Intermittence : Mouvement de résistance des Arts de la rue

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26 juillet 2003

Menottés, tabassés et poursuivis
Quatre intermittents en procès à Rouen.

Le 27 juin dernier, Nathalie Boitaux, comédienne, depuis sept ans dans la compagnie Bernard Lubat venue pour chanter l'amour à Evreux, participe à un «sit-in pacifique» sur le pont Guillaume-le-Conquérant à Rouen. Profitant de la grande fête de l'Armada qui réunit les plus grands voiliers du monde, les intermittents du spectacle manifestent ainsi leur refus de l'accord signé la veille par le gouvernement. On scande «la culture en danger», «le public avec nous». Pas longtemps. Gaz lacrymogènes et charge des CRS s'invitent à la fête. «Ils m'auraient juste poussée, je serais partie !», clame Nathalie. Mais on s'acharne sur elle à coups de bouclier sur le visage. «Une dent en moins, une autre cassée, huit jours d'arrêt de travail.» Elle porte plainte. Jeudi, elle est venue soutenir quatre de ses camarades intermittents qui eux aussi ont été tabassés et de surcroît interpellés. Ce jour-là, ils passaient devant le tribunal de grande instance de Rouen, poursuivis par des policiers, pour «violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique, outrage et rébellion».

«Ils ont tapé sur tout le monde» «Nous sommes intervenus pour évacuer les manifestants», dira l'un des policiers. «Quand les lacrymos ont sifflé, on s'est couchés sur le sol et après ils ont tapé sur tout le monde. J'ai été frappé et on m'accuse de violence», réplique Nicolas Racamier, 26 ans, qui reconnaît avoir traité les policiers d'«enculés». A ses côtés, Jérémy Loiseau, 25 ans, monteur de chapiteaux. On lui passe les menottes, il lâche un «espèce d'enculés». Explication : «Quand on me tape, je ne dis pas merci.» Surtout quand on tape fort : quatre jours d'incapacité de travail et quinze jours de soins. Didier Régnier, coordinateur artistique, 31 ans, est interpellé pour les mêmes raisons au même endroit. Chacun des trois reste une dizaine d'heures en garde à vue.

21 heures de garde à vue. Le record revient à Frédéric Patois : 21 heures de garde à vue. Lui conteste. Le comédien de 37 ans, du théâtre de l'Unité à Audincourt (Doubs), s'étonne encore : «J'ai été menotté, jeté au sol dans le fourgon, déshabillé et fouillé au corps au commissariat, isolé sans eau ni nourriture.» Un médecin l'examinera : trois jours d'incapacité de travail. Les policiers qui ont porté plainte demandent 1 euro de dommages et intérêts.

Jeudi, l'entrevue des quatre avec le délégué du procureur a duré quelques minutes. Si le parquet ne classe pas ces dossiers, les affaires de ces intermittents devraient être renvoyées en correctionnelle.

Nathalie CASTETZ


Compte-rendu de la convocation à composition pénale
du 24.07.03 au Tribunal de Rouen.

Le 24 juillet 2003 à 9heures, les personnes convoquées n’ayant pas reconnu ou partiellement reconnu les faits qui leur sont reprochés et donc refusé la composition pénale qui leur était proposée, cette affaire est donc renvoyer au Tribunal Correctionnel. L’avocat peut commencer à « monter » une défense. Toute fois le dossier est dans les mains du Procureur de la République qui peut classer sans suite ou poursuivre.

En cas de poursuites, le Parquet décidera d’une date de procès d’ici la fin du mois d’Août.

Prévoyons de rester mobiliser et de « manifester » notre soutien à ces 5 personnes pour un éventuel procès en fin d’année civile 2003…semble t-il…

Si vous avez été témoin de la charge des C.R.S sur la manifestation des professionnels du spectacle dans la nuit du 27 Juin 2003 sur le pont Guillaume Le Conquérant à Rouen, vous pouvez toujours envoyer vos témoignages accompagnés d’une photocopie de votre carte d’identité à Maître Baudeux, 70, rue Jeanne d’Arc 76000 Rouen

Nous sommes toujours aussi à la recherche de photographies témoignant de la violence des forces de l’ordre, ce soir là.

Merci de votre soutien.

Veuillez diffuser cette information en termes justes et précis afin d’éviter toute confusion.

