Les moulins de la perruque

Dernier ajout : 18 mars 2009.

C’est grâce à un supplément bricolage de la revue féminine « le petit écho de la mode » du mois de mai 1938 que de nombreux ouvriers de France se lancèrent dans la réalisation de moulins à récupération d’énergie.

Ce cahier central illustré invitait les maris bricoleurs à construire des systèmes à eau ou à vent à moindre coût en utilisant le principe de la perruque, autrement dit, la récupération de matériaux inutiles ou laissés pour compte.

En Bretagne, ces moulins aussitôt surnommés « moulins de la perruque », auront permis à de nombreuses personnes d’améliorer leur ordinaire en récupérant l’énergie offerte par la nature et en l’utilisant à des fins plus ou moins utiles. Malheureusement, les monopoles d’état, considérant cet approvisionnement gratuit comme une concurrence déloyale, ont fait interdire leur utilisation par un décret dont l’application est entrée en vigueur à la fin des années soixante.

Après plusieurs années de restauration par le Conservatoire des Curiosités et le réseau au fil de l’eau, les « moulins de la perruque » vont enfin être réhabilités. A une époque où les énergies renouvelables et l’écologie sont en passe de devenir phénomène de mode, il était urgent de rendre hommage à ces pionniers de la résistance poétique … !!!

Création le 11 avril 2009, au Moulin du Palacret à Saint-Laurent-de-Bégard

L’épouvantail à blaireaux

Une donation de Mme Louven au Conservatoire des Curiosités

Mercredi 19 mars 2008, par Aurélien Marteaux // Les moulins de la perruque

Comme beaucoup d’autres à l’époque, le moulin offert par Mme Louven au Conservatoire a été construit à partir de roues de bois récupérées sur d’anciens rouleaux de filasse ; il convenait d’assembler deux de ces roues et d’y ajouter une bride en acier faisant office de pallier de transmission, bride que l’on démontait sur les étuveurs réformés. Le système était ensuite prolongé par une roue crantée sur un axe de fort calibre provenant de volets à bascule usagés, et le moulin pouvait être installé sur une dérivation du courant de la rivière : le mouvement fourni par la roue permettait alors d’alimenter en énergie différents systèmes astucieux.

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Etude préliminaire avant réalisation (Dessin de M. Louven, 1962)

Le moulin de M. Louven, grand-père de la donatrice, semble appartenir à la catégorie des moulins champêtres ; installé aux abords de ses plantations de lin, il permettait d’animer une série d’épouvantails à blaireaux.

Comme chacun sait, les blaireaux sont la bête noire des cultivateurs de lin ; en effet, ils ont l’habitude d’attendre la floraison du lin pour venir se « bauger » dans les tiges montantes, saccageant le temps de ce rut la majeure partie des récoltes.

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Le moulin de M. Louven revit grace au savoir-faire de l’équipe du Conservatoire.

Grâce à ce système hydromobile pour le moins original, Mr Louven avait semble-t-il trouvé une efficace parade pour la protection de ses récoltes en pratiquant une forme d’écologie avant-gardiste !

Son moulin, comme les autres moulins collectés dans la région par le Conservatoire des Curiosités, sera bientôt remis en état pour être présenté au public dans le cadre d’une exposition sur les moulins de la perruque prévue au printemps de l’année prochaine.

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Des premiers tours de roue sous le regard bienveillant de Bertrand, restaurateur au Conservatoire.