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[Imprimer le document]De l’art de jongler dans la rue [D’Irque]
Entretien avec D’Irque, jongleur.

Mise en ligne : lundi 8 août 2005 , par Aurélien Marteaux

A l’occasion de sa tournée finistérienne, le jongleur D’Irque s’est prêté au jeu des question-réponses dans la cuisine de l’école du Poan Ben, QG de l’équipe d’organisation du FAR. Après Morgat, Carhaix, St Brieuc et Brest, l’artiste flamand jouera ce mercredi 27 juillet à Morlaix.

(JPEG) Quel est ton métier d’Irque ?
Jongleur... Je ne me vois pas comme un artiste qui conceptualise quelque chose ou qui transmet un message au public, mais plutôt comme quelqu’un qui veut s’amuser et comprendre le public, ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Mon spectacle est beaucoup basé sur la relation avec le public.

Peux-tu me parler de ton parcours, des écoles de cirque de Montréal et Bruxelles à la création de ton spectacle ?
(JPEG) J’ai appris le jonglage il y a 13 ans. Quand en une heure j’ai réussi à jongler avec trois balles ça a été le déclic. Ensuite, je me suis installé pendant 4 mois dans une petite pièce et j’ai commencé à travailler sans relâche 8 heures par jour. Sorti de là, j’avais un spectacle de jonglage de rue assez classique avec lequel j’ai tourné pendant un an.
A cette époque, les jongleurs travaillaient souvent pour les grandes familles de cirque... Tout cela a beaucoup évolué et moi j’ai débuté dans la rue. Puis j’ai compris qu’il me manquait quelque chose, qui n’était pas technique mais "spirit", c’est à dire un état d’esprit, une touche personnelle dans le spectacle, d’où l’importance du rapport avec le public.

(JPEG) Pourquoi en tant que jongleur se risquer à jouer dans la rue, dans des conditions qui ne sont pas forcément favorables ? Avec le vent, la pluie...
Quand tu travailles en salle, la vie est plus facile, mais moi ça m’ennuie. Dans la rue, chaque jour est différent. C’est vrai qu’il peut pleuvoir, y avoir du bruit, quelqu’un qui est saoul, un chien qui passe sur scène, ... mais toute cette vie me donne l’envie de continuer.

(JPEG) En tant que belge, quelle image as-tu ou ont les belges des arts de la rue en France ?
Je joue 70 % du temps en France. Ici, le moindre petit village qui a un peu de sous pour organiser une fête accueille facilement des spectacles de rue.
En Belgique, les villages qui ont des moyens préfèrent accueillir une vedette de la télévision, parce que c’est populaire. Il y a peu de festivals qui programment des spectacles de rue. C’est une autre culture à ce niveau là, comme en Hollande ou en Allemagne d’ailleurs. Il n’y a qu’en France qu’il y a un tel respect pour les arts de la rue. D’ailleurs il y a "arts" dans la dénomination, ça veut dire beaucoup. Dans mon pays, on appelle cela de l’animation.

(JPEG) Pour finir, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour tes représentations ici à Morlaix ?
Pas de pluie !
Je suis allé voir où je jouais, c’est une très jolie place (ndlr : place des Jacobins) avec une église alors je suis déjà content. C’est pas pour faire bien mais de toute façon quand on joue en Bretagne le public est toujours super.

(JPEG)

Retrouvez D’Irque accompagné au piano par Fien dans son nouveau spectacle Oh suivant !, le 9 août à Pornichet et le 10 août à Dinan.

Propos recueillis par Aurélien Marteaux, le 27 juillet 2005 à Morlaix.


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