Les moulins de la perruque

Dernier ajout : 18 mars 2009.

C’est grâce à un supplément bricolage de la revue féminine « le petit écho de la mode » du mois de mai 1938 que de nombreux ouvriers de France se lancèrent dans la réalisation de moulins à récupération d’énergie.

Ce cahier central illustré invitait les maris bricoleurs à construire des systèmes à eau ou à vent à moindre coût en utilisant le principe de la perruque, autrement dit, la récupération de matériaux inutiles ou laissés pour compte.

En Bretagne, ces moulins aussitôt surnommés « moulins de la perruque », auront permis à de nombreuses personnes d’améliorer leur ordinaire en récupérant l’énergie offerte par la nature et en l’utilisant à des fins plus ou moins utiles. Malheureusement, les monopoles d’état, considérant cet approvisionnement gratuit comme une concurrence déloyale, ont fait interdire leur utilisation par un décret dont l’application est entrée en vigueur à la fin des années soixante.

Après plusieurs années de restauration par le Conservatoire des Curiosités et le réseau au fil de l’eau, les « moulins de la perruque » vont enfin être réhabilités. A une époque où les énergies renouvelables et l’écologie sont en passe de devenir phénomène de mode, il était urgent de rendre hommage à ces pionniers de la résistance poétique … !!!

Création le 11 avril 2009, au Moulin du Palacret à Saint-Laurent-de-Bégard

La colorieuse du "Petit Echo de la Mode"

Lundi 15 septembre 2008, par Aurélien Marteaux // Les moulins de la perruque

A l’occasion de sa restauration des "Moulins de la Perruque" de la vallée du Léguer, l’équipe du Conservatoire des Curiosités fait escale aux anciennes imprimeries du Petit Echo de la Mode (à Châtelaudren) jusqu’au 21 septembre. Elle nous livre ici les quelques mots d’un enfant bercé par les histoires de sa mère, ouvrière à l’écho. Une petite aiguille dans une motte d’histoires...

" Je crois que ma mère a toujours travaillé à l’écho, le Petit Echo de la Mode. Les gens disaient l’écho, ici. Au début, elle était colorieuse. C’est pas un joli métier, ça !?! Faire du coloriage pendant son boulot ?!? Je ne sais pas si elle avait pris ce métier par hasard où si elle avait été sélectionnée, mais en tous cas, ça lui allait drôlement bien comme métier !

Au début, elle avait commencé par être au coloriage sur les matrices ; elle coloriait les gravures en cuivre avec les encres d’imprimerie ; c’est elle qui faisait les essais et qui décidait le dosage des couleurs. Elle avait le droit de ramener les ratés, je crois qu’il y a encore plein d’essais de ratés dans des cartons au grenier... Mais après, quand il y a eu les premières photos, ils ont été obligés de changer de technique et ils ont acheté une machine pour coloriser les photos en noir et blanc... colorisation automatique ! Et hop ! Adieu l’artiste...

Du coup, elle était passée de colorieuse à CGC, Chargée de la Gestion des Couleurs... Elle, elle préférait dire qu’elle était devenue coloriste. Elle disait : Attention, colorier et coloriser, ce n’est pas pareil ! Ca a dû lui foutre un coup quand même...

Son métier c’était devenu contrôler le niveau d’encre dans des grosses cartouches, de les changer au bon moment et de gérer le stock. Comme les grosses cartouches ne se vidaient jamais jusqu’au bout, au lieu de les jeter, elle rentrait des fois de l’écho avec celles qui avaient encore un peu de couleur au fond. Nous, on se doutait de rien, c’était la fête ! On avait le droit de dessiner sur tout ce qu’on trouvait, on avait juste pas le droit de se tacher, parce que ces couleurs là, sur le tissu, ça ne partait plus.

Je peux vous dire que le jour où ils ont interdit la perruque à l’écho, il n’y a pas qu’à ma mère que ça a terni la vie ! "

Témoignage collecté par Le Conservatoires des Curiosités dans la Vallée du Léguer.

Télécharger le programme proposé par le Conservatoire des Curiosités à Châtelaudren.