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Menottés, tabassés et poursuivis
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17/23 juillet 2003
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(11/07/03) Violences policières contre les intermittentsLa météo des festivals se gâte et, de rage, les contempteurs de la grève des intermittents commencent à arroser de coups les artistes et les techniciens en lutte. Il y a une dizaine de jours, d'abord, dans la nuit du 27 au 28 juin, une centaine de grévistes présents au festival Vivacité de Rouen et désireux de se faire entendre sur les lieux de l'Armada 2003 ont été violemment chargés par une compagnie de CRS. Nathalie, jeune comédienne et animatrice, avec la compagnie Lubat, d'Uzeste Musical, a été littéralement tabassée aux yeux de tous. " Tout s'est passé très vite, raconte-t-elle à l'Humanité. Je n'avais pas du tout anticipé la charge, car il faut dire que je débute dans les manifestations. Et le temps que je comprenne ce qui se passait, je me suis retrouvée avec un CRS qui m'a expédié son bouclier dans le visage, dans les dents, à plusieurs reprises. " Nathalie reste un instant au sol, incisives en morceaux dans sa bouche. Puis, quelques minutes plus tard, elle interpelle des policiers : " Je viens de me faire casser les dents par vos collègues, je ne connais pas la ville, indiquez-moi un hôpital où me faire soigner. " Les policiers ne lui portent aucune assistance ; ils ont mieux à faire, en termes de sale besogne : ils arrêtent et placent en garde à vue six manifestants. L'un d'eux témoigne des conditions particulières de sa garde à vue : " Menottes resserrées régulièrement pour faire très mal, coups de pied dans les parties génitales, maintien au sol avec un genou de policier sous la gorge, transport dans un camion de police sous les coups, les insultes et avec les freinages intempestifs du chauffeur pour projeter contre la paroi, fouille au corps et déshabillage complet dans les couloirs du commissariat. " À Lyon, jeudi dernier, dans le cadre des Nuits de Fourvière, les intermittents venus soutenir les grévistes du festival ont, dans un premier temps, essuyé les coups du " public " présent pour la représentation. En fait, d'après les images en possession de la Coordination lyonnaise du spectacle en lutte, des provocateurs bien entraînés et identifiables ont cogné avec les poings et la tête les intermittents en lutte. Les CRS ont pris le relais " en tapant sur tout ce qui bouge ", raconte une porte-parole de la coordination. Claudia, une chanteuse en grève, est frappée à la tête. La police fait place nette. Pour voir le spectacle, quelques spectateurs enjambent Claudia qui gît encore au sol. Traumatisme crânien pour elle, traumatisme pour tous les artistes en lutte. Thomas Lemahieu |
(10 juillet 2003) Intermittents, le spectacle est dans la rue
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(03/07/03) A Rouen, les intermittents ont fait une manif quotidienne à l'Armada à 17H et sont régulièrement passés sur France 3. Leur manif d'hier soir (vendredi) n'est pas passée inaperçue pendant l'émission Thalassa en direct, consacréeà l'Armada. Les interventions de soutien lors des concerts du soir (devant des milliers voire des dizaines de milliers de spectateurs) ont été répétées, mais parfois avec un soutien plutôt "tiède" des grandes vedettes (Rita Mitsouko, Jean-Louis Aubert), les groupes régionaux s'engageant beaucoup plus. Concernant la comparution des inculpés le 24 juillet au Palais de Justice, l'information circule et 80 témoignages ont déjà été collectés par les réseaux de résistance en ce qui concerne les violences policières. Laurent Cavelier |
(01/07/03) Viva Cité annulé, l'Armada perturbée" Nous refusons le monde de l'argent et des bénéfices que nos hommes politiques nous imposent. " Barthélemy Bompart, directeur de la Compagnie de théâtre de rue Kumulus, est en grève illimitée comme des milliers d'autres artistes à travers la France afin d'exprimer son désaccord avec le gouvernement. " Les pouvoirs publics par l'intermédiaire du MEDEF ont pris la décision le 26 juin de remettre en cause notre régime professionnel qui aura pour effet la disparition de la plupart des compagnies de création (théâtre, danse, musique et festivals). Nous refusons que notre culture soit celle de la Star Academy ", a-t-il expliqué samedi soir sur la grande scène de l'Armada en prélude au concert des Rita Mitsouko. C'est ainsi que le festival Viva Cité de Sotteville-lès-Rouen, qui devait avoir lieu ce week-end, a été annulé comme d'autres manifestations artistiques dans l'Hexagone. " Au-delà de la défense de ce régime professionnel, nous dénonçons cette atteinte grave et durable portée à la culture et par-là même aux fondements de la société (...). Programmateurs, élus et spectateurs ont exprimé le même besoin vital d'une vraie culture populaire et vivante et ont affirmé leur soutien actif aux intermittents ", précisent dans un communiqué les artistes et techniciens de Viva Cité. Vendredi soir, après avoir été expulsés manu militari par les CRS alors qu'ils tentaient d'empêcher le feu d'artifice, un sit-in pacifiste sur un des ponts qui enjambe la Seine a mal tourné. Dents cassées, côtes brisées, gaz lacrymogènes, les forces de l'ordre n'y sont pas allées de main morte envoyant pour l'occasion cinq manifestants en garde à vue pendant près de 48 heures. Nicolas Guillermin |
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