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Lundi 28 juillet Du 11 au 13 juillet 2003 s’est déroulé le festival «LES AFFRANCHIS» à LA FLECHE.Dans le contexte actuel, les organisateurs (une compagnie « LE TAPIS FRANC », un centre culturel « LE CARROI » et trois associations), en accord avec le ville de La Flèche, ont décidé de maintenir le festival et de laisser les compagnies programmées en « IN » et en « OFF » de décider des actions à mener pour exprimer leurs revendications. Le vendredi 11, quatre spectacles étaient proposés sur deux communes rurales autour de La Flèche. Le lundi 7, nous sommes allés présenter la situation aux maires des communes de La Chapelle d’Aligné et Villaines sous Malicorne. Ceux-ci, tout en comprenant notre position, voulaient avoir la certitude que les spectacles programmés pourraient se dérouler. Ne pouvant leur certifier la tenue des représentations prévues, nous avons pris la décision d’annuler les spectacles sur ces communes. En revanche ces spectacles ont été programmés sur La Flèche.
Vendredi 11 : Premières AG à10 heures et 15 heures. Positionnement des compagnies programmées, sur la grève. Sur 4 compagnies en « in », 3 pour la grève, une contre, celle-ci se rallie à la majorité. Les artistes sont présents sur le lieu de spectacle à l’heure prévue. Le spectacle débute puis s’arrête : explication, débat avec le public. Après un moment de surprise, le public est solidaire, Samedi 12 : AG avec l’ensemble des compagnies présentes « in » et « off », la grève tournante, a été décidée par 13 compagnies sur 20. Concrètement, 5 compagnies n’ont pas joué, 2 ont joué les deux jours, 10 ont joué une représentation sur les deux programmées. Les compagnies étaient présentes sur leur lieu de spectacle. Le public (non informé des spectacles qui ne jouaient pas) est allé à la rencontre des artistes. Ce « jeu de piste » a été bien ressenti, il y a eu beaucoup d’échanges, de partage d’émotions, de témoignages de sympathie et de soutien. Quelle rencontre lorsque le spectacle avait lieu !… Dans l’après-midi, un forum animé par un membre du collectif 112 du Mans s’est déroulé. 1heure30 d’échanges et de débat autour du problème des intermittents mais aussi plus largement sur le ressenti de la politique sociale (retraite, éducation…). Dimanche 13 : La grève tournante se poursuit et les compagnies décident d’un rassemblement (artistes, techniciens, organisateurs, public) sur la place centrale. Après une parade très festive, d’un coup tout s’arrête et tout le monde s’allonge. Silence pendant quelques minutes puis chacun hurle « VIVANTS ». Un moment fort de CITOYENNETÉ. Que tirer de cette expérience ? Le festival a été pour tous un moment très fort d’échanges, de débats, de prise de positions, le tout dans un climat d’écoute, de liberté d’expression et de tolérance. Un festival humainement très riche et des rencontres très fortes entre le public, les organisateurs, les compagnies. P.J. Article Maine Libre 14 juillet 2003 et Photo : Service communication Ville La Flèche. |
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Samedi 12 juillet La soirée d'ouverture qui comportait 4 spectacles du in (dont nous) a fait l'objet d'une grève totale (par 3 voix contre Une: nous, mais nous étions d'accord pour suivre). Le processus est le même depuis le début du festival: la troupe arrive en costume et commence son spectacle (5mn environ)puis s'arrête: explication, débat, conclusion. Public très sympathisant et de très beaux moments lors de cette soirée même si la douleur fut grande de ne pas jouer. L'A.G. de ce matin s'est interrogée sur la survie du mouvement tant pour les individus que les compagnies. Malgré la conviction envahissante (la conviction est toujours envahissante) de certains, nous avons réussi à en discuter calmement et avons décidé à une très grande majorité d'une GREVE TOURNANTE pour le reste du festival, chaque troupe se rendant sur son lieu programmé et jouant ou ne jouant pas selon un ordre dont nous sommes convenus discrètement sans que le fait de jouer ou pas soit annoncé à l'avance. Pour notre part nous n'avons pas joué aujourd'hui : deux annulations de suite c'est dur ! mais la réaction du public a été encore une fois des plus sympas. Cette forme de grève, utilisée depuis des lustres par beaucoup de grévistes n'avait pas jusque là été utilisée par nous. Elle nous a permis, pardelà les problématiques parfois dramatiques de certaines compagnies de parler d'une seule voix et de continuer la lutte de façon responsable. Je suis pour ma part persuadé qu'elle nous ouvre des perspectives de durée pour les quelles on le sait je plaide depuis le début. Bien sûr celà n'augure rien pour ce qui se décidera à Chalon et même à Aurillac, néanmoins ça donne une alternative. Elle a en tous les cas redonné quelques sourires. Une grève c'est pesant quoiqu'on en dise. Certains sont tellement éxcessifs dans leur fougue qu'on a envie de crier : "Vive les tièdes!" Bisatous Pierre Prévost |
Dimanche 13 juillet, matin La GREVE TOURNANTE décidée par 80% des compagnies semble ici bien acueillie. Ce qui n'empêche pas que chacun s'interroge et que certains ne sentent pas très à l'aise dans cette action. La nuance c'est toujours plus dur à soutenir que la radicalité. Questions de Lolo des Cousins qui a priori ne souhaite pas récidiver. Une question importante dans le festival, soulevée notamment par les Babylone : quand j'ai à choisir entre la survie de la compagnie et celle de l'intermittence qu'est-ce que je fais ? On se doute que les réponses varient. Il y a des propositions généreuses échevelées, du jusqu'auboutisme désespéré, des manipulations "pour la bonne cause", des engagements absolus et intransigeants, pas facile de s'y retrouver, pas facile de garder sa mesure quand c'est toutes les mesures que certains voudraient voir sauter. Grande famille perturbée, vivante, vibrante. Je me sens parfois très petit, très impuissant. La mairie et les organisateurs nous soutiennent tellement à fond que c'est marrant ce paradoxe: alors qu'ils nous soutiennent complètement, on joue un peu quand même... Samedi fut très vivant, pas de ville morte. On verra aujourd'hui. En tous les cas ça brasse, ça laissera de straces et sans doute de belles amitiés... Il n'y a pas que les cyclistes du tour de France qui ont le nez dans le guidon, nous aussi, moi aussi... du mal à sentir le vent. Acidument vôtre! Pierre Prévost |
Dimanche 13 juillet, soir Une action des compagnies cet après-midi, toutes réunies autour d'une fausse fête cassée. Tous à hurler "vivants", le plus beau des slogans, sous un cagnard médefien avec nos petits poings brandis en rythme et Patrick, des Alamas, qui conclue en substance : "maintenant, on se retrouve sur les lieux des spectacles. Certains joueront et d'autres ne joueront pas, mais à chaque fois ce sera ensemble" Oui, on peut être fiers parce que des démarches différentes ont réussi un moment à tenir un discours commun, sans exclusive. Je ne sais pas si l'idée de tournante sera reprise par la suite mais ici, et c'est incontestable, elle nous a soudés, et nos cris n'en étaient pas pour autant moins virulents. Si nous voulons tenir, il va falloir s'écouter... De beaux mels sur cette liste ces derniers temps avec Peter en grand modérateur merci à Jacques, Daniel et Jean-luc entre autres pour les témoignages et mises en garde. Merci à ceux qui ne se contentent pas de cris ou d'invectives. Merci mille fois parce que franchement, lire tout ça parfois, c'est dur. Acidument vôtre ! Pierre Prévost |