La coordination Rouen Artistes et Techniciens


Que faire lorsqu'on est arrêté par la police lors d'une manifestation ?
juillet 2003

Sommaire

  • lors d'un contrôle d'identité
  • lors d'une garde à vue
  • lors d'une comparution immédiate
  • lors d'une rétention administrative d'un étranger
  • lors de la fouille d'un véhicule
  • les vigiles

Syndicat de la magistrature
BP 155
75523 Paris Cedex 11
Tél : 01 48 05 47 88
fax : 01 47 00 16 05
e.mail : syndicat.magistrature@wanadoo.fr

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Appel à toutes les compagnies présentes à la manif du 27 juin 2003 sur le pont Guillaume le Conquérant à Rouen

Toutes les personnes qui ont assisté à l’arrestation des 6 manifestants sur le pont Guillaume le conquérant sont sollicitées pour rédiger un témoignage. Ces témoignages sont nécessaires à leur défense.

Ils sont à renvoyer le plus rapidement possible et avant le 24 juillet, date du procès, à M Eric BAUDEUX, 70, rue Jeanne d’Arc 76000 Rouen (vous pouvez mentionner urgent sur l’enveloppe.)
Eric Baudeux est l’avocat du syndicat des artistes et se constitue partie civile pour prendre en charge Nathalie Boitaud, qui a eu les dents cassées. Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre , joindre impérativement une photocopie de votre carte d’identité...

La coordination Rouen Artistes et techniciens.

MODÈLE DE LETTRE DE SOUTIEN

Je soussigné(e) ……………………………..atteste par la présente avoir été témoin le 27 juin 2003, aux alentours de minuit, sur le pont Guillaume Le Conquérent à Rouen, de la charge agressive des forces de l’ordre envers les manifestants assis et envers le public derrière les barrières de sécurité.

(Développez ce que vous avez vu)

Je sais que cette attestation nominative sera produite au tribunal.

A Rouen, le 28 juin 2003

Signature

Joindre une photocopie de votre carte d’identité.


Goobi...

Dans la nuit du 27 au 28 Juin à Rouen

Les intermittents présents au festival Vivacité, soucieux de se faire entendre sur les lieux de l'armada 2003, ont décidé de faire un sitting pacifique sur le pont guillaume le conquérant. C'est une charge de CRS qui est venu répondre à nos questions.

  • Des gaz lacrimogènes puissants ont été utilisés contre les intermittents, touchant violemment le public présent pour le feu d'artifice.
  • Natalie Boitaud, jeune comédienne de 24 ans et organisatrice avec la Compagnie Bernard Lubat, du festival "UZESTE MUSICAL" a eu les dents de devant fracassées par un coup de bouclier volontaire et raciste (elle est d'origine algérienne) de la part d'un CRS .La police appelle cela une charge passive et dit, je cite : « les bougnouls, on leur touche un cheveux et ils ont un article dans la presse. »
  • 6 intermittents, dont je faisais partie, ont été interpellés et mis au cachot dans des conditions dignes de la gestapo:
    • Menotage sadique et resserrage régulier des menottes pour faire très mal.
    • Coups de pieds aux parties alors que j'étais menotté au dos et maintenu au sol un genou policier sur la gorge.
    • Transport dans le camion de la police, menotté à plat ventre sur le plancher, à subir des coups, des insultes et des coups de frein de la part du chauffeur pour me projeter contre la paroi avant du camion.
    • Déshabillage COMPLET et fouille au corps dans les couloirs du commissariat de Rouen.
    • Mise au cachot à l'isolement complet, sans eau, sans couverture, sans chaussures, du vomis sec sur les murs, des traces d'urine au sol.
    • Les murs, le lit, sont en béton.
    • Les tortures sont physiques et psychologiques .
    • Promesse de sortie contre des aveux complets.
    • Nombreux faux témoignages des policiers présents.
    • Menace de mort, répétée, à mon encontre (sur les lieux de l'interpellation et dans le commissariat) par un des policiers impliqués dans les actions violentes.
    • Plusieurs heures d'attentes pour accéder aux toilettes.
    • J'ai dû faire mes gros besoins du matin la porte des toilettes ouverte sur le couloir alors que ces portes sont prévues pour être fermé de l'extérieur sous le contrôle des agents présents.
  • Un certificat médical me concernant, fait par SOS médecin sur le lieu de détention, à l'issu de la garde à vue, a conclu à une incapacité de travail de trois jours.
  • 21 heures de détention dans ces conditions barbares permettent à la police de faire avouer n'importe quoi à n'importe qui.

Ces faits rapportés ne sont ni déformés ni amplifiés... c'est une triste réalité.

Ah!!!, j'oubliais, c'était le jour de mon anniversaire... bon anniversaire goobi !

Goobi est convoqué le 24 juillet pour une composition pénale au tribunal de Rouen.
Est-ce quelqu'un connaît un avocat qui pourrait l'aider, merci.

Contact Goobi : 06 12 05 77 72