Avec "Du bruit dans la cuisine", le site internet du Fourneau offre un nouvel espace de publication qui privilégie les mots et l'écriture.


 

   Rencontre avec Patrice Jouffroy autour de E.L.U, sa dernière création
     (11 août 2007)
   Schizophrénie artistique ?
     (8 août 2007)
   Quand le Chili s’invite en cuisine ! [La Patriòtico Interesante]
     (1er août 2007)
   Deux comusidiens en vadrouille [Qualité street]
     (26 juillet 2007)
   Tousch à tout [ Le nom du Titre]
     (4 juin 2007)
   Pic et Piques et Alama’s [Les Alama’s Givrés]
     (31 mai 2007)
   Tango sous la pluie ! [Olivier Germser, cie Tango Sumo]
     (31 mai 2007)
   Artistes de haut vol [le P’tit Cirk]
     (16 mars 2007)
   Métal numérique [Eric Goubet, cie Transmemoria]
     (9 août 2006)
   Il faut rire de tout [Mine de rien]
     (7 août 2006)
   Poil à gratter [Pablo Volo]
     (21 juillet 2006)
   Au ralenti... [Artonik]
     (19 juillet 2006)
   Les apprentis de la FAI AR pris à leur propre jeu...
     (2 juin 2006)
   Un homme à femmes [Compagnie des Femmes à barbe]
     (31 mai 2006)
   Il était une fois un charpentier, une cuisinière et un clown... [Schaul Pifer et cie]
     (22 mai 2006)
   Quand Shakespeare fait tourner la tête des 26000 Couverts !
     (15 mai 2006)
   Annibal contre les éléphants [Annibal et ses éléphants]
     (10 mai 2006)
   Double Vapeur [Générik Vapeur]
     (9 août 2005)
   De l’art de jongler dans la rue [D’Irque]
     (8 août 2005)
   La vie en couleur... [Philippe Riou, Les Passagers]
     (26 juillet 2005)
   Rêves itinérants... [Cie Babylone]
     (30 mai 2005)
   Lucie B, une princesse qui a les pieds sur terre
     (25 mai 2005)
   Un homme parmi les hommes [V Martin - Acte Théâtral]
     (24 mai 2005)
   Ecrire pour la rue [D Lemaire, le Geste à la Parole]
     (23 mai 2005)
   génèse de Soy Imperfecta, rencontre avec Trace(s) en Poudre
     (16 août 2004)
   La vie en rose avec Pied en Sol
     (6 août 2004)
   Retour sur le travail de KompleXKapharnaüM
     (6 août 2004)
   Sons urbains avec l’Eléphant Vert
     (6 août 2004)
   "Confins", un village au coeur de la ville
     (2 avril 2004)
   De Belsunce jusqu’au Fourneau avec le Collectif Ex-Nihilo
     (2 avril 2004)
   Olivier Germser, directeur artistique de Tango Sumo
     (23 mars 2004)
   Luc Perrot, co-directeur artistique du Cercle de la Litote
     (23 octobre 2003)
   Jérome Bouvet, metteur en scène de la compagnie franco-québécoise 2 Rien Merci
     (28 mai 2003)
   Pascal Dores, metteur en scène de la compagnie Métalovoice
     (28 mai 2003)
   Pierre Prévost, Interview
     (16 mars 2003)
   Pierre Prévost, ou le théâtre au « corps-accords »
     (15 mars 2003)
   Burattini, le King Kong de la Rue
     (31 juillet 2002)
   Entrevue avec Bruno Schnebelin, de la compagnie Ilotopie et président de la Fédération
     (19 juillet 2000)

[Imprimer le document]Un homme à femmes [Compagnie des Femmes à barbe]
Entretien avec Gwen Aduh, directeur artistique de la Compagnie des Femmes à barbe

Mise en ligne : mercredi 31 mai 2006 , par Camille

Gwen Aduh aime à revêtir des costumes différents : directeur artistique, metteur en scène, comédien... Profitant de son passage au Fourneau avec Les 3 points de suspension, nous avons cherché à mieux connaître le personnage. Confortablement installés à la terrasse d’un café sur le port de commerce, les pieds posés sur une chaise, le visage chauffé par le soleil, nous commençons l’interview.


(JPEG)

Dans la rubrique « Du bruit dans la cuisine », on a coutume de commencer les interviews ainsi : quel est ton métier ?

Mon métier ? Je dirais que je suis un bricoleur d’histoires...

Est-ce que tu peux me parler ton parcours ? Comment en es-tu arrivé à « bricoler des histoires » ?

J’avais un grand-père que j’aimais beaucoup et qui a eu beaucoup d’influence sur ce que je suis devenu. Il était prêtre orthodoxe. Chaque dimanche, dans sa cave transformée en chapelle, il disait la messe à la famille tout en s’enfilant de grands coups de rouge dans un calice. Il me piquait mes petits soldats et mes dinosaures en plastique pour réaliser de grands dioramas ; la cave tout entière était remplie d’objets, avec des bénitiers sur les murs. J’appréciais le côté à la fois cérémonial et étrange de ces messes, même si je sentais bien que ce n’était pas un curé très catholique !

