupation artistique et pacifique n’est en aucun cas une prolongation du festival. C’est une façon autre de continuer la lutte, de poser des étapes et de se projeter dans les actions à venir. Nos objectifs sont clairs :
Nous invitons le public, les artistes, les mouvements dont les luttes sont voisines de la notre à venir soutenir ce généreux chantier : professionnels de l’éducation nationale, retraités, précaires, ouvriers, paysans, journalistes, architectes, archéologues, infirmières,… Nous appelons plus particulièrement les Chalonnais à l’intérieur des associations existantes ou à titre individuel, à nous apporter leur soutien en matière de logement et d’aides en tous genres. Restons vivants. CONTACT : |
Vendredi 18 juillet L’APPEL DU 18 JUILLETRESTONS VIVANTS ! Nous avons fait grève depuis le 27 juin à Sotteville-lès-Rouen, Lille, La Seyne sur Mer, Nevers, Avignon, Montpellier, Grenoble, Cherbourg, Nantes, Rennes… ça a porté ses fruits, médiatiquement, populairement. Mais nous estimons que depuis les prises de positions successives du gouvernement, et l’annulation de Montpellier- Danse, du Printemps des Comédiens, des festivals d’Alès, d’Avignon, d’Aix en Provence, de La Rochelle … La situation a évolué. Nous pensons que nous n’avons pas encore gagné la bataille, mais dans la lutte en cours, nous avons le devoir de conserver notre outil de travail, notre espace de parole et notre force de relation au public. Il s’agit maintenant de les transformer en outil de lutte. Nous avons le devoir de rester en vie pour les combats à venir. Nous refusons les frontières qui nous divisent, grévistes/non-grévistes, In/Off. Nous luttons tous pour la même chose :
Nous proposons d’agir ensemble :
Nous appelons les compagnies, les techniciens, les organisateurs, le public, et tous les citoyens pour qui la place de la culture dans notre société est fondamentale et qui pensent que la lutte doit être avant tout vivante et non violente, à rallier Chalon dès maintenant. Nous appelons plus particulièrement les Chalonnais, public attentif des arts de la rue et toutes les structures ou associations se reconnaissant dans notre lutte, à nous aider à mettre en place cette initiative (logements, repas de quartier, câlins…) et les journalistes à se faire l’écho de ce mouvement. CONTACT : appelchalon@tiscali.fr Les compagnies sont invitées à nous contacter afin d’organiser leur venue : besoins humains et matériels et disponibilité. Merci.
Les premiers signataires (compagnies In et Off) Les Quidams |