(JPEG) A l’âge de dix-douze ans, je me suis mis à la magie et à la voyance. J’avais une boule de cristal électronique qui me permettait de voir le futur. Et puis j’ai arrêté comme quand tu grandis, pensant que la magie était un peu ringarde - ce qui est souvent le cas d’ailleurs. Mais quelques années plus tard, j’ai rencontré des magiciens qui faisaient des choses très chouettes. Je m’ennuyais un peu dans mes études et je me suis dit : magicien, c’est un métier que je peux apprendre tout seul, exercer tout seul. J’ai travaillé avec assiduité et bientôt je connaissais pas mal de tours. Par contre, je m’ ennuyais à ne faire de la magie que pour la magie. J’ai alors cherché à l’intégrer à des spectacles et à m’en servir pour raconter des histoires.

Parallèlement à cela, je gagnais ma vie au cabaret. J’ai appris beaucoup de choses : être sur scène, jouer devant des gens, tester des idées... Plus tard, j’ai rencontré par hasard la compagnie des 26000 couverts. Je ne connaissais pas du tout la rue mais j’ai eu la chance de travailler directement avec eux...

Tu as rencontré les 26000 couverts lors d’un de leurs spectacles ?

Non en fait je les ai rencontrés à l’occasion d’un stage au festival de Pougne-Hérisson. Ce stage, organisé par Yannick Jaulin, s’appelait « Comédien-narrateur ». Je m’étais dit que ce serait intéressant que quelqu’un m’apprenne à raconter des histoires. Yannick Jaulin avait engagé Philippe Nicolle et Pascal Rome, qui à l’époque s’occupaient tous les deux de 26000 couverts (Pascal Rome est aujourd’hui directeur artistique de la compagnie OPUS, ndlr). « 26000 couverts », ce nom ne m’inspirait pas... Le stage commençait par leur spectacle, « La Poddémie ». J’arrivais de Paris et ils jouaient à Brouage : il y avait encore 200 bornes à faire pour aller les voir ! Et là j’ai pris une grosse claque. Une super surprise, c’était vraiment fabuleux... Cela ressemblait à ce que je voulais faire en magie, car il y avait une dimension de vrai, de faux, d’imposture. J’étais ravi de faire le stage avec eux. On s’est bien entendus ; Philippe m’a parlé d’un projet pour lequel il aurait peut-être besoin d’un magicien. Deux ans après, le spectacle s’est fait, même si finalement il n’y avait que très peu de magie (il s’agit des « Tournées Fournel », ndlr). J’ai appris à vivre et à jouer dans une équipe de quatorze personnes, avec les difficultés et les bonheurs du convoi en caravane.

A ce moment-là, avais-tu déjà monté des spectacles avec ta compagnie, la Compagnie des Femmes à barbe ?

(JPEG) J’ai travaillé simultanément sur les deux projets. Quelque temps après le stage, j’ai repris contact avec Pascal Rome en lui proposant une idée pour le festival Mythos (festival rennais qui mélange le conte et la chanson française, ndlr). On a passé quatre jours à écrire ensemble de petits intermèdes destinés à animer les changements entre les conteurs et les groupes de musique. Je me suis jeté à l’eau et ça a cartonné ! Avec Pascou, on a alors décidé d’en faire un spectacle entier qu’on pourrait vendre ailleurs. Ce n’était pas une très bonne idée de mettre bout à bout des intermèdes et le spectacle n’a pas très bien marché. L’année d’après, on est passés au Fourneau pour retravailler le spectacle avec Fred Tousch. « Les Gélules 4 Couleurs de M et Mme Li » a été fini en 2002. Après, j’ai monté « Antiquithon », que l’on tourne toujours en rue (ce spectacle sera programmé au FAR de Morlaix 2006, ndlr). C’est un entresort un peu glauque - glauque comme j’aime bien, proche de ce que je faisais au tout début sur le spiritisme. A côté de cela, l’aventure avec 26000 a commencé pour la création des « Tournées Fournel ».

Aujourd’hui tu es de retour au Fourneau...

Philippe a dû abandonner la direction artistique du nouveau projet des 3 points de suspension qui chevauchait avec sa propre création. La compagnie cherchait donc quelqu’un pour reprendre la direction. J’étais disponible et on s’est dit pourquoi pas... C’est la première fois que je participe à un spectacle qui n’est pas à moi. En plus, j’arrive sur un projet commencé depuis plusieurs mois mais dont l’écriture et la mise en scène sont seulement ébauchées. Comme j’aime bien tester des nouvelles choses, je me suis lancé.

Est-ce que tu penses renouveler cette expérience de direction artistique ?

On va voir ce que cela va donner : je serai peut-être très déçu et eux aussi. J’essaye des choses comme si je travaillais avec de la pâte à modeler, en fonction de la proposition qu’ils m’ont faite au début. Peut-être vais-je arriver à une sculpture qui me plaira mais que personne ne va trouver belle ? Les 3 points sont assez souples pour m’écouter ; ils feront ce qu’ils voudront de mes conseils par la suite. Est-ce que je m’aventurerai de nouveau à travailler pour d’autres compagnies ? Pour l’instant, je ne sais pas mais en tous les cas je m’amuse bien !

(JPEG)

Propos recueillis le 20 avril 2006 par Camille Poiraud.

Pour voir Gwen Aduh en chair et en os, rendez-vous le mardi 8 août 2006 à Morlaix... frissons garantis ! Plus d’information sur le site de la compagnie : www.compagniedesfemmesabarbe.com.


Retour à l'accueil Plan du site